Supermarché

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Date de parution 26 août 2022 | Archivage 13 sept. 2022
Éditions Métailié, Bibliothèque brésilienne

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Résumé

"Tout le monde imagine une vie meilleure, mon pote. C’est ce qui maintient les gens en vie, avec l’envie de vivre, en vrai", déclare Pedro révolté. 

Peut-on devenir dealer d’herbe en restant fidèle à ses principes ? Peut-on utiliser les théories de Marx pour conquérir sa dignité ?

Dans les favelas de Porto Alegre, deux rayonnistes de supermarché, aux allures d’un Don Quichotte lettré et d’un Sancho Panza révolté, vont se lancer dans une aventure trépidante pour échapper à leur exploitation dans un travail mal payé et dénué de sens. Entre trafiquants, gangsters et vieux manuels d’économie lus dans les transports publics bondés, entre Marx et Tarantino, un premier roman plein d’humour, provocateur et stimulant. 

"Tout le monde imagine une vie meilleure, mon pote. C’est ce qui maintient les gens en vie, avec l’envie de vivre, en vrai", déclare Pedro révolté. 

Peut-on devenir dealer d’herbe en restant fidèle à...


Formats disponibles

FORMAT Grand Format
ISBN 9791022612166
PRIX 22,00 € (EUR)

Disponible sur NetGalley

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Chroniques partagées sur la page du titre

Tout comme son auteur, le roman nous vient tout droit des favelas de Porto Alegre, la capitale gaucha de l'Etat Rio Grande do Sul, à l'extrême sud du Brésil. Gaucha, parce que les habitants de l'état portent le nom de gaúchos " un terme désignant originellement les gardiens de troupeaux des pampas (plaines) d’Argentine et d’Uruguay." (mylittlebrasil.com)

Si j'avais eu l'occasion à travers quelques titres précédents de visiter la région du Nordeste d'un des plus grands pays d'Amérique latine, je n'ai pas encore eu l'occasion de pénétrer ces périphéries de pauvreté urbaines, les alignements de maisons fabriquées à partir de matériaux de récupération, que l'on désigne sous son appellation portugaise, favelas. C'est aussi l'occasion de dépasser ces clichés, qui faute d'autres lectures et de temps à consacrer pour celles-ci, demeurent éternellement figés dans un coin de ma tête. José Falero nous amène dans ce qui est son monde, ces rues pleines de maisons qui tiennent par quatre bouts de planche, ou la pauvreté n'engendre que la pauvreté, et les visions d'avenirs s’arrêtant au même point que s'arrêtent leurs rues. Ces favelas excentrées de tout, de cet "asphalte" des quartiers de classe moyenne, goudronnés et entretenus, ou sont implantés écoles et autres infrastructures de la vie quotidienne. Tout cela, incarné par Pedro, rayonniste dans un supermarché quelconque, gagné par un puissant ras-le-bol existentiel sur sa condition de favelados dans laquelle il était enfermé avant même sa naissance. Avec cette conscience douloureusement aiguë de sa condition d'homme sans le sou, sans éducation, sans relation, sans d'avenir vraiment radieux qui se profile devant lui, il se décide à saisir la seule chance, pense-t-il, qui pourrait lui amener un peu de confort : le trafic de marijuana.

C'est là que se révèle tout le talent de Pedro, qui se révèle comme roi des embrouilles, et des combines, à travers une langue bien elle, celle des quartiers, celle de la légèreté de l'homme, insouciant en apparence, consommateur d'herbe, voyou à la petite semaine, une langue pas vraiment châtiée, mais qui garde pour elle toute sa puissance expressive. Car c'est une réalité plus sordide qu'elle appréhende, édulcorée par cet optimisme inébranlable, cette désinvolture, qui caractérise Pedro tout au long du livre. Il y a un décalage entre la gravité de la situation de ces maisons confinées étroitement entre une pauvreté âpre, le trafic de tout ce qui peut se vendre, la drogue encore plus, sa violence inhérente et la consommation effrénée de poudre et de cailloux, qui finissent par court-circuiter les cerveaux. Pedro est malin et intelligent, il a les pieds sur terre, c'est un bon gars, et tel un baronnet de la drogue, il va monter avec son collègue de travail, Marques, son propre réseau, bien vite, fructifiant. Le discours qu'il tient tout au long de cette épopée de drogue est très sensé, terre-à-terre, objectif, sans lamentation, sans apitoiement sur lui-même, il tient lieu de constat. Ce n'est pas seulement la situation à lui, mais celle de Marques et Angelica, leur fils Daniel, ce couple qui travaille l'un comme l'autre, mais sans jamais arriver à gagner assez pour refaire le parquet pourrissant de leur maison, ultime symbole de ce précarité odieusement tenace et indélébile. Pedro avec son esprit résolument gauchiste et révolté, à défaut de pouvoir lancer sa propre révolution, insuffle l'esprit à cette bande qui s'improvise narcotrafiquant le temps de mettre beurre et épinards dans leur assiette. 

Il n'est jamais question de sortir de ces favelas, même lorsqu'il y aurait assez d'argent pour se faire une vie ailleurs, comme si ses habitants étaient naturellement liés à elles. Ces favelas, elles ont toutes l'air d'être une grande famille, ou tout le monde survit, avec les mêmes embrouilles, les mêmes trafics, régit par les mêmes règles, la même loi du silence. L'expression apparaît, on pourrait résumer ces vies, sans réelle et vraie perspective, d'"histoire maudite", ou la force de la destinée est à l'évidence plus forte que l'envie et la volonté de se sortir des favelas. C'est un roman bien sombre, mais qui ne tombe jamais dans la commisération, en revanche la misère et le pragmatisme de ses personnages s'expriment ponctuellement dans des éclats de voix avec force et intensité, et une lucidité crue, pour crier à l'injustice qui est la leur d'avoir vécu une naissance, et de vivre une mort, aussi invisibles l'une que l'autre. On aime, également, ces remarques entre humour et sarcasme qui pointent, ici et là, de l'auteur sur la folie et démesure de son pays, dans la vie quotidienne comme dans les faits-divers qui épinglent les journaux.

Quand bien même ses velléités de trafiquant de drogue, Pedro reste un personnage très humain qui ne s'attache qu'à sortir de cette condition qu'il a reçu en héritage quitte à devenir le Pablo Escobar de sa rue. José Falero a permis de redonner une voix à ce peuple des favelas, et en partie la sienne, qui n'a pas souvent l'occasion de pouvoir s'exprimer. Des constatations désabusées, sur une partie de la société brésilienne sacrifiée, et un dénouement dans la même veine, ou finalement les seules valeurs qui ne s’essoufflent pas sont celles de la famille, de l'amitié, et pour certains de l'écriture.

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Premier roman de José Falero, lui-même issu des favelas de Porto Alegre dont il raconte la vie à travers quelques copains qui n’ont que le choix de trimer, être pauvres et sans avenir ou devenir délinquant set se remplir facilement les poches avec une durée de vie limitée !

Pedro et Marquès sont tous deux employés dans un supermarché dans lequel ils piochent allègrement des en-cas avant de monter un petit réseau de substitution et de revente.

Pedro est célibataire, vit chez sa mère et a un esprit vif et la soif d’apprendre à travers n’importe quelle lecture. Marquès est englué dans une vie de couple et de père où un second enfant va bientôt pointer son nez, accentuant leurs difficultés à vivre.

J’ai adoré le bagou de Pedro, ses théories et leurs démonstrations, sa façon de voir l’avenir avec un positivisme pratique, ses idées et leurs mises en pratique ! Marquès est moins intelligent et finit par se laisser “manipuler” par son ami jusqu’à ce que la révolte s’empare de lui !

Le traducteur a réussi le tour de force de traduire et restituer le langage des favelas, conserver la force de persuasion de Pedro sans effacer les difficultés à vivre dans ces endroits.

Le roman est bourré d’humour, plus particulièrement dans les dialogues de Pedro et malgré ça, il est difficile de ne pas sentir la violence sous-jacente qu’un rien peut faire éclater !

Une peinture réaliste d’une certaine frange de la société brésilienne, écrite avec finesse et bonhommie mais qui ne perd rien du côté tragique et désespérée de la vie !

J’ai été révoltée, peinée, enjouée et totalement conquise par ce roman !

#Supermarché #NetGalleyFrance #rentreelitteraire2022

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Issu des favelas de Porto Alegre et "sauvé" par la lecture, José Falero a finalement échappé à l'alternative de son milieu d'origine : vivre une existence entière à trimer, tout en restant pauvre, ou s'engager dans la délinquance et pousser jusqu'au banditisme, avec la quasi-certitude de mourir jeune. José Falero est devenu écrivain et son premier roman, Supermarché, est une véritable bombe, un peu comme si Tarantino rencontrait Marx nuitamment dans une ruelle mal éclairée d'un quartier sordide. Que l'on ne s'y trompe pas, le livre n'est pas brutal, hormis peu avant son dénouement, car il traite de la violence sociale au Brésil par le biais d'un humour ravageur, porté par une langue argotique haute en couleurs (chapeau, la traduction). Il y a aussi un côté comédie italienne dans ce roman, avec la mise au point d'un stratagème imparable, quoique nettement amoral, conçu par son héros, Pedro, simple employé de supermarché, avec l'appui de l'un de ses collègues de travail, les deux énergumènes étant rejoints ensuite par quelques autres figures des favelas locales, avec pour philosophie de se distribuer équitablement entre eux les parts de bénéfices de leur commerce illicite. Non seulement José Falero sait donner à Supermarché un rythme soutenu mais il possède également la science des dialogues, certains d'entre eux proprement hilarants, en particulier quand Pedro expose ses plans à ses acolytes. Pauvres mais ingénieux, dignes et ambitieux et surtout doués d'imagination et d'intelligence pour sortir de leur galère, tels sont les personnages d'un livre subversif à sa façon, qui dit beaucoup sur le Brésil contemporain, et qui emprunte le monte-charge social plutôt que l'ascenseur, parce que ce dernier est bloqué depuis des lustres. Un roman à dévorer tout cru, en cochant le nom de José Falero parmi les auteurs à suivre sans faute dans les années qui viennent.

Mille mercis aux Éditions Métailié et à NetGalley !

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