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Hystérie collective

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Date de parution 8 janv. 2026 | Archivage 4 févr. 2026


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Résumé

Plus provocatrice et caustique que jamais, Lionel Shriver s'inspire de l'actualité pour livrer la satire aussi jubilatoire que glaçante d'une Amérique gangrenée par la bien-pensance, le politiquement correct et la cancel culture.

Liste des mots interdits : Stupide, idiot, bête, haut potentiel, méritocratie, etc., etc.

Sont désormais proscrits : Les devoirs, les tests, les notes, les examens. Les entretiens d'embauche. Les bilans de compétences.

Conséquences : Enfants, parents, voisins, collègues, amis, amants, époux sont invités à se dénoncer les uns les autres. Tout contrevenant s'expose à un avertissement, une amende, voire à une peine de prison.

Professeure à l'université, Pearson se demande encore comment les États-Unis en sont arrivés là. Depuis que le mouvement pour la Parité mentale a pris le pouvoir, les enfants n'apprennent plus à lire, le niveau des étudiants a chuté, les dîners où l'on débattait à bâtons rompus sont devenus sinistres.

Heureusement, il lui reste sa meilleure amie, Emory, pour ironiser sur la situation. Les deux femmes se connaissent depuis l'adolescence, la confiance entre elles est totale. Ou du moins Pearson le croit-elle...

Lionel Shriver est née en 1957 en Caroline du Nord. Diplômée de Columbia, elle vit aujourd’hui à Lisbonne. Elle est l’autrice d’un recueil de nouvelles, Propriétés privées (2020), d’un florilège d’articles, Abominations (2025), et de sept romans, parmi lesquels Il faut qu’on parle de Kevin (2006), lauréat de l’Orange Prize et adapté au cinéma par Lynne Ramsay, Tout ça pour quoi (2012), finaliste du National Book Award 2010, Quatre heures, vingt-deux minutes et dix-huit secondes (2021) et À prendre ou à laisser (2023). Tous ses romans sont publiés chez Belfond et repris chez Pocket.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Catherine Gibert.


Plus provocatrice et caustique que jamais, Lionel Shriver s'inspire de l'actualité pour livrer la satire aussi jubilatoire que glaçante d'une Amérique gangrenée par la bien-pensance, le politiquement...


Ils recommandent !

« Lionel Shriver n’en finit plus de planter son couteau dans les plaies morales et civilisationnelles de l’Amérique. » ELLE (à propos de Quatre heures, vingt-deux minutes et dix-huit secondes)

« Lionel Shriver concocte d’une écriture sèche et vive l’art de choquer et d’émouvoir, de conjuguer l’intime et le politique, le privé et le citoyen. » TÉLÉRAMA (à propos d'À prendre ou à laisser)

« Lionel Shriver est une écrivaine de l’inavouable. Ce que l’on n’ose se confesser à soi-même, elle en fait la matière même de son écriture. » LE MONDE (à propos de Propriétés privées)


« Lionel Shriver n’en finit plus de planter son couteau dans les plaies morales et civilisationnelles de l’Amérique. » ELLE (à propos de Quatre heures, vingt-deux minutes et dix-huit secondes)

« ...


Formats disponibles

FORMAT Grand Format
ISBN 9782714404138
PRIX 23,00 € (EUR)
PAGES 336

Disponible sur NetGalley

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Chroniques partagées sur la page du titre

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Belfond
Créée en 1963, Belfond est une maison d'édition qui propose plusieurs collections, mettant en avant aussi bien la littérature étrangère que française à travers différents genres (contemporain, thriller & co). Depuis 2003, elle fait partie du groupe Editis.

Lionel Shriver
Lionel Shriver est une autrice américaine connue pour son roman Il faut qu'on parle de Kevin (Belfond, 2006) - adapté sur grand écran avec Tilda Swinton dans le rôle principal. D'autres de ses romans ont été traduits en français par la suite, mais je n'avais, jusqu'ici, jamais eu l'occasion de découvrir son travail. Hystérie collective a été une première découverte marquante.

Hystérie collective
"Au départ, l'« élite intellectuelle » - professeurs, médecins, avocats, scientifiques - avait qualifié de prodigieusement stupide l'idée que la stupidité soit une fiction (quoi qu'elle en dise aujourd'hui). Pourtant, quand le nivellement cérébral a pris de l'ampleur, les plus pointus parmi ces élus ont été les premiers à adhérer au mouvement en vogue."

Discrimination cognitive, mouvement pour la Parité mentale... Le point commun entre les mots croisés du New York Times, le film Dumb and Dumber, le roman L'amie prodigieuse & co ? Tous ont disparu, ont été boycottés pour les messages qu'ils véhiculaient. Alors que sa meilleure amie Emory apprend à louvoyer pour le bien de sa carrière, Pearson a bien du mal à rentrer dans le rang. Nous voyons cette mère de famille et professeur à l'université foncer droit dans le mur en essayant de rester fidèle à ses convictions - et nous ne pouvons que la comprendre, être aussi frustré•es qu'elle. "Aussi vaine et destructrice soit-elle, l'opposition m'a procuré une énergie et une endurance que l'élan impulsé par une quête plus positive ne pourra jamais égaler." Marquée par une enfance et une adolescence sur laquelle elle revient dans ce récit confession - et qui explique en partie d'où vient son caractère prompt à la rébellion, elle y souligne qu'elle est "née belliqueuse" et parle de son "insubordination naturelle". Elle si fière de l'intelligence de ses deux aîné•es. Elle qui ne sait plus à quoi s'attendre avec sa meilleure amie Emory.

Qualifier ce roman d'intelligent est sûrement un peu facile, vu les thématiques qu'il aborde, mais il l'est bel et bien. Dans ses extrêmes, dans ses contradictions et ses contestations, dans la complexité de certaines relations et amitiés. Dans ce multivers que l'autrice nous propose, dans le portrait qu'elle dresse de cette société pas si éloignée de la nôtre. L'Amérique, la politique, le monde que nous connaissons - de 2010 à 2027. Obama, Biden, Trump, les attentats, le Covid... C'est prenant et immersif. C'est aberrant, ridicule, ahurissant et rageant. Un roman de la rentrée littéraire d'hiver à ne pas manquer ! Je veux que mon année 2026 soit marquée par des romans forts comme celui-ci, peu importe le genre ou le lectorat. Je relirai l'autrice, c'est certain.

"- [...] Tu as retenu la leçon ?
- J'ai mieux mesuré le degré de folie dans laquelle le pays a sombré, si c'est ce que tu veux dire."

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J’ai passé un excellent moment avec Hystérie collective. Un roman qui pique et qui mord. J’ai ri (souvent jaune) et, surtout, il m’a fait réfléchir pendant la lecture, au point que j’en ai parlé à des proches en cours de route. En m’écoutant, plusieurs m’ont dit qu’ils avaient immédiatement envie de le lire. Je vais d’ailleurs l’acheter en librairie pour l’offrir 😉

Dans ce roman satirique, Lionel Shriver imagine un monde occidental où l’on décide de corriger une injustice : l’inégalité intellectuelle. Le mouvement de « Parité Mentale » se met alors à « protéger » la société… en l’aplanissant : certains mots deviennent indésirables (comme le mot « stupide »), la complexité devient suspecte, certaines œuvres et certains raisonnements paraissent offensants, et même les quiz ou jeux télé finissent dans le viseur. Le roman suit une montée en puissance très maîtrisée : de 2011 à 2027, la logique se durcit par paliers et l’on ne s’ennuie pas une seconde.

La narration est drôle, incisive et efficace, parce qu’elle renvoie, par effet de miroir, à des réflexes très contemporains (police du langage, politiquement correct, logique de « cancel culture »). Qu’est-ce qu’on accepte au nom du « bien » ? Qu’est-ce qu’on sacrifie au nom de l’égalité ? Ce roman interroge la liberté d’expression et le rapport au réel : que reste-t-il de la nuance et de la complexité quand elles deviennent suspectes, et quand un simple constat devient une faute ? Impossible aussi de ne pas penser à Orwell et à 1984, dans cette manière dont le langage devient un outil de normalisation du réel.

Le récit est porté par Pearson, professeure d’université et mère de famille, narratrice à la première personne, qui se dit elle-même « non fiable ». C’est l’un des grands intérêts du roman : on avance en se demandant sans cesse où se situe la frontière entre satire, roman, caricature et avertissement. Cette ambiguïté rend la lecture très stimulante (parfois irritante, mais volontairement). Le duo/duel Pearson–Emory construit une opposition très forte, plus complexe qu’il n’y paraît.

Lionel Shriver est une autrice clivante : cela se sent, et ce roman, provocateur et caustique, ne plaira pas à tout le monde. Mais c’est aussi ce que j’ai apprécié : le livre ne cherche pas à être tiède et pousse, par endroits, à penser contre soi-même. L’humour noir, le sens du trait et la réflexion sur l’air du temps fonctionnent remarquablement.

Et ce n’est pas « seulement » une satire culturelle : le roman élargit aussi le cadre et effleure la géopolitique contemporaine (États-Unis, Chine, Russie, Union européenne, avec, en toile de fond, l’Ukraine). Cela renforce encore l’impression d’un roman très actuel. Par instants, j’ai pensé à Roth, dans cette façon de faire peser la grande Histoire sur la vie d’une famille américaine.

Enfin, la manière dont la fiction finit par recroiser quelque chose de très contemporain dans sa dernière partie m’a semblé frappante : on rit… et puis on se demande si, par certains aspects, on n’est pas déjà un peu dans cette « hystérie collective ».

À recommander vivement à celles et ceux qui aiment les uchronies et les satires de politique-fiction, l’humour noir, et les livres qui dérangent autant qu’ils divertissent.

Merci à NetGalley et aux éditions Belfond pour l’envoi.

Avis également partagé sur Instagram (@anna_lit_des_romans).

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Réinventons l’Histoire.

Etats-Unis, 2011. Au lieu d’être gouvernés par des dirigeants compétents, sensés et réalistes (ne ricanez pas), les pays occidentaux sont sous l’influence d’un mouvement sociétal à la puissance croissante : la Parité Mentale. Si tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits et en dignité (ne ricanez pas, vous dis-je), ils sont désormais, en plus, tous égaux en intelligence. Non pas que par un quelconque procédé génético-bio-chimique miraculeux, tout le monde ait soudain le même QI (terme d’ailleurs banni du vocabulaire), mais simplement que, du jour au lendemain, il a été décrété que tout le monde est intelligent (au mépris, donc, de toute réalité objective).

Plus de raisons d’instaurer examens d’entrée à l’unif ni entretiens d’embauche, plus question d’imposer à quiconque des tests, des notes, des concours ou tout autre type d’épreuve visant à comparer les gens et à les mettre en compétition. Il n’y a donc officiellement plus d’idiots, de crétins, de personnes stupides ou incompétentes (autant de termes eux aussi interdits de langage). On décroche un diplôme ou un emploi de la même manière qu’on détache une feuille de papier WC de son rouleau, sans y penser et donc sans effort. Des romans tels que « L’amie prodigieuse », « L’idiot » ou « La conjuration des imbéciles » sont mis à l’index, et à peu près toute la société occidentale s’écroule faute de gens compétents (médecins, plombiers, président des USA,…) pour la faire tourner, puisqu’il ne suffit pas d’imposer une post-vérité pour que la réalité de la matière grise daigne s’y adapter. Le tout sous le regard hilare de la Chine et de la Russie.

Evidemment tout le monde n’est pas d’accord avec cette vision de l’humanité, et certainement pas Pearson la bouillante rebelle, professeure d’anglais dans une université de Pennsylvanie. Elle déplore le nivellement par le bas de la société en général et celui de l’enseignement en particulier, d’autant plus que quelques années auparavant, elle a conçu ses deux premiers enfants avec le sperme d’un donneur avec un QI de 146. Autant dire que les deux ados, petits génies en puissance, sont de moins en moins adaptés à leur milieu scolaire et glissent vers la déprime.

Si Pearson doit faire semblant et profil bas en public, elle peut encore se lâcher en privé avec sa meilleure amie, Emory, journaliste sur la même longueur d’onde qu’elle.

Mais au fil des années, le mouvement de la Parité Mentale accroît son emprise sur la société, et Emory, contrainte de par son emploi dans un media mainstream de surfer sur la vague, semble de plus en plus convaincue par ce qu’elle raconte tous les jours dans ses chroniques radiophoniques. Pearson se met alors à douter de leur amitié, en même temps qu’augmente la pression qu’elle ressent à l’université et dans la vie quotidienne, et elle finit par craquer. Un pétage de plomb grandiose qui entraîne des conséquences apocalyptiques sur elle, sa famille, son emploi, sa réputation, ses finances.

« Hystérie collective » est un roman uchronique cinglant et jubilatoire dans lequel le rire est cependant jaune grinçant, tant on ne peut s’empêcher de se demander à quel point la réalité qu’il décrit est proche, ou pas, de la nôtre…

L’auteure pousse tous les curseurs au maximum, éperonnant jusqu’à l’absurde la bien-pensance, la cancel culture, la lutte contre la méritocratie et le suprémacisme intellectuel et, paradoxalement, finalement, la bêtise. Les deux personnages de femmes sont remarquables, Pearson aux prises avec ses doutes existentiels, son complexe d’infériorité par rapport à Emory, ses convictions et son intégrité, et Emory, opportuniste jusqu’au bout des ongles, hypocrite, arrogante, amorale.

Un roman cynique d’une intelligence aiguë et d’une férocité réjouissante.

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Hystérie collective de Lionel Shriver s’inscrit dans la veine la plus polémique de l’autrice : celle qui observe les dérives morales, intellectuelles et sociales de l’Amérique avec une ironie glacée. Elle imagine une société où la « parité mentale » devient un dogme, jusqu’à transformer l’école, la culture et la pensée elle-même en terrains minés.

Le concept de « Parité mentale » : une uchronie inquiétante ?
Pearson Converse est convoquée par la directrice de l’école de son fils, Darwin. Il est exclu temporairement pour avoir insulté un de ses camarades. Ou, plus exactement, le T-shirt d’un camarade qu’il a qualifié de stupide, mot interdit. Bienvenue dans l’autre 2011, aux États-Unis, dont la dernière lubie est la parité mentale. Et les États-Unis ne faisant jamais les choses à moitié, la situation va empirer. En effet, les individus dont les propos ou les idées sont contraires au dogme sont ostracisés, voire lynchés médiatiquement.

Un roman au bon moment ?
Ma première réaction a été de le trouver décalé. En effet, en ce début d’année 2026, la situation géopolitique est anxiogène. Le président russe, Poutine, envoie des centaines de milliers de jeunes gens à la mort pour conquérir un territoire qui ne veut pas de lui (Ukraine). Et les trop connus bruits de bottes se font entendre du côté du Groenland parce que le président américain (Trump) envisage de faire main basse sur le pays ; sans surprise, les habitants ne sont pas d’accord.

Par conséquent, ce problème de neutralité cognitive (tout le monde a la même intelligence) et ses excès ne m’ont pas passionnée plus que ça. Même, si, oui, bien sûr, les débordements de la cancel culture m’agacent souvent. Mais j’ai la chance d’être française et de vivre un pays où elle a un impact moindre. Et pourtant, il n’est malheureusement pas si difficile d’en trouver des exemples.

Ces cas m’ont-ils convaincue ?
Oui… et non.

Oui, parce que des cas similaires existent dans Hystérie collective, et Lionel Shriver ne pousse pas les cas eux-mêmes dans l’extrême, ils sont plutôt présentés avec finesse. En revanche, les réactions qu’ils suscitent, eux, sont conduites à l’extrême. C’est voulu, cela correspond à l’autrice, mais j’ai eu du mal à y croire, même si l’analyse de Lionel Shriver reste pertinente.

Non parce qu’il y a une différence majeure entre ce qu’imagine l’autrice et la réalité aux États-Unis.

Quand Platon devient plus dangereux que la fiction
Le concept de parité mentale est basé sur un désir d’inclusion, permettre aux gens moins intelligents d’avoir les mêmes droits que les autres. La réalité derrière les interdictions des livres aux États-Unis est beaucoup plus effrayante parce qu’elle est plutôt dirigée vers une exclusion de ce qui n’est pas la norme.

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Un nouveau roman de Lionel Shriver est une promesse d’un excellent moment de lecture. Hystérie collective ne dérogera pas à la règle !

Construit selon les règles d’une dystopie, le roman débute en 2011, et nous sommes aux Etats unis. Très rapidement , on comprend que l’ambiance générale est un peu particulière. Ainsi, lorsque la narratrice est convoquée à l’école parce que son fils s’est montré incorrect vis a vis d’un camarade de classe , la légèreté de l’incartade pose question. D’autant que le contrevenant est un enfant surdoué issu d’un don de gamètes issues d’un géniteur à haut potentiel. Tous ces termes évoluant les capacités intellectuelles sont en fait bannies , ainsi que leur antagonistes, à savoir les qualificatifs de crétin, stupide etc. Vous l’aurez compris : les intellos sont des parias et les nuls sont les nouveaux leaders !
Nous y voila donc: la parité mentale est un mouvement dont les idées se propagent avec la virulence d’une peste hautement contagieuse. Pour le malheur de Pearson la narratrice, sa meilleure amie est une adepte pure et dure et en fait l’apologie sur les médias les plus écoutés.

On découvrira aussi le parcours de Pearson, ce qui permettra à Lionel Shriver de bien assaisonner la religion des Témoins de Jéhovah, avec bien sûr un humour ravageur :

« J'ai dit de cette religion qu'elle était triste, mais ce n'est pas tout à fait vrai. Car pour les Témoins, l'absence de joie est joie. N'avoir de cesse de se réjouir d'une absence parfaite de réjouissance ressemble bigrement à une fête éternelle. De plus, gâcher le plaisir des autres est une forme de divertissement. Auquel cas, tout au long de mon enfance, ma mère s'est éclatée. »



L’évolution du mouvement pour la Parité mentale sera évoquée jusqu’à l’absurde. Beaucoup d’humour, bien entendu au cours du développement. Comme lorsque le mari de Pearson a un problème de santé et doit se soumettre au traitement que propose un médecin dont on se doute que la non formation qualifiante fait de lui un danger public. :

« Un débile profond inconnu a rempli la perfusion de Wade d'une substance, possiblement de la vinaigrette, qui a entraîné une crise cardiaque chez le sujet »

Idem lorsqu’elle évoque la situation politique :

« Pour qu'une candidature soit considérée comme valable à l'élection présidentielle de l'année prochaine par un des deux partis majeurs, il est nécessaire que la personne en question, ne soit pas instruite, pas informée, ignorante, qu'elle s'exprime mal, qu'elle soit grossière, indifférente au reste du monde, moche, et de préférence grosse, qu'elle repousse les conseils de gens expérimentés, se méfie des compétences, soit encline à violer les procédures constitutionnelles –ne serait-ce qu'en raison d'une ignorance crasse de la constitution-, fasse preuve d'un égocentrisme non justifié et se vante de ce qui jadis , aurait été perçu comme des défauts. »

Cela vous rappelle quelqu’un ?


C’est absolument réjouissant tout en étant terrifiant. La propension de tout un chacun a s’accrocher aux wagons de l’opinion majoritaire sans y réfléchir est bien mise en relief et le jusqu’au-boutisme des aficionados décérébrés n’y coupe pas.

On retrouve le style incisif de l’autrice, qui n’a rien à cacher et ne s’embarrasse pas du politiquement correct, et on comprend aussi que l’héroïne du roman a beaucoup de points communs avec sa créatrice :

Le socle de ma personnalité et le rejet. Je suis un empilement de points négatifs. Quand la plupart des gens accumulent les convictions, j'entasse ce en quoi je ne crois pas. Je suis davantage disposée à détester qu'à adopter avec passion.

Encore un grand coup de coeur pour mon autrice étrangère préférée !

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond



336 pages Belfond 8 janvier 2026
#LionelShriver #NetGalleyFrance

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Je remercie l’auteure qui, le temps de ma lecture, m’a permis d’adhérer au dogme décrit dans ces pages : celui de la réhabilitation des personnes autrement.

Je me suis surprise, dans ma vie courante, à vouloir éviter le mot en S (comprenez Stupide) à l’instar des habitants de Etats-Unis dans le roman.

Pourtant, je n’ai pas aimé le personnage de Pearson, professeur à l’Université de Voltaire, Pennsylvanie, qui est beaucoup trop vindicative à mon goût. Certes, elle se bat contre l’ineptie de la doctrine dominante, mais elle le fait à coup de bulldozer en proposant par exemple la lecture de L’Idiot de Dostoïevski à ses étudiants.

Je n’ai pas aimé que ses deux premiers enfants soient supérieurement intelligents parce que le sperme de leur père était issu d’un don d’un homme asiatique au QI très élevé. L’intérêt de ses deux personnages : ils sont des repoussoirs pour leurs camarades de classe.

J’ai, en revanche, appréciée à sa juste valeur sa benjamine, fille du couple, qui adhère pleinement à l’idéologie en vigueur et cafte à la CPM de son école (la Championne de la Parité Mentale).

J’ai adoré découvrir les inconvénients en cascade de l’idéologie : pas de contrôle en classe puisque tous les enfants sont égaux ; plus d’universités d’élites ; plus d’architectes ni de médecins compétents…

Si le personnage de Pearson m’a parfois exaspéré, j’ai au contraire préféré celui de son amie d’enfance Emory qui, pour percer à la télévision nationale est prête à renier ses idées et propager la parité mentale.

L’occasion pour l’auteure de mettre en lumière une certaine forme de journalisme qui ne relaye que les informations que les auditeurs veulent entendre.

J’ai à la fois adoré cette plongée dans une Amérique qui efface des pans entiers de son Histoire pour ne froisser personne au lieu de chercher à expliquer (en terme cognitif, c’est plus simple) ; et j’ai été effrayé de découvrir que j’avais été contaminée par ce dogme de la bien-pensance.

Une lecture qui m’a parfois fait grincer des dents, mais dont j’ai aimé le jusqu’au-boutisme.

Quelques citations qui m’ont régalées :

La prodige des échecs du Jeu de la dame (le film) faisait courir le risque aux étudiants qui ne parvenaient pas à gagner au morpion de se sentir médiocres.

A propos du lieutenant Columbo : Il est l’archétype du personnage sous-estimé que ses soi-disant supérieurs prennent pour un type pas très futé.

…les accusations de faute professionnelle médicale étaient systématiquement rejetées par les tribunaux au motif qu’elles suintaient l’intolérance cognitive.

… ne croire en absolument rien si ce n’est en ce que tout le monde croit est de nos jours un atout énorme en termes d’évolution.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Emory qui, en fin de roman, retourne sa veste, mais avec quelle classe.

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Résumé :
Liste des mots interdits : Stupide, idiot, bête, haut potentiel, méritocratie, etc., etc.
Sont désormais proscrits :
Les devoirs, les tests, les notes, les examens.
Les entretiens d'embauche.
Les bilans de compétences.
Conséquences : Enfants, parents, voisins, collègues, amis, amants, époux sont invités à se dénoncer les uns les autres.
Tout contrevenant s'expose à un avertissement, une amende, voire à une peine de prison.
Professeure à l'université, Pearson se demande encore comment les États-Unis en sont arrivés là. Depuis que le mouvement pour la Parité mentale a pris le pouvoir, les enfants n'apprennent plus à lire, le niveau des étudiants a chuté, les dîners où l'on débattait à bâtons rompus sont devenus sinistres.
Heureusement, il lui reste sa meilleure amie, Emory, pour ironiser sur la situation. Les deux femmes se connaissent depuis l'adolescence, la confiance entre elles est totale. Ou du moins Pearson le croit-elle…


Mon avis :
Hallucinant !!! Et malheureusement tellement réaliste et actuelle.
Le politiquement correct prend le dessus sur tout (littérature, cinéma, jeux de société etc), c’en est aberrant, énervant.
Plusieurs films comiques avec des acteurs connus sont supprimés, on ne peut plus jouer aux mots croisés (ben oui car si on n’y arrive pas, la parité est bafouée !).
Plus de notes, plus d'examens, la sélection positive permet aux moins méritants d’obtenir un bon job.
Nous sommes déjà au courant que les Etats Unis ont censuré plusieurs livres, ce livre ressemble à la continuité de ce qui est déjà en place…
Le politiquement correct à un haut niveau est insupportable.

Ce livre, soit on adhère direct, soit on déteste. Et si on adhère, il faut quand même s’accrocher pour ne pas s'indigner, ne pas hurler tant c’est énervant.
Il est considéré comme une satire, je rajouterais même que c’est une dystopie.

En conclusion, même si j’ai été révoltée pendant ma lecture, je l’ai adoré !

4 stars
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