Les éléments - Prix Femina étranger, prix du Roman Fnac
par John Boyne
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Date de parution 20 août 2025 | Archivage 30 nov. 2025
J.C. Lattès | JC Lattès
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Résumé
Grâce à une prose envoûtante, John Boyne sonde les éléments et les êtres avec une empathie extraordinaire et une honnêteté implacable, nous mettant sans cesse au défi de confronter nos propres définitions de la culpabilité et de l’innocence. Traduit de l’anglais (Irlande) par Sophie Aslanides
D’une mère en fuite sur une île à un jeune prodige des terrains de football en passant par une chirurgienne des grands brûlés hantée par des traumatismes, et enfin, un père qui monte dans un avion...
Formats disponibles
| FORMAT | Ebook |
| ISBN | 9782709674317 |
| PRIX | 16,99 € (EUR) |
| PAGES | 512 |
Disponible sur NetGalley
Chroniques partagées sur la page du titre
Aurélie L, Libraire
Une construction tellement prenante qui nous tient en haleine. 4 récits intimement liés en des lieux et temporalités différentes, avec chacun des 4 éléments en fil rouge. Chaque personnage a un passé douloureux et s'est construit comme il a pu. On découvre le côté sombre de chaque âme mais aussi sa part lumineuse qui permet de rester en vie (ou non) ! Accrochez-vous, vous en ressortirez chamboulé !!
Quelle claque. L’une des plus marquantes de cette rentrée littéraire pour moi.
J’ai littéralement dévoré ce roman en moins de 48h, happée par la construction, par la plume, par la tension… jusqu’à ce que je tombe sur la partie “Feu”. Là, j’ai failli arrêter. J’étais à deux doigts de refermer le livre, tant c’est dur. Trop dur, même. Et je ne suis pourtant pas une lectrice fragile. Mais là, sans avertissement, sans aucune mention dans le résumé, j’ai été percutée de plein fouet.
On parle ici de viols, d’abus sur mineur, de suicide, de culpabilité profonde. Ce sont des sujets qu’on ne peut pas lire sans être prévenu. Et c’est là que je suis déçue par l’éditeur. JC Lattès, pourquoi ce silence sur les thèmes abordés ?
Ce roman est une pépite, oui. Mais à un public averti uniquement. Dans le monde éditorial actuel, les trigger warnings sont une nécessité, pas une coquetterie.
Cela étant dit, une fois cette violence passée, Les Éléments se révèle d’une puissance rare. Quatre récits de vie, liés entre eux, chacun centré sur un personnage qui fut secondaire dans le précédent. On avance dans le temps, sur une vingtaine d’années, et pourtant le fil conducteur est là : que fait-on des blessures d’enfance ? Les reproduit-on ? Les combat-on ? Peut-on se libérer de ses fantômes ? Et que fait l’entourage ? Ferme-t-il les yeux ? Est-il complice malgré lui ?
Le roman aborde des sujets intimes, profonds, universels, sans apporter de réponse toute faite — mais avec une justesse bouleversante.
Et la plume… Quelle plume ! Précise, humaine, sans fioritures mais pleine de sens.
Je recommande cette lecture avec précaution mais avec ferveur. Une lecture marquante, nécessaire, qui reste longtemps en tête et dans le cœur.
Isabelle P, Rédacteur
J’ai aimé tous les romans de John Boyne traduits en français. Ce dernier opus n’a pas failli à la règle.
L’auteur associe successivement l’eau, la terre, le feu et l’air à l’un de ses personnages mettant en scène des destins marquants et des caractères ambiguës.
Willow, rongée par la culpabilité d’avoir ignoré les souffrances de sa fille, victime de violences.
Ewan, complice actif, dont les actes sont motivés par la peur et la pression familiale. Son histoire interroge la frontière entre victime et bourreau, et la manière dont l’environnement peut corrompre un individu.
Freya, chirurgienne dans le service des grands brûlés, elle-même victime de violences dans son enfance. Elle incarne la culpabilité transformée en rage et en besoin de contrôle, mais aussi la possibilité de briser le cycle de la violence. Son personnage illustre comment le traumatisme peut façonner une carrière et une personnalité, entre sauvetage des autres et destruction de soi.
Aaron, victime d’abus dans son enfance est le seul à incarner une forme de rédemption. Son rôle de père protecteur et conscient montre qu’il est possible de se reconstruire et de choisir une voie différente, malgré un passé douloureux. Son histoire souligne l’importance de la résilience et de la responsabilité parentale.
Ces récits, bien que distincts en apparence, s’imbriquent progressivement, révélant des liens profonds entre les personnages et les thèmes abordés. L’auteur explore ainsi la complexité des relations humaines, la culpabilité, l’innocence, et la possibilité de se reconstruire après des traumatismes.
A nouveau John Boyne réussit par la force de son écriture à faire monter le suspens. Le rythme soutenu, les rebondissements fréquents, les personnages attachants pour certains, totalement détestables pour d’autres rendent ce roman totalement addictif.
Nadege D, Rédacteur
Aujourd'hui on parle du dernier roman de John Boyne qui est une perle de par sa construction et les destins des personnages dont il parle.
Chaque élément, l'eau, la terre, le feu et enfin l'air est dédié à un personnage et intimement lié à son histoire.
L'eau, une île en Irlande signe du renouveau.
La terre tant repoussé mais qui sera flouée avec toutes ses conséquences.
Le feu avec lequel un médecin se brûle.
Et enfin l'air qui semble être un symbole d'apaisement.
Dans son roman, l'auteur ne nous épargne pas, il y est question de violences physiques et morales, de violences sur des jeunes, de trahisons mais aussi de reconstruction, de pardon, la parole surtout y est importante.
Toutes ses histoires sont intriquées d'une manière ou d'une autre, vous découvrirez qu'un passage de l'eau joue un rôle dans celui de l'air, les personnages sont des étrangers mais liés par une histoire parfois brève.
Encore un très beau roman d'un auteur que je trouve vraiment talentueux qui nous invite à nous questionner sur la culpabilité, le jugement, la honte...et tellement d'autres sujets abordés.
John Boyne fait partie maintenant des auteurs dont je lis les romans sans même connaître le sujet. J'y vais les yeux fermés (sur la quatrième cela va de soit!)!
Magali V, Libraire
Mon coup de coeur pour cette rentrée littéraire. Un livre puissant, qui questionne à chaque rencontres.
Helene M, Libraire
Superbe fresque en quatre parties : quatre récits, quatre personnages dont les parcours s'entremêlent.
Le point commun : une proximité avec les éléments, de la douleur, des rancœurs, du pardon.
A travers ce roman, John Boyne nous dresse une fresque terriblement humaine que l'on parcourt le cœur haletant. C'est formidablement bien écrit et bien construit.
Si vous vous attendez à quelque chose pour cette lecture, n’y pensez plus. Non seulement l’auteur vous surprendra, mais il ira bien au-delà de vos hypothèses. En tout cas, c’est l’effet que le dernier titre de John Boyne a eu sur moi. Ce roman (ces quatre romans en VO), m’a littéralement soufflé. Comme lors d’une explosion, on a le souffle coupé et l’on n’en sort pas totalement indemne !
Pour vous parler davantage de l’histoire en elle-même, il s’agit de quatre portraits. Chacun de ses destins est lié d’une manière ou d’une autre aux autres. Cette fresque humaine nous interroge face à notre sens moral et à notre éthique, nous gêne et nous émeut. Je ne souhaite même pas vous révéler les noms des personnages pour que vous ayez la même joie que moi à comprendre ce qui les relie.
Pour ne pas vous laisser totalement sur votre faim, voici ce que je peux révéler :
Plonger au plus profond de la mer et de vous-même avec une femme perdue qui cherche à se retrouver sur une petite île, elle-même perdue ; Enterrer vos doutes avec un jeune homme déterminé et talentueux, mais malheureusement pour lui pas dans la carrière qui lui aurait plu ; Imploser à la rencontre d’une médecin spécialisée dans la chirurgie réparatrice des grands brûlés et dans les secrets ; Planer avec un papa qui traversera la planète, tout en semant des révélations autour de lui, pour épauler son ex-femme dans le deuil de sa mèr(e).
TW important les violences sexuelles, et notamment sur enfants.
Merci #NetGalleyFrance
Un immense merci à Net Galley france et aux Editions lattès pour la découverte de ce livre passionnant.
C'est avec Willow que l'on prend pied sur une île isolée au large de l'Irlande. De son vrai nom Vanessa, elle est venue s'y reconstruire. Un mari en prison, une fille décédée, une autre aux abonnés absents, elle vient évacuer le traumatisme du procès et fuir les ragots.
Evan est devenu le footballer adulé dont rêvait son père. Il voulait être peintre mais ses pieds ont plus de talent que ses mains. Avant la lumière, il a traversé l'enfer, unscandale et un procès mettent fin à sa carrière.
Lors du procès le Dr Petrus était jurée. Chirurgienne auprès des grands brûlés, elle a aussi sa part d'ombre. Aaron était son interne.
Impossible d'interrompre la lecture de ce livre immersif qui prend ses racines dans le passé de ses personnages, autopsie méticuleuse de l'âme humaine. Si le romanesque prend ses droits, l'auteur s'empare du sujet éminemment intime du viol et de ses conséquences traumatiques, bifurquant habilemenbt d'une histoire pour en raconter une autre. L'eau, la terr, le feu et l'air, font partie intégrante de l'intrigue et personnifient les personnages. L'écriture fluide et élégante épouse aussi bien la rudesse d'une île que les blessures de l'âme et la culpabilité. Boyne a sû créer des personnages qui nous touchent, dont le passé et la transgression ne cessent d'assujetir le présent. Magnifique de maîtrise, ce livre qui sait éviter les écueils que pourraient engendrer son sujet est un sans-faute.
Audrey T, Rédacteur
Tout commence par une île. Une femme fuit Dublin, détruite par un deuil et par un scandale causé par son mari. Cette île, c'est son refuge, c'est là où elle pourra se reconstruire. Cette femme sait le danger de l'eau, mais trouve son abri derrière elle.
Un jeune garçon, habitant de l'île, la fuit lui aussi loin qu'il peut. Cette terre, il la déteste. Il arrive à Londres, où il a du mal à trouver sa place. Certains vont abuser de lui et de sa confiance, et il sera prêt à tout pour sa vengeance. Mais toujours la terre rappelle.
Freya est une jeune médecin d'une trentaine d'années spécialisée dans la chirurgie des grands brûlés. Malgré son apparence parfaite, la rage brule en elle, elle est prête à tout pour soulager des blessures de plus de vingt ans. Quitte à faire la mal autour d'elle.
Aaron, qui prend l'avion avec son fils, sait lui aussi le mal que les blessures d'enfants peuvent faire. Il a beaucoup travaillé sur lui et veut apporter à son fils un message qui lui donnera confiance en la vie et en l'avenir.
Ce livre est brillant. Quatre éléments, quatre destins, liés plus ou moins permettant de comprendre l'impact des uns sur les autres. Et au coeur de l'intégralité des ces histoires, la violence sexuelle et ses ravages. Il est très prenant, très addictif. J'ai adoré cette lecture.
Amandine L, Rédacteur
L’histoire débute avec Willow Hale, une quinquagénaire qui arrive sur une d’Irlande. On comprend rapidement qu’elle a vécu des moments difficiles. Pendant un an, on suit ses relations avec les habitants de l’île mais aussi son passé tumultueux. Elle est associée à l’élément Eau. En tout, on suit quatre personnages, tout différents et tous liés à un élément particulier.
Comme toujours avec John Boyne, j’ai passé un bon moment avec ses personnages. Ils sont vrais, avec une part de bonté et de noirceur (plus ou moins). L’auteur nous fait découvrir un moment (plus un passé) avec eux et les histoires s’imbriquent les uns autres. J’ai ressenti parfois un peu de malaise en leur compagnie, quand j’ai deviné quelques moments troublants, en réponse à un passé secret et douloureux. Je n’ai pas apprécié tous leurs aspects, certains étant moins conscients que d’autres de leur mauvais côté.
Il est beaucoup question d’amour, de solitude, de secrets avec une petite mise en abyme dans la dernière partie. J’ai eu un mal de mal à me replonger dans les nouvelles histoires mais ça n’est pas désagréable de les découvrir petit à petit. C’est un roman qui prend le temps de se mettre en place, même si on peut éprouver une certaine impatience.
Merci John Boyne pour savoir éveiller en nous tant d’émotions. Un auteur que je relirai.
Quatre éléments évoqués tout à tour dans quatre récits qui s'enchainent et finiront par se rejoindre. Cela a été une des choses qui m'ont plu dans cette lecture, essayer de deviner qui deviendra le personnage principal du récit suivant. J'ai deviné une fois.
L'eau : une femme réfugiée sur une île après un scandale pour trouver un peu de paix et se reconstruire
La terre : un jeune garçon qui aurait voulu être peintre, mais n'a pas dans les mains le don qu'il a dans les pieds. Il foulera la terre des terrains de foot et enterrera son rêve, et autre chose ...
Le feu : une femme médecin qui soigne les grand brûlés, mais cède à ses pulsions.
L'air : une femme pilote de ligne que son ex mari et son fils rejoignent après quasiment une journée dans les airs pour un évènement important et tenter de renouer une relation distendue.
Quatre récits qui tous abordent des sujets graves, dont un surtout m'a mis très mal à l'aise. Quatre récits qui se répondent par les thèmes évoqués, qui évoquent des traumatismes subis par tous ces personnages, qui ont été trompés, bafoués, violés et qui essayent de vivre malgré tout. Certains s'en sortiront, d'autres non.
Tout l'art de l'auteur est dans la manière dont il nous conte ses histoires, mêlant adroitement temps présent et temps passé, nous délivrant les informations avec un tempo particulièrement juste, nous gardant prisonnier de son livre, et de ses personnages, que l'on ne peut détester, tellement les nuances apportées dans leur description nous retiennent de jugement trop péremptoire, malgré le caractère innommable de certains actes.
Quatre récits qui se répondent, par les thèmes évoqués : la domination, la violence exercée sur les plus faibles, le viol : violence ultime, le traumatisme, et puis la vengeance ou la reconstruction pour continuer sa vie. Mais aussi par les lieux, certains personnages, et puis ces éléments qui même si chaque partie est centrée sur l'un d'eux, participent à d'autres des récits.
Je pense que cela a été une bonne idée de regrouper les quatre récits en un seul volume tant chacun enrichit la lecture des autres.
John Boyne fait décidément partie de mes écrivains préférés. Je remercie NetGalley et les éditions J.-C. Lattès de m'avoir permis de découvrir son dernier roman #Leséléments #NetGalleyFrance
Julie F, Libraire
Quelle claque !
L'histoire, la traduction, les émotions.... Ce livre m'a embarqué et je n'ai pas pu le lâcher. Le meilleur livre que j'ai pu lire pour cette rentrée littéraire !
eimelle l, Rédacteur
4 récits se suivent au sein de ce roman: eau, terre, feu et air, tous autour d’une même thématique : des violences sexuelles, commises notamment sur des enfants. Si chacun pourrait presque constituer un roman à part entière (ce qui était le cas dans la première édition en anglais sous forme de 4 nouvelles) , des personnages vont se croiser de l’un à l’autre et certains se retrouver, notamment dans le dernier qui se clôture sur une note d’espoir.
La construction est très habile pour créer les ponts entre eux et je trouve très pertinent de les avoir réunis en un seul volume.
C’est un roman dur, avec des personnages vraiment horribles, mais en contre-point d’autres plus solaires sont là pour équilibrer le récit. D’une île perdue au large de l’Irlande à Sydney, on passe du pire de l’âme humaine à des rebondissements qui redonnent de petites respirations. Tout y passe côté horreurs, mais de façon très maitrisé et très questionnante, belle prouesse d’écriture!
Dérangeant mais bien conçu, voilà un roman dont je me souviendrai de cette rentrée littéraire!
C’était ma première lecture pour cet auteur, j’en lirai d’autres! En avez-vous à me conseiller en particulier ?
Gaelle M, Libraire
Couper en 4 partie qui reflètent les 4 éléments, ce roman nous entraine dans les méandres de notre société.
4 parties, 4 histoires qui semblent différentes les unes des autres, mais au fil de notre lecture les pièces s'emboitent.
Mon coup de coeur de cette rentrée littéraire, John Boyne qui démontre encore une fois la puissance de son écriture.
A lire absolument
Alex L, Rédacteur
Je dois l’avouer, la première histoire (eau) m’a parfois fait lever les yeux au ciel : cette mère qui ne se doute de rien lorsque sa fille lui demande de poser un verrou sur sa porte ?
Et j’ai détesté son mari qui crie à l’innocent (comme si sa conduite était normale), lui qui est suspecté puis condamné pour les viols de 8 nageuses.
La seconde histoire m’a plus plu : (terre) celle du jeune prodige du football qui déteste ce sport et veut devenir peintre, mais il n’a pas de talent pour cet art. Avant de se résoudre à un avenir doré de joueur professionnel, il se prostitue jusqu’à sa rencontre avec Sir qui le dégoute.
La troisième (feu) aborde un problème dont on ne parle jamais : celui des femmes qui violent des jeunes garçons. Je suis ressortie un peu dégoûtée de cette partie.
Enfin, la quatrième et dernière histoire (air) regroupe certains des personnages des 3 histoires précédentes pour un final de réconciliations.
J’ai aimé le curé nigérian Ifechi Onkin qui prend soin des habitants de sa petite paroisse (400 âmes) sur cette île d’Irlande loin de tout.
J’ai appris la signification du terme WAG : Wife And Girlfriend des joueurs de football.
Tous les protagonistes qui subissent des violences sexuelles racontent qu’au moment des agressions, leur cerveau se dissocie de leur corps.
Il est beaucoup question de natation dans les 4 histoires, de personnages qui partent nager au loin. Certains reviennent, d’autres pas.
Un roman qui se lit aisément, même s’il traite d’un sujet difficile : le viol et l’absence de conscience des violeur-se-s.
L’image que je retiendrai :
Dans chaque histoire, il est question du film de Luchino Visconti Mort à Venise.
Un roman-mosaïque d’une intensité bouleversante
Quatre personnages. Quatre récits. Quatre éléments. Et une humanité commune. Avec « Les éléments », John Boyne livre une fresque ambitieuse, d’une richesse émotionnelle saisissante. Loin du simple enchaînement de destins, ce roman est un véritable kaléidoscope littéraire, un puzzle qui s’assemble au fil des pages pour nous parler de résilience, de fuite, de transmission et de quête de sens.
Une structure singulière, pour mieux sonder l’âme humaine
Ce roman est composé de quatre récits indépendants, chacun centré sur un personnage et un « élément » symbolique : l’eau, le feu, la terre et l’air, qui colore l’univers de la nouvelle tout en renforçant ses thématiques. John n’annonce pas cette structure de manière frontale ; il laisse au lecteur le soin de découvrir, de ressentir, de relier. C’est l’un des charmes de ce roman : il ne guide pas, il suggère.
Une mère en fuite : dans cette première partie, l’eau est omniprésente. L’île où cette mère se réfugie est battue par les vagues, les émotions coulent sous la surface. C’est une histoire de maternité, de fuite face à une réalité devenue insupportable. Que cherche-t-elle à fuir exactement ? Est-ce la violence du monde ou celle qu’elle porte en elle ?
« Elle supplie en vain, car l’eau est le plus cruel des éléments, elle engloutit toute personne qui la défie.«
Un jeune prodige du football : ici, c’est la terre qui ancre, ou qui enferme. Un adolescent au talent prometteur, qui attire l’attention, les regards, mais aussi la jalousie et les abus. Le thème de la manipulation est abordé avec finesse. John parvient à capter la fragilité d’un jeune garçon happé par un monde d’adultes qui n’est pas prêt à le protéger.
Une chirurgienne des grands brûlés : dans cette troisième partie, c’est bien sûr le feu qui domine. À travers cette femme marquée par son métier et ses propres blessures, John interroge la mémoire des corps et des âmes. C’est peut-être la partie la plus sombre du roman, mais aussi l’une des plus puissantes.
Un père et son fils dans un avion : enfin, l’air, cet espace suspendu où tout peut encore basculer. Ce dernier récit a quelque chose d’un conte initiatique. Un homme et son fils, un huis clos dans les nuages, une tentative de transmission tardive, mais sincère. La tension est palpable, les émotions contenues.
« C’est la colère qu’il ressent envers sa mère, une rage qui bouillonne en lui depuis un certain temps, probablement depuis le début de la puberté. »
Une construction en miroir, subtile et glaçante
Ce qui rend « Les éléments » particulièrement marquant, au-delà de la puissance de ses thématiques, c’est aussi sa construction extrêmement maîtrisée. Chaque partie, bien que centrée sur un personnage et un élément distinct, est reliée aux autres par des fils narratifs parfois ténus, parfois vertigineux. John joue avec nos repères et crée une toile d’araignée où tout finit par se recouper, souvent de manière troublante.
Ce choix d’écriture, chaque partie étant narrée à la première personne, renforce le sentiment d’intimité mais aussi d’ambiguïté. Le lecteur est immergé dans la subjectivité de chaque personnage, jusqu’à parfois douter de sa sincérité ou de sa lucidité. John ne donne jamais toutes les clés : il suggère, il glisse des détails, il fait confiance à notre mémoire. C’est une lecture exigeante qui nécessite d’être attentif pour reconstituer ce puzzle qui se construit peu à peu et dont certains détails ne prennent sens qu’à distance. La révélation finale, implicite, en est d’autant plus glaçante.
Une plume à la fois douce et implacable
John Boyne a cette capacité rare à écrire de façon limpide tout en abordant des thématiques complexes. Sa plume est fluide, poétique. Il va droit au cœur, avec un mélange de tendresse et de lucidité. Il ne cherche pas à juger ses personnages, mais à les comprendre et à nous faire comprendre, en retour.
Il sonde l’âme humaine, ses contradictions, ses élans comme ses lâchetés, avec une empathie sincère et une honnêteté brute. Loin de toute mièvrerie, il nous pousse à interroger nos propres représentations du bien et du mal, de la culpabilité et du pardon. Les choix des personnages ne sont jamais simples, ni totalement condamnables, ni entièrement excusables.
Un roman sur la culpabilité, mais aussi sur la rédemption
L’un des fils rouges de ces quatre récits est sans aucun doute la culpabilité. Elle pèse sur chacun des personnages, à des degrés divers. Qu’elle soit assumée, niée ou transformée en douleur silencieuse, elle est là, tapie dans chaque ligne. Pourtant, « Les éléments » n’est pas un roman plombant : il est aussi traversé par des lueurs d’espoir, des gestes d’amour, des prises de conscience.
C’est un livre qui parle de ce que l’on porte en soi, parfois depuis l’enfance, et de ce que l’on tente d’en faire, une fois adulte. C’est un livre qui pose ces questions fondamentales : peut-on se réparer seul ? Ou a-t-on besoin de l’autre pour avancer ?
Un roman fort, nécessaire et bouleversant
« Les éléments » est un roman qui vous prend par surprise. Il ne cherche pas à éblouir par des effets de style, mais il touche profondément, durablement. John Boyne y démontre, une fois de plus, toute la finesse de son regard sur les relations humaines, sa capacité à évoquer les failles sans jamais tomber dans le pathos.
Un roman à lire lentement, avec attention, pour savourer chaque détail, chaque voix, chaque douleur. Une lecture qui laisse des traces.
« Considérez-moi comme une touriste, Ifechi, dis-je, l’invitant d’un mouvement de tête à s’asseoir à côté de moi. Je ne suis ici que pour contempler bouche bée la splendeur de l’endroit et voir si je peux humer le parfum de l’encens. »
Je remercie les Editions JC Lattès et NetGalley pour cette lecture.
#Leséléments #JohnBoyne #JCLattès #NetGalleyFrance
sophie f, Libraire
Les éléments sont l’eau, la terre, le feu et l’air et chacun est associé à un des quatre protagonistes de roman.
Willow est une femme qui se réfugie sur ile pour fuir un passé douloureux, Evan est doué pour le football mais déteste ce sport.
Freya est une chirurgienne spécialisée dans le secteur des grands brulés mais cache un lourd secret et enfin Aron entreprend un voyage en avion de l’Australie vers une ile avec son fils pour assister à des funérailles…
Dans la version originale il s’agit de quatre romans mais en français l’éditeur a choisi de les regrouper et c’est vraiment judicieux car ce roman devient alors une fresque de la noirceur humaine en abordant les thèmes les plus vils et malsains qui secoue notre société.
Après les fureurs invisibles « ou « la vie en fuite » l’auteur nous propose un roman choral ample qui peut être perturbant ou mettre mal à l’aise mais c’est ce postulat, qui fait la force de cette histoire ou le lecteur est confronté parfois à l’indicible ou l’atroce
Un roman coup de poing qui ne vous laissera pas insensible !!!
nine d, Rédacteur
Un roman magistral à la hauteur du conteur qu’est John Boyne.
Quatre récit sous l’égide d’un élément.
L’eau c’est l’histoire de Vanessa qui quitte Dublin pour une île perdue au large de Galway. Elle cherche à comprendre comment et surtout pourquoi elle n’a pas vu ou voulu voir à quel point l’homme qui était son mari est un monstre, il a détruit la vie de huit petites filles et celle de sa fille ainée Emma, bien d’autres encore par ricochets. Anonyme sur son île, Vanessa cherche la rédemption mais aussi un moyen de renouer avec sa, désormais, unique fille.
La terre va servir l’histoire d’Evan, jeune homme charismatique aux pieds d’or, son père lui voit un destin tout tracé, footballeur professionnel, cependant le jeune homme, doux rêveur s’imagine peintre, il fuit alors son île natale un peu trop étriquée pour tenter sa chance sur le continent. Son destin de footballeur le rattrape, s’y ajoutent des embrouilles de taille pour un jeune homme qui ne fera pas le poids.
Le feu concerne Freya, médecin pédiatrique efficace, elle sauve des vies, elle est écoutée, respectée mais un jour arrive dans son service un élève en fin de cursus médical, le jeune homme est intriguée par la trentenaire. Il connait ses secrets, les pires, il ne tient qu’à lui de faire tomber le masque du docteur respectable.
L’air, ou l’histoire d’Aaron, père hyper protecteur, il surveille son fils comme le lait sur le feu. Il sait que le danger peut toquer à n’importe quelle porte, n’importe quand. Il voudrait le protéger du monde, le protéger de son histoire personnelle et de celle de sa mère. Comment élever sereinement un enfant quand ses deux parents trainent encore leurs traumatismes de l’enfance.
Boyne tient les fils et manipulent ces quatre destins. Chaque volet éclaire le suivant, le tout donne une fresque somptueuse qui invite à s’interroger sur la rédemption, la culpabilité, le destin.
Yvenou s, Rédacteur
Vous ai-je déjà dit que j'étais une fan absolue de John Boyne ? C'est dit et figurez vous que Les éléments ne font que confirmer mon addiction.
Quatre parties composent ce roman, quatre histoires à priori distinctes mais qui en fait s'imbriquent l'une à l'autre . Quatre parties L'eau, la Terre, le Feu et l'Air , Parues séparément dans la version originale, l'édition française a fait le choix de les regrouper .
Eau. Willow Hale se réfugie dans une île en face de Galway. Elle a fui Brendan Carvin , son époux, accusé de pédophilie sur des gamines de 8 ans. C'est l'ancien président de la fédération de natation d'Irlande. Il a été condamné à 20 ans de réclusion mais il nie l'évidence et ne reconnait pas sa culpabilité. Emma l'ainée a disparu et Rebecca la cadette s'est éloignée de sa mère. Willow Hale s'appelle en fait Vanessa Carvin ..
Terre . C'est cette même île que quitte Evan Keogh. Il a tout juste 18 ans et abhorre ce père autoritaire qui veut réaliser à travers son fils son rêve de devenir footballeur .. Evan veut devenir artiste peintre .. IL finira sans doute par chausser les crampons surtout quand il fera la connaissance de Robbie, un fils de l'aristocratie que rien n'arrête même pas un rapport non consenti...
Feu Freya Petrus est une chirurgienne de talent . Elle s'est spécialisée dans les grands brûlés. Quels sont ces souvenirs qui l'animent et l'attirent comme un aimant vers de jeunes adolescents de 14 ans?
Air Aaron Umber , la quarantaine, a réussi à convaincre son fils Emmet de l'accompagner. Ils quittent Sydney , destination l'Irlande , précisement cette île face à Galway.
John Boyne saisit à bras le corps une fois encore un phénomène qui gangrène la société . Pourquoi ces hommes, ces femmes ne sont ils pas capables de réfréner leurs instincts de prédateurs, Pourquoi ne sont ils pas capables de plaider coupables? A qui la faute? A celui qui voit et détourne le regard, ? à celui qui se tait et ne dénonce pas l'inimaginable? à l'impunité que procurent l'argent, le pouvoir , la position sociale?
A chacun de nous de répondre à ces questions, à chacun de plaider ou non coupable.
John Boyne est un écrivain exceptionnel qui ne recule devant aucun sujet , chapeau bas Monsieur.
Un grand merci aux éditions J.C Lattès pour ce partage via netgalley
#Leséléments #NetGalleyFrance !
Un roman d'une grande puissance
John Boyne est un auteur qui n'a plus rien à prouver. Il a cette plume qui sait m'emporter dès la première page et dès le début de ce récit j'ai été emportée, émue, bouleversée, surprise et parfois écoeurée.
C'est un ensemble de 4 récits évoquant les 4 éléments : eau, terre, feu et air.
Dès la première page, vous êtes emportée par l'histoire de Vanessa qui s'isole sur une île irlandaise pour fuir des événements tragiques.
Je n'en dirais pas plus car je ne veux en aucun cas gâcher votre lecture. Je peux juste vous dire que ces 4 récits se répondent, s'entrechoquent, se répercutent entre eux. Tout est lié, cousu de fil d'or dans une écriture éblouissante.
L'auteur s'avère être un excellent analyste sociétal et notamment des maux de notre société et des violences subies par les enfants et des traumas que ceux-ci provoquent.
L'auteur nous confronte aux destins de femmes et d'hommes dont la vie a été percutée de plein fouet par des traumas et de la haine qu'ils peuvent éprouver pour eux-mêmes où les autres. Comment avancer ? Comment se reconstruire ?
C'est un roman d'une grande intensité, puissant qui malgré sa noirceur nous surprend dans un final lumineux où l'espoir et la renaissance sont permis.
Un vrai coup de cœur ❤️ pour ce roman de la #rentreelitteraire qui sort le 20 août prochain.
Les éléments de John Boyne
Les éléments est un roman sur le traumatisme, la culpabilité et le poids du silence. Ces quatre récits s’enlacent et se répondent, parfois en se contredisant, mais finissent par composer une seule et même mélodie. Comme l’a fait Vivaldi en musique avec ses quatre saisons.
Eau. Terre. Feu. Air
Une femme s’exile sur une île battue par les vents.
Un homme en procès pour complicité
Une chirurgienne pour grands brulés affronte ses démons
Un père et son fils voyagent en avion vers une réconciliation
Des histoires séparées, des personnages reliés par un fil invisible
Je préfère être clair tout de suite, Les éléments n’est pas un roman facile. Il remue dérange et secoue nos certitudes. Boyne ne raconte pas l’horreur pour choquer. Il s’intéresse à ce qui reste après, aux blessures qu’on ne dit pas, aux complicités involontaires, aux secrets trop lourds. Peut-on réparer ? Ou faut-il respirer autrement ?
Les dialogues sont sombres, avec des silences bien plus éloquents que les mots.
L’eau lave, mais peut aussi noyer.
La terre enfouit les vérités comme les racines
Le feu détruit ou purifie
L’air libère ou étouffe
Avec cette lecture j’ai traversé une tempête qui a soufflé si fort pour tenter de me noyer, elle m’a brulé, ensevelit. Pourtant j’y ai vue de la lumière, ténue et vacillante, mais bien réelle.
Merci infiniment aux édition JC Lattès et Netgalley pour cette lecture inoubliable
#Leséléments #NetGalleyFrance
Entre une cinquantenaire en fuite sur une île isolée d'Irlande, un père de famille vivant en Australie qui entreprend un voyage aux antipodes avec son fis, une chirurgienne qui croit réparer des torts , et un jeune footballeur prodige qui ne rêvait que de percer dans la peinture, les personnages de ce roman sont au centre d'un maëlstrom d'émotions, causé par un des pires traumatismes: les abus sexuels.
Ici, les quatre éléments qui constituent l'univers hantent véritablement les protagonistes. Ils noient, brûlent, étouffent, aspirent...à l'image des conséquences de cette destruction de l'innocence.
Tout s'imbrique dans ce récit à la construction brillante, même si au départ il s'agit de quatre nouvelles indépendantes, les retrouver ensemble met en avant les liens qui unissent les acteurs de chaque partie. Chacun est le personnage secondaire des autres, et leurs actes sont présentés sans concession : la honte, la vengeance, la sidération, la culpabilité, mais aussi l'espoir, la résilience. John Boyne ne nous épargne rien, mais le fait avec le talent qui lui est propre, en nous présentant des personnages que l'on n'aimera peut-être pas, mais avec des clefs pour comprendre leur cheminement, tout en humanité, au travers chaque fois de leur propre voix. Un grand texte, marquant, fraîchement récompensé du prix Femina étranger.
Il y a des livres qu’on referme avec le sentiment d’avoir traversé un orage. Les Éléments fait partie de ceux-là. John Boyne y entrelace quatre récits: Eau, Terre, Feu et Air; qui semblent d’abord indépendants, avant de se rejoindre en un seul souffle, un même cri retenu. Une femme recluse sur une île battue par la mer, un jeune footballeur prisonnier d’un secret, une chirurgienne épuisée par la douleur des autres, un père en fuite avec son fils : quatre vies cabossées qui tournent autour d’une même question: comment continuer à vivre quand tout brûle à l’intérieur ?
Dès les premières pages, j’ai senti ce mélange d’élégance et de gravité propre à Boyne. Il ne raconte pas la souffrance, il l’écoute. Il s’en approche avec une pudeur rare, sans jamais forcer l’émotion. Sa plume est d’une simplicité désarmante, parfois presque silencieuse. Les mots tombent juste, sans éclat inutile, comme si l’auteur écrivait depuis l’intérieur même des cicatrices de ses personnages.
J’ai lu ce livre lentement, par nécessité. Il ne se dévore pas, il se traverse. Certaines scènes m’ont serré la gorge, d’autres m’ont laissé ce calme étrange qu’on ressent après avoir pleuré. Il y a de la beauté dans cette noirceur, une lumière ténue qui insiste pour ne pas s’éteindre. Boyne parle de la honte, de la culpabilité, du besoin de réparation, sans chercher à apaiser ou à excuser. Il expose, il laisse être, et c’est peut-être là que réside la vraie empathie.
Bien sûr, tout n’est pas parfait : quelques passages se devinent à l’avance, et le rythme, parfois, se fige sous le poids de l’émotion. Mais l’ensemble dégage une telle sincérité, une telle justesse, qu’on lui pardonne tout.
Les Éléments n’est pas un roman qu’on oublie. C’est un livre qui reste dans le corps, comme un murmure persistant. Un rappel que survivre, c’est déjà une forme de grâce.
Service presse numérique non rémunéré.
Christelle L, Libraire
"Les éléments" est sans conteste l'un des GRANDS romans de cette Rentrée littéraire 2025.
La structure en 4 grands chapitres reliés par les éléments, Terre, Air, Eau, Feu, à l'intérieur desquels, un personnage secondaire devient le principal du suivant, est captivante et fonctionne à merveille pour nous rendre totalement accros.
Ainsi Vanessa, en fuite sur une île irlandaise, croisera Evan qui dans le chapitre suivant nous livrera la suite de sa vie, loin de son père toxique, Ce dernier aura un lien avec le Dr Freya, Chirurgienne de talent mais aussi véritablement monstrueuse. Aron est au cœur du 4eme "livre" et réunit les personnages dans un final splendide,
Chacun porte avec brio un grand "mal" de notre époque: violences, abus sexuels, masculinisme ... qui pourra heurter les plus sensibles mais qui nous laisse surtout le sentiment d'avoir vécu a leur côtés en empathie ou rejet total .
un grand moment de lecture.
Merci aux éditeurs français de l'avoir publié en 1 seul opus. En vo, les 4 publications séparées ont mettre au supplice les lecteurs britanniques!
Marie-Laure G, Média/Journaliste
Dans son dernier roman, un des plus impressionnants de cette rentrée littéraire, l’écrivain irlandais John Boyne crée un kaléidoscope de quatre récits entrelacés, formant une fresque magistrale sur le sujet complexe de l’abus sexuel. Il sonde ainsi les êtres avec une puissante empathie et une honnêteté implacable, nous mettant sans cesse au défi de confronter nos propres définitions de la culpabilité et de la rédemption.
Eau. On fait d’abord la connaissance de Vanessa, quinquagénaire qui vient s’installer dans une île irlandaise loin de tout, animée d’un impérieux besoin de savoir s’il y a quelque chose à sauver du désastre qu’elle a fuit et si elle mérite la paix.
Terre. Evan lui a fuit la masculinité toxique de son père qui refuse qu’il devienne peintre car c’est pour les « pédés ». Il abandonné son rêve et est devenu footballeur à succès, comme le voulait justement son père. Il doit affronter un procès dans lequel il est inculpé.
Feu. Freya est une chirurgienne réputée, spécialisée dans les grands brûlés. Mais derrière cette façade sociale confortable, elle est en proie à des démons dont elle cherche à en éteindre les flammes s’il n’est pas trop tard.
Air. Aaron, psychologue des enfants, et son fils de quatorze, s’envolent d’Australie pour l’Irlande dans un voyage initiatique qui sera peut-être l’occasion pour le père de faire la paix avec un traumatisme qui a détruit sa vie intérieure et l’empêche d’être libre.
« Une partie de moi a envie de se coucher dans l’herbe et de laisser la tempête faire son oeuvre. Combien de temps survivrais-je ? Une heure, peut-être ? Un peu plus ? Les éléments – l’eau, la terre, le feu, l’air – sont nos plus grands amis, ceux qui nous animent. Ils nous nourrissent, nous réchauffent, nous donne la vie, et pourtant, ils conspirent pour nous tuer à chaque tournant. Je n’ai pas besoin de leur permission pour qu’ils m’emportent. Si je pouvais simplement taper des mains et m’endormir d’un profond sommeil ici, pour ne jamais me réveiller, je taperais des mains. Encore et encore et encore, jusqu’à avoir quitté ce monde pour renaître ou être oubliée – selon ce que décidera l’univers. » (Freya)
Eau, Terre, Feu, Air. Quatre éléments, composants de base de la matière, autant de métaphores qui accompagnent le « je » de chacun des personnages afin de forer au plus profond de leur âme. Initialement, ces quatre récits ont été publiés au Royaume-Uni sous forme de nouvelles séparées. C’est vrai qu’on peut les lire indépendamment, mais réunis ensemble, ils impressionnent par leur cohésion narrative et les résonances émotionnelles qui se déploient.
Le passage de l’un à l’autre peut sembler brutal mais très subtilement, des fils rouges souterrains apparaissent, des échos souvent inattendus qui tournent autour de thématiques douloureuses (inceste, pédophilie, viol, innocence perdue, enfance saccagée) auxquelles on n’a pas envie de se confronter. Victime, bourreau, complice, chacun est amené à se confronter à sa conscience afin de faire des choix fermes et forts qui leur permettraient de casser le cycle de la violence.
John Boyne crée immédiatement une intimité naturelle avec eux, ce qui rend d’autant plus marquantes et dérangeantes les révélations sur leur passé, dévoilées par des flash-backs intelligemment distillés qui font naître un réel suspense tant on devine les flux terriblement intenses qui les agitent inétrieurement. On entend leur voix, on est hanté par ce qu’ils nous disent, terrifié parfois, ému toujours.
Et derrière les émotions, omniprésentes, c’est toute une réflexion qui est initiée autour de la culpabilité et du pardon. Que feriez-vous face à l’impensable ? Sans donner de réponses faciles ni de solutions toutes faites, sans imposer une doxa limitante, sans surtraduire les agissements de ces personnages écorchés, John Boyne laisse vivre les débats, n’écrase pas les questionnements, faisant confiance au lecteur pour ressentir ce qui n’est pas dit et se positionner.
Le roman est très sombre. Et pourtant, on ne le referme pas désespéré car il laisse entrevoir des lueurs d’espoir et de grâce avec une possible rédemption, quelle que soit sa forme, pour ces personnages à l’humanité imparfaite. Le dernier récit, Air, le plus introspectif, avec son alchimie littéraire à relier tous les arcs narratifs précédents, apporte une conclusion sublime qui résonne longtemps.
Libraire 716414
L'air, le feu, la terre et l'eau. L'air que l'on hume les matins estivaux, cette fragrance caractéristique des journées qui se rallongent et du soleil qui cuivre l'épiderme, le feu qui flambe et crépite dans l’âtre durant les longues soirées hivernales, la terre humide ou sèche que l'on malaxe et tripote pour faire pousser nos plantes ou nos légumes, l'eau si fondamentale pour notre organisme, composante à 65 % de notre être, nous, créatures terriennes, mais également océaniques.
Des éléments plus qu'essentiels à notre subsistance mais qui peuvent aussi se retourner contre nous : L'eau peut se révéler meurtrière lorsque l'on se baigne dans des flots déchaînés et indomptables. L'air, s'il vient à disparaître, engendre la suffocation. La terre, si ductile et si douce au toucher, peut s'avérer être notre ultime demeure, et le feu, si hypnotisant à observer, peut nous déposer des traces impérissables sur la peau.
Les quatre protagonistes de ce sublime roman sont des métaphores vivantes de ces éléments. L'eau, la terre, le feu et l'air. Comme une ritournelle incessante mais merveilleuse, telle une mélodie envoûtante qui nous reste en tête toute la journée. Chacun d'entre eux a vécu un traumatisme, une blessure qui a fait dévier leur trajectoire, dérailler le train de leurs existences. De ces humains, les cicatrices sont béantes, suantes, suppurantes. À les observer, se pavaner devant vos yeux, eux, et leurs costumes de traumatisés, de rescapés de l'existence, vous vous direz, probablement, comme moi, que la vie prend beaucoup mais ne rend jamais.
Entrez dans cette histoire, à pas feutrés, prenez votre temps, écoutez leurs silences si tapageurs de souffrances. Victime, bourreau, complice. Constatez la boucle de la violence à son paroxysme, mais admirez aussi l'espoir scintiller à travers les minces interstices du plancher de l'existence. Sol parfois instable et précaire lorsque la vie vous envoie des uppercuts, mais qui mérite que l'on s'y appuie. Un sublime et merveilleux roman qui mérite considérablement son prix roman Fnac 2025 !
Quatre éléments pour quatre histoires comme des nouvelles qui se rejoignent pour ne former plus qu'une œuvre addictive et magistrale..
L'eau nous emmène sur une île où une mère de famille a fuit pour se reconstruire. Puis la terre où un jeune prodige du football se retrouve lié à une affaire scabreuse. Le feu, nous propulse auprès d'une chirurgienne spécialisé dans les grands brûlés et hantée par des traumatismes. Enfin, direction les airs où un père engage un voyage initiatique avec son fils.
L'auteur avec brio aborde un sujet délicat, les violences sexuelles mais en se plaçant du côté des victimes mais aussi de ceux qui indirectement n'ont rien vu ou rien fait. Il nous interroge sur le rapport à la culpabilité et la vengeance. Une lecture puissante qui ne laisse pas indemne.
Dès les premières pages du nouveau roman de John Boyne, « Les éléments », le lecteur sait qu’il entre dans un grand livre fait de mues et de cicatrices. À l’origine, il a été publié sous la forme de quatre volumes distincts : « Water », « Earth », « Fire », « Air ». L’idée d’adosser les quatre textes, l’eau, la terre, le feu et l’air dans un seul support est une excellente initiative. En effet, cela transforme la matière première en matière morale.
Il est très troublant de constater que chaque élément agit comme un révélateur, ou au contraire comme un solvant. Dans chaque élément qui soigne, carbonise, enfouit ou allège, un narrateur est pris dans le courant de sa conscience et tente de reprendre sa vie en main. Le projet de ce livre est d’une ambition folle. D’abord, faire entendre quatre voix qui, chacune, révèle un angle mort du passé et témoigne de sa façon d’être au monde au présent. Ensuite, d’associer les quatre éléments à ces voix.
Récit polyphonique, « Les éléments » ressemble à une chambre d’écho où John Boyne interroge quatre destins à travers la mémoire, la culpabilité et la rédemption. L’auteur irlandais y décortique la figure du monstre, l’humanité et l’inhumanité en faisant montre de nuances, d’empathie et d’humanisme. Tous ses personnages sont en état de guérison. Comprendre la société et l’être humain résonnent en toile de fond.
« Les éléments » s’ouvre avec « Eau » et le personnage de Willow Hale qui choisit de s’isoler sur une île pour échapper au monde. Ce minuscule caillou irlandais lui permet de vivre au ralenti, et de se sevrer du vacarme de son passé. Deux événements traumatiques ont bouleversé toute son existence et ont fait exploser sa cellule familiale. « Eau » se concentre sur la culpabilité et l’aveu central « je ne sais pas si je savais » (ou, je ne voulais pas voir). John Boyne y décortique les notions de responsabilités et de fautes, et l’eau fait son œuvre : elle efface, pour un temps, les empreintes du passé. Mais, au temps présent, elle creuse aussi les falaises en venant chatouiller des certitudes. Être une survivante n’exonère en rien les événements passés. La culpabilité d’avoir, peut-être, été la complice d’agissements criminels, fait rage.
« Terre » suit « Eau » et nous emmène à Londres, où Evan est devenu footballeur. Cet artiste dans l’âme s’est rangé du côté des desiderata paternels. Evan est aspiré dans un procès qui l’engloutit tout entier et lui fait perdre son innocence. Il est question ici de notoriété, du statut de star et de loyautés viriles. La culture du groupe, principalement dans un domaine aussi masculin, fabrique des êtres qui oublient le sens moral, l’intégrité et convergent vers la vie en meute, simplement parce que c’est plus facile que de s’imposer. La « Terre » façonne, sculpte pour entrer dans un moule, déconstruit l’être pour en reconstruire un autre capable de jouer un rôle. Les injonctions de la masculinité annihilent toute candeur. Evan s’est perdu bien avant les faits en cédant à la mélopée de désirs qui n’étaient pas les siens.
Arrive « Feu » qui est sans doute la partie qui m’a le plus bouleversée dans « Les éléments ». On y rencontre Freya Petrus, médecin spécialisée dans les grands brûlés. Ce qu’elle a vécu enfant est innommable : elle est réellement une survivante, mais son être tout entier est une plaie restée béante. Dans ce monde, la « mission » qui est la sienne, celle qu’elle s’est fixée au-delà de son travail, est abominable. « Feu » vient à la fois couvrir la blessure initiale et embraser la vie des autres. Les incendies que Freya allume sont les miroirs de brûlures non cicatrisées. John Boyne montre le circuit fermé qu’est le traumatisme quand il n’est ni écouté, ni vu, ni soigné. Et pourtant, tout en Freya est tentative de cautérisation et de guérison. « Feu » rend fou autant qu’il soulage. « Feu » éclaire et aveugle.
Enfin arrivent « Air » et le personnage d’Aaron, psychologue de métier, installé en Australie. Il part en voyage avec son fils adolescent pour rejoindre son ex-femme dont il est séparé. Cette mère absente est un personnage déjà rencontré précédemment dans le roman. « Air » est le fil rouge qui circule entre les quatre parties du récit. Il relie ce qui a été séparé, permet de reprendre une respiration. Mais pour Aaron, « Air » se raréfie quand l’angoisse apparaît. Il sait qu’il n’a pas dit toute la vérité à son fils. Ce voyage sonne comme un test d’aptitude paternel, mais aussi comme une tentative de rationaliser ses propres fractures et de réparer ses problèmes affectifs. « Air » doit permettre de faire place nette en supplantant le déni et en affrontant l’acte d’aveu. « Air » permet la mise à nu.
La complicité passive est sans doute le grand fil rouge qui relie les quatre éléments. Willow n’a rien fait, Evan n’a pas initié le mal, Freya n’a pas pu être protégée, Aaron n’a pas été en mesure de dire stop. John Boyne décortique l’incroyable énergie qu’il faut pour ne pas être complice. Contester le père, l’époux, l’institution ou encore le club épuise. D’autant que la petite voix intérieure qui enjoint au silence est omniprésente. Les résistances, mêmes minuscules, même tardives, sont autant de tentatives d’opposition. « Les éléments » traquent les gestes comme autant de choix qui fissurent l’ordre du silence.
Dans « Les éléments », la vérité ne s’expose qu’en passant par des zones d’obscurité. (amnésie, justifications diverses, réécritures des faits) Chaque personnage raconte son histoire dans un récit à double temporalité, mais la globalité du roman tend à faire comprendre qu’accepter la vérité est une (re) construction lente. Dans « Eau », elle apparaît après une tempête. Dans « Terre », elle se révèle suite à un affrontement viril. Dans « Feu », elle s’avère presque impossible. Dans « Air », elle se manifeste du bout des lèvres. Le « récit qui arrange » n’a pas sa place dans « Les éléments », même lorsqu’il apporte une source d’espoir. L’espérance ne doit pas émerger au prix de la moralité.
L’architecture du roman est un délice de trouvailles, d’élégance, et de grâce. Chaque partie s’enchaine parfaitement avec la précédente, et la dernière reboucle avec la première. Cette construction permet aussi d’avancer dans le traitement des idées. Alors que l’« Eau » se focalise sur les remords, la « Terre » met en lumière la filiation et ce qui fait l’appartenance. Le « Feu » symbolise les douleurs physiques et morales transmises, quand l’« Air » vient renouer les liens distendus. Ainsi, chaque partie appelle ses images et ses émotions, mais l’ensemble est habité par la même atmosphère. Du grand art ! J’ajoute que John Boyne a le sens de la voix, chaque personnage est habité par une crédibilité morale. Je n’ai jamais senti sa volonté de lier les destins à tout prix, mais, arrivée à la fin, j’ai été saisie par tant de virtuosité, d’inventivité et de savoir-faire.
Certes, « Les éléments » n’aborde pas des thématiques faciles. Certaines sont même très inconfortables, mais toutes interrogent, bousculent et émeuvent. Tous ces sujets se regroupent dans un questionnement central : comment peut-on échapper à ses traumatismes puis à ses démons ? L’abus, la culpabilité, la perte de l’innocence, le déni, la complicité passive, la quête de la vérité sont développés dans un parfait équilibre entre ombre et lumière. John Boyne dose noirceur et clarté en faisant jouer aux éléments, « Eau », « Terre », « Feu », « Air » un rôle d’amplificateur des émotions. Personnages et éléments sont liés dans une quête de vérité irrévocable et vitale. Le tout permet, pour qui le souhaite, de mieux comprendre la société et l’être humain.
Grand roman de l’intime et de la question humaine, « Les éléments » subjugue et vient réveiller tous vos sens. Que d’émotions affleurent entre ces pages ! À travers chaque portrait si bien travaillé, John Boyne nous donne moult choses à aimer chez ses personnages. Sans doute parce qu’il les aime profondément lui aussi… avec leurs failles, et leurs qualités. J’ai aimé la façon dont ce roman est à la fois introspectif et romanesque, la manière dont il l’a construit, et combien ses personnages traversent et illuminent le récit. Chaque partie vient éclairer le sens de la précédente tout en restant très nébuleuse au début des ouvertures. Son écriture est humaniste, pleine de nuances, fine psychologue, pour aborder ce qui fait notre humanité.
Nous sommes façonnés par les êtres et « Les éléments » qui nous entourent et parfois nous dépassent. Nous trébuchons, nous échouons, nous basculons. John Boyne nous apporte la conviction que tout n’est pas défini par le pire, mais aussi que l’espoir n’est jamais la promesse que tout ira bien. Il faut du temps pour que l’eau purifie, pour que la terre régurgite le trop-plein, pour que le feu réchauffe, pour que l’air autorise à reprendre son souffle. Échapper à ses démons, se racheter, se soustraire au monstre tapi en nous qui ne demande qu’à s’évader est l’œuvre d’une vie. Un peu comme ce roman finalement…
Un roman d’une ampleur rare, magistral et bouleversant. Une œuvre puissante et habitée.
Merveilleuse Traduction de Sophie Aslanides
Titre original publié en 4 volumes : Water, Earth, Fire, Air
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David Grann
Fiction Historique, Littérature générale, Non-fiction (Adulte)