Au bord de la nuit

Ce titre a été archivé. Il est désormais indisponible sur NetGalley.

Commandez ou achetez ce livre dans votre point de vente préféré !

Connectez-vous pour accéder au titre.
Publication 2 sept. 2021 | Archivage 6 oct. 2021
Belfond, Belfond Vintage

Vous parlez de ce livre ? N'oubliez pas d'utiliser #FriedoLampe #NetGalleyFrance ! Cliquez ici pour plus de conseils


Résumé

R E N T R E E     L I T T E R A I R E

Traduit de l'allemand et présenté par Eugène Badoux

"Là-bas, à l’extrémité du jardin, sous les grandes feuilles de la tonnelle, monsieur Hennicke, le maître de géographie, et ses deux fils étaient assis. Une lampe à pétrole, placée au milieu de la table, répandait une chaude lueur jaune. De temps en temps elle filait et monsieur Hennicke, d’une main légère, diminuait alors la flamme. Il avait un livre ouvert devant lui et lisait à haute voix. La tête dans les mains, ses deux fils, collégiens de première année, blonds et dégingandés, aux visages moites et boutonneux, buvaient ses paroles. Leurs regards étaient fixes, perdus dans l’obscurité du jardin ou en une contrée plus lointaine encore."


La vie d'un quartier de Brême, celui du port, entre le crépuscule et la nuit. Une succession de tableaux intimistes, d'instants de vie brefs et attendrissants, de destins qui se croisent et se défont, se mêlent encore, en plein coeur d'une ville qui s'endort, enveloppée par les ténèbres.

Au bord de la nuit est un livre unique, inoubliable. Publiée en Allemagne en 1933, interdite par le régime nazi, injustement oubliée, saluée par Patrick Modiano, une oeuvre d'une infinie délicatesse et d'une écriture subtilement poétique, à redécouvrir d'urgence.


Friedo Lampe est né à Brême le 4 décembre 1899. À l'âge de cinq ans, on lui diagnostique une tuberculose osseuse à la cheville gauche ; handicap qui lui vaudra d’échapper aux deux guerres mondiales.

L’Université lui permet de consacrer dix ans à sa culture personnelle : musique, littérature, histoire de l’art. En 1928, il obtient un doctorat en philosophie sur les Chants des deux amants de Goeckingk.

Il retourne à Brême pour travailler comme écrivain et éditeur au magazine familial Schünemann Monatshefte mais, en raison de la Grande Dépression, le magazine cesse de paraître. En 1932, il trouve du travail dans les bibliothèques publiques de Hambourg, et s'implique dans un cercle d'écrivains et de passionnés de littérature. Écrivain discret, Friedo Lampe est resté longtemps oublié, y compris dans son propre pays. Auteur de romans et de nouvelles, il semble avoir toujours été hanté par l’échec et la malchance. Journaliste nonchalant, bibliothécaire par défaut, suspect aux yeux des nazis, il est abattu pendant la bataille de Berlin par une patrouille soviétique le 2 mai 1945.

R E N T R E E     L I T T E R A I R E

Traduit de l'allemand et présenté par Eugène Badoux

"Là-bas, à l’extrémité du jardin, sous les grandes feuilles de la tonnelle, monsieur Hennicke, le maître de...


Ils recommandent !

"Aujourd'hui, le souvenir d'un écrivain allemand est venu me visiter. Il s'appelait Friedo Lampe." Patrick Modiano, Dora Bruder

"Aujourd'hui, le souvenir d'un écrivain allemand est venu me visiter. Il s'appelait Friedo Lampe." Patrick Modiano, Dora Bruder


Formats disponibles

ISBN 9782714493866
PRIX 18,00 € (EUR)

Disponible sur NetGalley

Application NetGalley Bibliothèque (EPUB)
Envoyer vers mon Kindle (MOBI)
Télécharger (EPUB)

Chroniques partagées sur la page du titre

Les Éditions Belfond proposent en cette rentrée quatre titres, dont deux que j'ai choisis de lire dès maintenant à travers la plateforme Netgalley. Au bord de la nuit de l'auteur allemand méconnu Friedo Lampe est le premier de ces ouvrages, le second est le passionnant Le chat, le général et la Corneille, dont je parlerai bien volontiers ultérieurement, coup de cœur oblige. Au bord de la nuit fait partie de la collection Vintage de la maison d'éditions, collection qui regroupe les classiques de la maison, ou l'on classe forcément Friedo Lampe, mort en 1945, et faisant partie de ces écrivains trop discrets, en tout cas, bien injustement oublié. Il est mort l'année ou l'Allemagne a été démantelée, la longueur de son œuvre en a fait les frais. J'ai pris connaissance de l'auteur avec ce surprenant et visionnaire texte, obligeamment entouré des notices biographiques et exégètes. Si j'ai utilisé le terme de surprenant, c'est que le récit se déroule sur le seul temps d'une soirée mais inclut une multitude de personnages, dance qui serait être un quartier de la Brême natale de Lampe. Nous ne sommes pas du tout sur une diégèse classique, introduction, développement, fin. Friedo Lampe pose son regard - ou plutôt il déploie son microscope - sur ceux qui hantent ce bout de ville, entre artère principale et embarcadère un soir parmi d'autres. Plus qu'un simple regard, il infiltre chaque scène, chaque intériorité, et navigue de l'une à l'autre : jamais le flux de conscience n'a aussi bien porté son nom. Lire Friedo Lampe, c'est se rappeler le style unique de Virginia Woolf, la révolution de son style - à l'époque - qui peut désorienter le lecteur. Le roman démarre au coucher du soleil, à sept heures et demi, pour se terminer quelques heures plus tard. La particularité de ce mode de narration réside donc dans sa fluidité, la narration se perpétue d'un personnage à l'autre sans nul besoin d'artifice quelconque. Bien sûr, c'est déroutant, mais j'ai lu avec l'impression de visualiser une scène en continu grâce à l'objectif de l'auteur. Le dialogue lit les personnages entre eux, comme un long téléphone arabe, une chaîne dont chacun des maillons est un des personnages du récit. L'intérêt de ce roman est non pas uniquement dans son contenu même, mais dans sa forme qui donne presque au lecteur l'impression de visualiser un film. La prouesse de l'écriture de Friedo Lampe est de donner une autre dimension artistique à son récit : celle d'un hybride entre littérature et cinéma, où l'imagination du lecteur est mise à contribution, et l'image créée dans son esprit est ainsi plus prégnante qu'avec une narration classique. Un parc, un port, une rue principale - l'Oberstrasse -, un cinéma on ne peut pas dire que des détails particuliers qualifient cette ville allemande, que nous présente l'auteur, plutôt anonymisée par le manque de toponymes. Le don de l'écrivain réside d'ailleurs dans la simplicité, la banalité de la scène choisie en y inscrivant la diversité des caractères qui s'entrecroisent au quotidien à travers des épisodes de vie, des jeux d'enfants, un match de catch, le départ d'un navire et quelques incidents mineurs, en une soirée d'automne. C'est donc sur ces flux, certains très courts, d'autres plus longs, de consciences de personnages, tout ce qu'il y a de plus banals et sur la simplicité d'une soirée d'automne au sein d'une ville portuaire allemande que l'écriture de Friedo Lampe exploite pour en faire un texte singulier. Lors de mes cours de littérature anglaise, lorsqu'il fallait aborder la problématique du Stream of Consciousness, les enseignants abordèrent Woolf, mais aussi James Joyce ou encore Dujardin pour la partie française. Friedo Lampe brille aux abonnés absents et pourtant ce titre-là est un exemple frappant de ce mode de narration, qui a surtout été l'instrument d'auteurs anglophones. Friedo Lampe mériterait sa place dans le panthéon, d'autant qu'il représente l'Allemagne, ou la littérature n'a pas forcément osé s'aventurer sur ce terrain-là. On ne peut que féliciter cette initiative des Éditions Belfond de mettre en lumière à travers ce texte, et ses explications bienvenues, un auteur injustement passé dans l'oubli. L'étude conclusive du roman d'Eugène Badoux apporte d'ailleurs un éclairage précis sur les signes avant-coureurs, de mauvais augure, qui ressortent de ce texte publié en 1933 et qui contient peut-être déjà les premiers coups de tonnerre de deux décennies terribles. Avec un peu de recul, considérant le titre, le français est l'exacte traduction de l'allemand, la date de rédaction et le contenu même, toute sa dimension métaphorique s'éclaire en un ultime coup de lucidité : si justement, Friedo Lampe, a choisi cette période bien définit de cette fin de jour, il est effrayant de constater l'acuité de l'homme quant à sa vision de l'avenir bien sombre, cette réalité au bord de basculer. C'est donc une écriture d'une extrême sensibilité qu'est celle de Friedo Lampe, comme l'était l'homme selon les descriptions liminaires, qui annonce, peut-être pas un monde, en tout cas un pays sur le point de s'embraser. Il est l'auteur également d'un second roman Orage de septembre ainsi de quelques nouvelles, dont on peut garder l'espoir qu'ils seront publiés un jour.

Cet avis vous a-t-il été utile ?

Brême, années 30, en fin de journée, comme une suite de tableaux où les personnages peuvent aller de l’un à l’autre, Friedo Lampe raconte ce qu’il voit en éclairant tour à tour les scènes décrites, sans qu’il y ait une histoire commune. Les personnages se côtoient, se mêlent, parfois, les faits se superposent, parfois, dans ce quartier populaire près du port. La solitude et la mort frôlent l'amour et le désir, caressent l'envie et la haine, chaque personnage est un héros mis en avant par la poursuite dont Lampe a endossé le rôle ! Nulle mention de politique mais le livre a été confisqué en 1933 parce qu’il abordait des thèmes honnis par l’idéologie nazie ! J’ai aimé cette manière d’écrire, façon BD sans dessin ou théâtre à plusieurs tableaux sur une scène pivotante. On picore ou prend tout, en tout cas on ne peut rester indifférent à toutes ces vies croisées. #FriedoLampe #NetGalleyFrance #rentreelitteraire2021

Cet avis vous a-t-il été utile ?

Publié dans la collection vintage chez Belfond Au bord de la nuit est un roman de Friedo Lampe paru en novembre 1933 et saisi en décembre 1933 pour "outrage à l'honneur du peuple allemand". Ecrit par un auteur même pas inscrit au parti !! Friedo Lampe fut fiché SUSPECT et plongé dans la nuit de l'oubli.. Mon enfant, à sa naissance rouge et fort, Après quatre semaines était mort .Il aimait l'air tiède, libre et weich Et ne pouvait respirer au Troisième Reich. Mais nous voulons avoir patience et espérer ; Peut-être le verrons-nous un jour ressusciter. Le saisi.. écrit il dans la marge d'un exemplaire. Brême, le canal, le parc, la voix de chemin de fer, quelques immeubles, la rue du Port, un bateau, une douce soirée de septembre. Des enfants, un vieillard, un jeune homme, deux étudiants en partance pour Amsterdam, une salle de spectacle , un match de catch, un jardin, un air de flûte. et des rats sur la berge ... Atmosphère étrange, récit puzzle où les pièces finissent par s'emboiter et hypnotiser le lecteur. A découvrir UN grand merci aux éditions Belfond pour ce partage via Netgalley #FriedoLampe #NetGalleyFrance !

Cet avis vous a-t-il été utile ?

Un port, des hommes, des femmes, des enfants. Des ruelles étroites et sombres, un vendeur de saucisse, un douanier solitaire, un catcheur malheureux … Ouvrir ce roman c'est laisser surgir une constellation de personnages, entrer dans une vie un bref instant avant de s'envoler quelques minutes plus tard vers une autre. Les mots coulent, fluides et guident le lecteur dans un mouvement incessant, celui d'une nuit chaude du mois de septembre. On se pense presque en voyage. Le lecteur flotte au-dessus de la ville portuaire tandis que l'auteur écarte des rideaux, entrebâille une porte, éclaire l'obscurité pour mieux nous laisser distinguer ces ombres passantes. Alors on referme le livre avec la sensation d'avoir compris quelque chose, peut-être l'auteur a-t-il réussi à nous révéler la poésie qui hante chaque instant de nos vies. Mais cela sans extravagance, avec une douceur caressante et une justesse délicieuse.

Cet avis vous a-t-il été utile ?

Les lecteurs qui ont aimé ce livre ont aussi aimé :