Le phare de l'impossible
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Date de parution 27 août 2026 | Archivage 5 oct. 2026
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Résumé
Sur l’île de Muckle Flugga, le point habité le plus septentrional du Royaume-Uni, se dresse le Phare de l’Impossible, un des fameux phares Stevenson. Un père et son fils le gèrent ensemble, accueillant parfois des pensionnaires, ornithologues pour la plupart.
Lorsqu’un des locataires – Firth, un écrivain perdu – arrive d’Édimbourg, les limites du monde auquel le gardien et son fils, Ouse, s’accrochent commencent à s’effriter. Un bras de fer s’engage entre Firth et le gardien de phare pour gagner l’affection d’Ouse – et son avenir. Alors que les anciens et les nouveaux modes de vie se heurtent, et que l’heure des grandes décisions approche, que laisseront les marées dans leur sillage ?
Sur l’île de Muckle Flugga, le point habité le plus septentrional du Royaume-Uni, se dresse le Phare de l’Impossible, un des fameux phares Stevenson. Un père et son fils le gèrent ensemble...
Formats disponibles
| ISBN | 9782283041581 |
| PRIX | |
Disponible sur NetGalley
Chroniques partagées sur la page du titre
Laure P, Libraire
Mickael Pedersen livre dans ce roman un hymne formidable à la nature, et ses elements même les plus meurtriers. L'histoire des phares, mais aussi la littérature de Robert Louis Stevenson ne sont pas en reste dans ce livre d'amour filial, sentimental, et où la terre, l'attachement au milieu crucial. Cette île de Mickkle Flugga prend toute sa place en donnant à ce père et son fils un caractère sauvage et silencieux, un peu à l'instar de la mer calme ou tempetueuse. Ce roman s'inscrit dans ceux que je nomme silencieux, où le troisième homme, visiteur ephemère marquera de son empreinte son passage sur une île où il est difficile d'imaginer l'île laisser des habitants s'y installer.
Un roman fantastique oû les digressions d'un certain RLS donnent envie de replonger dans son oeuvre.
#NetgalleyFrance #lepharedelimpossible
C'est un livre très original et particulier que nous offre ici l'auteur, un premier roman empreint de poésie, où flotte le fantôme de Robert Louis Stevenson, dans une nature somptueuse, sur l'île la plus septentrionale d'Écosse. C'est là que vivent Ouse et Le Père, une vie marquée par l'isolement, perturbée de temps en temps par l'accueil d'un visiteur, en général ornithologue à ses heures. C'est ainsi que débarque Firth, un artiste un peu raté, qui vient ici avec l'objectif clair de s'y donner la mort. Et pourtant, il va y trouver Ouse avec qui il va développer un amour-amitié et qui va lui redonner goût à la vie. Mais c'est sans compter sur l'emprise parfois violente du Père sur le fils.
Je dois avouer que j'ai mis un moment à entrer dans le roman, car l'écriture de l'auteur m'a complètement déstabilisée. Frôlant parfois le burlesque ou l'absurde, laissant volontairement le flou sur certains éléments (on ne sait pas du tout quand se passe cette histoire) en utilisant un vocabulaire assez pointu, l'auteur insuffle à son histoire une ambiance toute particulière qui peut dérouter. J'avoue avoir eu parfois l'impression d'une lecture d'un niveau exigeant, mais cette impression s'est petit à petit atténuée au fur et à mesure que j'avançais dans la lecture.
C'est un roman assez lent, qui parle surtout de la relation père-fils, de la vie isolée sur une île battue par les vents, loin de tout... Ouse est un contemplatif qui, pour lutter contre sa solitude, s'est inventé un ami imaginaire en la personne du fantôme de Robert Louis Stevenson (RLS pour les intimes)... Ou peut-être existe-t-il vraiment ?Chacun•e se fera son opinion. L'arrivée de Firth et la relation qu'ils vont nouer va remettre en cause l'avenir qu'il s'imaginait auprès d'un père moins érudit, qui ne conçoit pas qu'il lui dise non et qui n'imagine pas d'autre vie pour son fils que sur cette île.
L'ambiance générale est à la fois pesante en raison de l'animosité du Père vis-à-vis de Firth et de ses accès de violence sur son fils... Mais aussi lumineuse grâce à Ouse qui est un rêveur, un esprit créatif, qui ne voit que la beauté du monde. La maladresse de Firth apporte une certaine légèreté à l'histoire. Tous 2 vont nouer une relation très forte, d'autant plus forte que l'isolement de l'île de Mucke Flugga (île qui existe réellement) limite les interactions humaines au quotidien.
Ce roman nous parle d'un amour père-fils marqué par l'emprise, la violence d'un Père qui ne s'est jamais remis de la mort de sa femme. Le personnage du Père n'en apparaît donc que plus désagréable, même si l'auteur distille ici et là des moments d'humanité qui peuvent le rendre touchant. On comprend vite que sa plus grande peur est que son fils le quitte, et il n'aura de cesse de tout faire pour que cela n'arrive pas. À contrario, l'amour-amitié de Firth pour Ouse poussera Firth à tout faire pour éloigner le fils du père. C'est un véritable bras de fer qui s'opère entre Firth et le Père, de façon souvent suggestive et parfois beaucoup plus brute de décoffrage.
C'est un livre que j'ai trouvé exigeant mais en même temps touchant. Il peut rebuter par son écriture très particulière comme il peut emporter par sa poésie et son lyrisme. Ici, les relations humaines sont à l'image de cette île : parfois violentes mais aussi belles, lumineuses et grisantes. Une dualité dans l'écriture et dans l'histoire qui donne à ce roman une originalité toute particulière.
L'Ecosse, pays de poètes, de légendes et de chants mélancoliques, offre des paysages qui se prêtent aux contes de fées. Le phare de l'impossible est un roman écrit par un jeune poète, traduit en français et publié par les éditions Buchet Chastel. Mon attention a été attirée par le cadre de l'histoire qui me renvoie à mon passé. J'ai séjourné dans la fameuse ville grise d'où partent les bateaux à destination de l'archipel Shetland. Ce livre est l'occasion de découvrir une contrée du Nord grâce à la plume d'un jeune auteur écossais, ou d'évoquer des souvenirs enfouis dans les brumes de la mer du Nord.
Michael Pedersen est un poète, auteur et performateur de spoken nord écossais. Multiprimé, il est en résidence à l'université d'Edimbourg et a reçu la bourse Robert Louis Stevenson. Son premier roman "Le Phare de l'impossible" est un conte de fées, une fiction d'apprentissage.
Résumé : Muckle Flugga est un rocher perdu, surmonté d'un phare, tout à fait au Nord de l'archipel Shetland. Un gardien et son fils entretiennent sa lumière pour orienter les navires perdus dans les tempêtes du Nord. Mais un jour, débarque un jeune écrivain dépressif, en quête de solitude pour peindre et mettre fin à sa vie. Fasciné par Ouse, le fils du gardien de phare, il va tout tenter pour le convaincre de devenir un grand artiste à Edimbourg. Une lutte larvée, parfois violente, va opposer les deux hommes, deux générations et deux mondes différents.
Le cadre de l'histoire est un paysage dur et sauvage, une petite île rocheuse de la mer du Nord dans les îles de l'archipel Shetland. Muckle Flugga est un mot issu du vieux norrois : grande île à pente raide. Un phare est perché et subit les assauts des vagues tempétueuses. Un autre îlot est évoqué : l'Out Stack. Il s'agit d'un rocher créé lors d'une dispute entre deux géants amoureux d'une sirène. Ces îles sont désormais désertées par les anciens habitants et il ne reste aujourd'hui que le phare automatisé. Ce paysage est fait de contrastes, car la beauté émane d'un climat dur et violent qui se reflète dans les caractères des habitants.
Il y a quatre personnages dans ce roman : deux générations et deux mondes différents. Une jeunesse tournée vers les changements, opposée à une génération, reste d'un passé que le Père, le gardien du phare, tente de préserver. Ouse est le fils du gardien, un jeune homme créatif et ouvert. Firth est le pensionnaire issu de la capitale écossaise. Ils sont le lien entre le passé et l'avenir, tandis que le Père et Figgie appartiennent à l'ancien monde. Le Père se méfie de Firth qui utilise la persuasion et la ruse pour parvenir à ses fins. Mais le paysage sauvage va donner des forces et une envie de vivre au jeune homme, plus forte que la violence du Père.
Le roman est un conte de fées, une fiction d'apprentissage, où la jeunesse retrouve ses forces dans le passé, mais est ouverte vers l'avenir moderne de son pays. Passé et futur sont réconciliables, même si des obstacles doivent être franchis : un univers familier, une beauté sauvage, des légendes et une liberté dans la solitude représentent des repères sûrs. Mais la jeunesse voit au-delà des pentes rocheuses habitées par les oiseaux. Elle prend son envol et contrairement à l'autruche perdue sur un îlot, elle va rejoindre la ville embellie par les récits de Firth. L'Ecosse est un pays déchiré entre son passé et la modernité. Mais les légendes montrent la voie et la population avance tout en sachant d'où elle vient, mue par une nostalgie poétique qui a donné naissance à de grands auteurs.
Le livre est exceptionnel pour un auteur si jeune, et sa langue pleine de poésie est synchronisée avec le mouvement des vagues de la mer du Nord. En lisant ce conte, je revois Aberdeen, ouverte vers le large, vers l'archipel Shetland, et des histoires merveilleuses refont surface.
Chantal Y, Rédacteur
Un paysage comme on l’imagine sur l’une des îles les plus septentrionales de Grande Bretagne :
« Lors des tempêtes, les vagues indomptées peuvent s’élever à trente mètres, leurs embruns assez épais, lourds pour faire disparaître le phare entier entier : un arbrisseau, perdu dans la houle d'un feu de brousse océanique. »
Cette île qu’il est mal vu de qualifier d’inhospitalière, abrite un couple père-fils peu commun. Mais peut-on sous ces latitudes exercer le métier de gardien de phare si l’on n’a pas un grain de folie ? Le père : un misanthrope malveillant, qui « accueille » cependant de temps à autre un hôte (encore celui-ci doit-il appartenir à la caste des ornithologues , réputés pour se cantonner à l’observation derrière leurs jumelles, sans se mêler de ce qui ne les regardent pas !) Et le fils manifestement sous emprise. Un drame a bouleversé leur vie, ils n’en sont pas encore remis..
C’est dans cette ambiance chahutée que Firth débarque sur Muckle Flugga . Sa prétendue passion pour les oiseaux est un alibi pour venir sur l’île, afin de mettre fin à ses jours…
Un trio infernal se met en place, apaisé en de rares moment par la présence de Figgie, seule femme dans le roman.
On pourrait se croire dans une tragédie du dix-neuvième siècle, si l’humour et la finesse des observations de l’auteur ne venaient alléger le propos. Que ce soit dans la description des personnages :
« Bien que fraîchement sorti de l'école, Ouse s'aventure dans l'âge adulte avec les petites roues encore en place, pourrait-on dire »
Ou dans la façon de décrire un état d’âme :
« l'espace d'un infime instant, sa vie avait été aussi spectaculaire qu'un coucher de soleil bleu sur Mars. Maintenant, les bons jours, elle ressemble à un mauvais tableau d'hôtel, accroché de traviole au-dessus du plateau de bacon du buffet matinal. »
En revanche il faudra attendre assez longtemps avant de se rencontrer la faune aviaire promise. Mais là encore , la banalité des description n’est pas de mise :
Quand ils viennent se remplir la panse, les macareux paraissent ivres. Il en a vu plusieurs effectuer les atterrissage en catastrophe, presque cartoonesques dans leur manque d'élégance. Et il a été témoin de claquements de bec déroutants – les oiseaux, jouaient des percussions ensemble, en une cérémonie qui s'était conclue par des câlineries . Firth subodorait qui s'agissait d'un prélude à une partie de pattes en l'air, mais il les avait laissés à leur affaire.
Toute l’intrigue repose sur l’évolution des relations entre le fils et l’hôte et des décisions qui en découleront.
Un grand roman, d’un auteur qui monte d’emblée haut dans mon panthéon personnel !
Merci à Netgalley et aux éditions Buchet-Chastel
nine d, Rédacteur
Le phare de l’impossible par Michael Pedersen
Buchet-Chastel
Je viens de terminer un roman exceptionnel. Ce roman s’adresse aux adeptes des huis-clos insulaires, aux fervents solitaires mais également aux lecteurs non dénués de fantaisie.
L’île de Muckle Flugga est un tout petit bout de terre écossaise qui fait partie de l’archipel des Shetland. C’est le cap le plus au nord des îles britanniques. C’est là que vivent un père et son fils. Ils sont seuls, ou presque, occasionnellement ravitaillés. Le Père est le dernier gardien du phare, il élève son fils de façon autoritaire, le préparant à prendre la relève dans cet endroit hostile. Dans sa solitude, Ouse, a un confident imaginaire qui n’est autre que l’écrivain écossais, Stevenson.
Leurs seules visites, des ornithologues, mais cette fois, c’est un écrivain désabusé, Firth, qui prend pension, un dandy qui pérore plus qu’il n’écrit. Le Père voit en lui une sourde menace tandis que son amitié avec Ouse grandit. Firth a décelé chez le jeune homme une somme de talents que lui n’obtiendra jamais, il lui laisse alors entrevoir un monde remplit de possibles, ailleurs sur le continent!
Ouse n’a rien connu d’autre que la mer et son embarcation lui permettant de relier une île à l’autre, se souvenant. « Cet endroit regorgeait autrefois de bonheur, d’amour et de camaraderie. »
Le monde ancien s’effondre et celui que Ouse pourrait découvrir n’est peut-être rien d’autre qu’un miroir aux alouettes. Le jeune Ouse se voit tirailler à l’heure du choix.
C’est un roman qui coche beaucoup de cases. Un roman d’aventure, un peu fantasque, un peu nature writting, les fous de Bassan envahissent ses pages, la fantaisie vous prend par surprise et la poésie est partout. Il sent les embruns, il pourrait donner le mal de mer et de mère, c’est aussi un hommage plaisant à Robert Louis Stevenson.
Brillant !
« Ma joie n’est pas petite. Il y a de la joie dans la teinte opaline que la lumière donne aux rochers chaque jour d’été. Elle me nourrit. Elle me sort du silence. Elle est bien assez grande. Je ne pourrais jamais me sentir seul, sous des étoiles si infinies. »
Audrey T, Rédacteur
Tout au nord du Royaume-Uni a été construit le phare de l'impossible sur l’île de Muckle Flugga, On l'appelle comme ça car c'est un miracle de construction d'avoir pu bâtir ce phare dans des conditions si hostiles.
Sur cette île, plusieurs familles vivaient et s'occupaient de la gestion du phare. Maintenant ils ne sont plus que deux, un père, qu'on appellera Le Père, et son fils d'une vingtaine d'années, Ouse. La navigation ayant progressé, les autorités prêtent moins d'attention à ses gardiens, et moins de moyens. pour subvenir, Le père, peu avenant, accepte parfois de prendre des ornithologues pour quelques jours. Quand ils accueillent Firth, un artiste à peine plus âgé qu'Ouse, Le père sent directement venir les ennuis, et sans le manque d'argent, aurait directement remis l'homme sur le ferry.
Firth lui, sans le dire à personne, vient vivre ses derniers jours sur l'île, décidé à mettre fin à ses jours. Mais c'est sans compter sur la fascination que va exercer l'île sur lui et encore d'avantage celle du personnage solaire qu'est Ouse. Entre les deux jeunes hommes, quelque chose se passe, qu'il est difficile à définir. Mais sous le charme, Firth n'a qu'une idée, amener le jeune homme en Ecosse et faire de lui l'artiste reconnu par tous qu'il doit être. Pour Ouse, qui vit sous la domination de son père, amoureux de son île, les choix ne sont pas si simples.
J'ai trouvé ce livre absolument magnifique. Déjà par son cadre, cette île septentrionale qui passe du soleil à la neige, ces embruns qu'on peut presque sentir, son isolement à la fois bienvenue et à la fois pesant. Et ensuite, il y a peu de personnages, mais alors quels personnages ! Le Père, si dur en public, mais si pitoyable qu'il en est touchant quand il est seul...Firth, fantasque, qui se révèle à lui même au fur et à mesure des jours, qui sait reconnaître ses excès et si prêt à s'engager pleinement dans ce qu'il croit...Le meilleur pour la fin avec Ouse, un personnage si solaire qu'on ne peut que tomber sous son charme. C'est la bonté même, pensant aux autres avant de penser à lui mais en étant capable de faire de vrais choix. J'ai adoré ce personnage.
Cette lecture a été une vraie réussite que je ne peux que recommander.
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