L'Archipel du Chien

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Publication 14 mars 2018 | Archivage 28 déc. 2018

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Résumé

« Le dimanche qui suivit, différents signes annoncèrent que  quelque chose allait se produire.
Ce fut déjà et cela dès l’aube une chaleur oppressante, sans  brise aucune. L’air semblait s’être solidifié autour de l’île,  dans une transparence compacte et gélatineuse qui déformait  ça et là l’horizon quand il ne l’effaçait pas : l’île flottait au milieu de nulle part. Le Brau luisait de reflets de  meringue. Les laves noires à nu en haut des vignes et des  vergers frémissaient comme si soudain elles redevenaient  liquides. Les maisons très vite se trouvèrent gorgées d’une haleine éreintante qui épuisa les corps comme les esprits.
On ne pouvait y jouir d’aucune fraîcheur.
Puis il y eut une odeur, presque imperceptible au début, à  propos de laquelle on aurait pu se dire qu’on l’avait rêvée,  ou qu’elle émanait des êtres, de leur peau, de leur bouche,  de leurs vêtements ou de leurs intérieurs. Mais d’heure en  heure l’odeur s’affirma. Elle s’installa d’une façon discrète,  pour tout dire clandestine. »

« Le dimanche qui suivit, différents signes annoncèrent que  quelque chose allait se produire.
Ce fut déjà et cela dès l’aube une chaleur oppressante, sans brise aucune. L’air semblait s’être...


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FORMAT Ebook
ISBN 9782234085480
PRIX 7,99 € (EUR)

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Chroniques partagées sur la page du titre

[...]
Les premières pages du roman nous plonge en zoom serré sur une plage quelconque, d’une île quelconque. Or l’univers de Philippe Claudel est tout sauf quelconque. Tout gagne en profondeur, suspens et originalité dès que l’on tourne les pages. Sur une plage déserte d’un archipel en forme de chien, trois corps se sont échoués. Trois africains, dénudés et dévorés par les eaux. Autour d’eux un groupe de villageois. Jamais nommés, ils sont représentés par leur statut. On a le Maire, le docteur, la Vieille, le Curé et le nouvel instituteur. La question est que faire de ces corps, arrivés d’on ne sait où et on ne sait comment ? Enfin, on comprend bien vite grâce à la description succincte de ces infortunés qu’il s’agit de migrants. Se crée alors un huis-clos entre les personnages qui décident, à l’initiative du Maire, de se taire et d’enterrer secrètement les morts. Cela n’est cependant pas au goût de l’instituteur qui préfèrerait comprendre là où les autres veulent juste oublier et retrouver leur quotidien. Seul contre tous, il se lance dans sa propre enquête, loin d’imaginer ce qu’il va découvrir.
[...]

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L'archipel du chien de Philippe Claudel m'a été envoyé par les éditions Stock et net galley, ce dont je suis ravie car j'avais très envie de découvrir cet auteur :)
Nous sommes donc sur l'Archipel du Chien où, un matin, trois cadavres de jeunes noirs sont découverts. Ce sont surement des migrants, mais pourquoi donc sont t'ils venus s'échouer ici ?
Le curé, le maire, le Docteur, un pêcheur, l'ancienne institutrice à la retraite, et le jeune instituteur se réunissent pour savoir ce qu'ils vont faire des trois hommes. Les dévoiler au grand jour ? Ou les cacher ?
La décision de les cacher va être prise, mais bouleversera leurs vies paisibles... Car rien n'est anodin quand on prend ce genre de décision, et leur conscience peut les tourmenter...
L'archipel du chien est un conte très noir, au ton mordant, qui m'a captivé de la première à la dernière page.
Cette fable cruelle est bien ficelée. Les personnages sont bien fouillés, on ne peut pas dire qu'ils soient attachants, mais j'en ai apprécié certains, notamment l'instituteur.
Je me suis rapidement demandé comment l'histoire allait évoluer, et je n'ai pas été déçue du choix fait par l'auteur.
Cela montre bien qu'il n'est pas si simple de cacher certaines choses, surtout aussi graves...
Je mets quatre étoiles à ce roman, premier donc que je lis de l'auteur mais pas dernier car j'ai apprécié son écriture.

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On embarque dans cette histoire comme dans un conte pour adulte. L'écriture fluide et les chapitres courts s'enchainent, ponctués de dialogues réalistes.
Le sujet est grave, mais la lecture est facile...
Et à la dernière page on se rend compte qu'on a assisté à une immense tragédie qui dépasse de très loin l'événement de départ (tragique pourtant) : la découverte de trois hommes morts sur la plage d'une petite île.
La question, jamais résolue, du bien et du mal, les choix que l'on fait pour soi et pour les autres, ce que l'on sait ou croit savoir de la réalité, l'humanité.. .tout a pris du relief.
Un choc inattendu.

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L’île aux noyés
C’est avec une fable très sombre que Philippe Claudel choisit de parler des migrants. L’occasion aussi de poursuivre son exploration de la nature humaine.

Dès les premières lignes de ce roman aussi sombre que superbe Philippe Claudel nous avertit: « L’histoire qu’on va lire est aussi réelle que vous pouvez l’être. Elle se passe ici, comme elle aurait pu se dérouler là. Il serait trop aisé de penser qu’elle a eu lieu ailleurs. Les noms des êtres qui la peuplent ont peu d’importance. On pourrait les changer. Mettre à leur place les vôtres. Vous vous ressemblez tant, sortis du même inaltérable moule. »
Nous voici donc sur une île comme il existe beaucoup. Sans grandes perspectives économiques si ce n’est une économie de survivance. « Il y a des vignes, des oliveraies, des vergers de câpriers. Chaque arpent cultivé témoigne de l'opiniâtreté d'ancêtres qui l'ont arraché au volcan avec patience. Ici on est paysan ou pêcheur. Il n'y a pas d'autre choix. Souvent les jeunes gens ne veulent ni l'un ni l'autre. Ils partent. Les départs ne sont jamais suivis de retours. » Mais le maire caresse l’idée de construire un grand centre thermal pour revivifier ce coin de terre hostile.
Inutile dans ce contexte de souligner que la découverte de trois cadavres de noirs venus s’échouer sur la plage tombe mal. Pour lui comme pour le curé, le docteur et l’instituteur qui sont dépêchés sur place, la solution consiste à nier ce drame, à faire comme s’il n’avait pas eu lieu. Après tout cette île n’était pas leur destination. « Ils ne la connaissaient sans doute même pas. Elle est devenue leur cimetière. Si j'avertissais la police et un juge, que se passerait-il? Nous verrions débarquer ici non seulement ces beaux messieurs qui nous regardent toujours de haut comme si nous étions des crottes de rats, mais aussi derrière eux quantité de journalistes, avec leurs micros et leurs caméras. Notre île du jour au lendemain deviendrait l'île aux noyés. Vous savez que ces chacals sont forts pour les formules. »
Décision est donc prise de transporter les cadavres jusqu’aux failles rocheuses et de les jeter au fond sans plus de procès. Mais très vite, l’instituteur a des scrupules. Sans rompre sa parole, il se met à étudier les courants, à tenter de comprendre comment les trois hommes ont pu dévier de leur route. Une occupation qui ne plaît pas du tout au maire persuadé « que si le monde tournait si mal, c’était la faute aux hommes comme l’Instituteur, empêtrés d’idéaux et de bonté, qui cherchent jusqu’à l’obsession l’explication du pourquoi du comment, qui se persuadent de connaître le juste et l’injuste, le bien et le mal, et croient que les frontières entre les deux versants ressemblent au tranchant d’un couteau, alors que l’expérience et le bon sens enseignent que ces frontières n’existent pas, qu’elles ne sont qu’une convention, une invention des hommes, une façon de simplifier ce qui est complexe et de trouver le sommeil. » Sans oublier que l'instituteur n'était pas né sur l'île.
Et alors que l’instituteur se persuade que «les morts allaient faire payer aux vivants leur indifférence» et allaient les punir, le maire doit chercher une parade. Le commissaire qui vient de débarquer pourrait même lui apporter son concours. À moins que son cynisme ne cache une volonté farouche de mettre à jour les âmes noires qui hantent l’île, des « négriers, des marchands de corps, des trafiquants de rêve, des voleurs d'espoir, des meurtriers ».
La plume de Philippe Claudel, on le sait, fait merveille dans ce registre tragique, lorsqu’il s’agit d’explorer la nature humaine, notamment quand elle est inhumaine. Attendez-vous donc à un final en apothéose. De ceux qui marquent durablement par leur implacable férocité.

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Une île, probablement située en Méditerranée , une toute petite île située à l'extrême pointe de l' Archipel du Chien. Une île où il fait bon vivre, tous les natifs y semblent heureux, chacun s'entend avec son voisin , une île où règne l'harmonie, où le soleil , la nature offrent à chacun l'essentiel . Et patatras, un beau matin sur la plage trois corps gisent . Trois corps de jeunes africains morts noyés et rejetés par la mer . C'est la Veille qui les y trouvent . Bientôt rejointe par Amérique, Spadon ,le Maire, le Docteur et l'Instituteur, chacun prend conscience que leur monde vient de basculer . Que faire? comment agir ?" comment s'arranger avec l'impossible qui frappe à notre porte?" comme le dit si bien P Claudel lorsqu'il parle de son roman.
Alors voilà L'Archipel du Chien c'est aussi le monde qui frappe à des portes rarement ouvertes, le plus souvent fermées. Chacun doit faire face à ses propres contradictions, ses propres décisions . Un conte noir oserais-je dire couleur ébène que chacun lira comme il lui semblera bon . Un conte à la façon d'une enquête policière, un conte onirique, philosophique, à chacun de le décrypter selon ses propres critères . Un conte servi par une écriture lumineuse , celle de Philippe Claudel . Merci Monsieur
Un grand merci aux Editions Stock via netGalley pour ce partage.

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Ce nouveau roman de Philippe Claudel est une sorte de conte moderne qui se déroule sur une île imaginaire, seule île habitée de l'Archipel du Chien situé face aux côtes africaines. Cette île noire, austère et soumise à de terribles rigueurs climatiques, dominée par un volcan assoupi, le Brau, abrite une communauté qui vit tranquillement dans ce lieu où il ne se passe pas grand chose. Le Maire et le Docteur travaillent sur un projet thermal pour développer l'économie de leur île dont la seule ressource est la pêche.

Un jour, la mer rejette le corps de trois hommes jeunes et noirs qu'on imagine avoir fui l'Afrique et son lot de misère et de guerre.

Philippe Claudel campe des personnages très pittoresques, un drôle de Curé sans fidèles qui ne croit pas en Dieu et se consacre aux abeilles. Un Maire au comportement de politique qui veut protéger sa communauté, Une Vieille, ancienne institutrice acariâtre, et un jeune Instituteur fraîchement installé sur l'île... Chacun est désigné uniquement par sa fonction ou par un surnom.
Les avis sur la conduite à tenir face à leur macabre découverte vont diverger. Que faire des corps? Alerter les autorités au risque que les projecteurs des médias sur leur île mettent à mal le projet thermal et l'avenir de l'île? Une décision est prise contre laquelle seul l'Instituteur va se rebeller, une décision avec laquelle chacun va ensuite devoir vivre avec sa conscience et sa morale...

L'ensemble du récit se déroule sur une période courte dans ce lieu très particulier où le volcan est un personnage qui domine les hommes, qui gronde, qui se réveille ponctuellement en dégageant des odeurs pestilentielles comme s'il allait punir les hommes.
"La plupart des hommes ne soupçonnent pas chez eux la part sombre que pourtant tous possèdent. Ce sont souvent les circonstances qui la révèlent, guerres, famines, catastrophes, révolutions, génocides. Alors quand ils la contemplent pour la première fois, dans le secret de leur conscience, ils en sont horrifiés et ils frissonnent."

Voilà un roman construit comme un thriller à la tension dramatique grandissante, un roman sur fond de crise des migrants avec un lieu et une époque intemporels, un lieu qui pourraient être les Canaries qui ont connu les premiers mouvements migratoires en provenance de l'Afrique, avec des personnages caricaturaux qui, avec leurs propres raisons en mettant de côté leur morale, vont tenter de défendre leur île en s'accommodant comme ils le peuvent de la situation. Une histoire d'hommes, une histoire de noirceur humaine, une histoire de rejet de l'étranger "Vous n'êtes pas comme eux. Vous venez d'ailleurs. Vous êtes différent." , de machination, de manipulation et qui parle aussi du poids de la rumeur. Un roman qui incite à de multiples réflexions et nous confronte à nos propres questionnements, qu'aurions-nous fait dans une telle situation?
Un sujet très fort traité de façon magistrale et implacable sans aucun moralisme, une écriture dans la lignée de celle des Âmes grises et du Rapport de Brodeck... Bref du grand Claudel pour un roman cruel et pessimiste !

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Quels procédés permettent à ce récit de prétendre au titre de fable, de conte des temps modernes?

En premier lieu : l’universalité des thèmes abordés.

L’exil a mis les peuples et les individus en danger depuis la nuit des temps, quelle que soit la cause : fuite d’un danger, bannissement, rêve d’un ailleurs meilleur...mais ce qui le distingue des migrations anciennes , c’est l’exploitation de la détresse des déracinés , détresse qui alimente la cupidité de passeurs sans scrupules. C’est pourquoi dans L’Archipel du chien la fable prend des airs de faits divers bien présents dans l’actualité.

Puis la nature érigée au rang de personnage
Gaia , la terre mère qui se rebelle par l’entremise d’un volcan pétomane, dont les pestilences s’insinuent partout.

Enfin, la recherche d’un bouc émissaire, celui qui paiera le prix cher, juste pour masquer les odieuses pratiques des notables. A choisir de préférence parmi les plus récemment admis dans la communauté , cible désignée par la une fâcheuse propension à mettre le nez dans les affaires qui fâchent. Là aussi les légendes du monde grec et barbare n’ont pas fait mieux .

Mais Philippe Claudel n’a pas oublié que ses lecteurs sont bien ancrés dans le 21e siècle , à travers un personnage qui apporte un peu de légèreté au propos, et qui prend les traits d’un enquêteur peu banal, mais tout de même très évocateur de ces limiers des temps modernes, malins mais profondément asociaux voire psychopathes.
Drôle aussi la matérialisation d’un Dieu omniprésent et omniscient qui surveille ses ouailles de manière très technologique .

Tout cela est fort bien ficelé , avec un art de l’écriture qui n’a plus à faire ses preuves . Tout à fait à la hauteur du Rapport de Brodeck ou des Ames grises.

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Certains habitants de cette île sont confrontés à la découverte sur leur plage de trois corps d'africains, morts. Que faire ? Qu'en faire ? Le Maire, Amérique, la Vieille, le Docteur (l'auteur n'a pas jugé utile de leur donner un nom,  car ils sont les symboles de notre civilisation), décident de les faire disparaître car ces trois corps contrarient leur grand Projet de Centre Thermal.......  

Après avoir trouvé la solution, il faut vivre avec sa conscience : certains n'ont pas d'état d'âme, d'autres tenteront de se racheter et un personnage débarquera sur l'île, le Commissaire, le révélateur, l'empêcheur de tourner rond......

Votre nouveau locataire. Il est ici, reprit-il en tapotant son crâne avec son index. Dans chacune de vos têtes. Il vient de s'y installer, il n'en bougera plus. Désormais, vous le logerez à demeure, jusqu'à la fin de votre vie. Nuit et jour. Il ne sera guère bruyant, mais vous ne pourrez jamais l'expulser. Il faudra vous y faire. Bon courage (p146)

Philippe Claudel, comme souvent dans ses récits, part de fait d'actualité et dans celui-ci c'est les migrants africains dans leurs bateaux d'espoir mais aussi de mort qui est l'objet de sa narration. Récit sur fond de colère, de révolte de la part de l'écrivain, c'est l'impression que j'ai ressenti, sur l'attitude d'une population, représentative de notre Société. 

Un homme lâche ? (.....) C'est presque un pléonasme, non ? (p158)

Les lâchetés, l'indifférence, le profit plutôt que l'humanité, voilà ce que dénonce Philippe Claudel. On ne peut être que touché par ce court récit, fort, puissant, où tout est réduit à une île, l'horreur va crescendo sur l'inhumanité, les ravages de l'argent, de l'intérêt de chacun, égoïstement. Heureusement un homme tentera de comprendre, d'élucider ces morts.

Et dans le cercueil le corps d'un homme qui avait quant à lui essayé de mériter le nom d'homme. (p149)

Les événements s'enchaînent, inexorablement, ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être, cela va vite, plus rien n'est sous contrôle car nous ne maîtrisons pas tout, comme le volcan qui rappelle sa présence sur l'île comme ces morts qui seront désormais toujours présents.

Cette voix qui nous retrace cette histoire, n'est-elle pas la voix de la conscience, du souvenir, de la mort...... Elle nous interpelle sur la cruauté du monde et ne nous rebellons pas trop car que faisons nous : agissons-nous, nous taisons-nous, continuons-nous à vivre en sachant mais en nous sentant impuissants ?

Prendre les migrants comme révélateur de notre civilisation.... où la vie d'hommes a moins de valeur que le profit, on le sait et il est parfois nécessaire de remettre une couche et dans ce roman c'est efficace, implacable. Philippe Claudel sait mettre les mots là où ça fait mal et on referme le livre avec un goût amer dans la bouche.

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Après son recueil de nouvelles “Inhumaines” paru l’année passée qui traitait de l’outrance de nos travers contemporains liés à la vague numérique et la société de consommation, Philippe Claudel revient au-devant de la scène littéraire avec un roman-fable dont l’histoire prend racine sur une petite île qui flotte au milieu de nulle part, loin du monde moderne et peuplée d’une poignée d’hommes. La vie y est douce, loin du fatras du monde moderne, ses habitants y coulent une existence tranquille jusqu’au jour où ils vont découvrir les corps inanimés de trois hommes noirs échoués sur la plage. C’est le destin entier de l’île qui va être irrémédiablement chamboulé.
"J’ai imaginé L’Archipel du chien comme un roman de mystère, un récit haletant et oppressant, une épopée moderne", explique l’auteur dans une note confiée à son éditeur. Il ajoute avoir voulu renouer avec un romanesque déjà exploré dans Les âmes grises et Le Rapport de Brodeck.

Devant cette macabre découverte, le maire et ses administrés vont se trouver confrontés à un énorme problème : Que faire des corps ? Pour éviter de perturber la quiétude des lieux et entraver les projets immobiliers et touristiques visés par le Maire, un seul choix s’impose, faire disparaître les corps dans le secret. Dans ce microcosme oppressant, on va croiser tour à tour l’Instituteur, la Vieille, le Curé et le Maire (Les habitants n’ont pas de nom, ils n’existent que par leur fonction) pris au piège de leur secret inavouable, harcelés par le personnage énigmatique du Policier. Philippe Claudel nous livre une galerie de portraits pittoresques, voire stéréotypés qui peuvent se révéler monstrueux mus par des enjeux personnels.

C’est à un conte noir et oppressant que Philippe Claudel nous invite et qui prend sa source dans l’actualité. Impossible de ne pas penser aux migrants qui à la fois mobilise la compassion mais symbolise aussi la peur de l’autre et son rejet. C’est avant tout un livre-miroir de nos sombres pensées, un livre qui porte à la réflexion sur la nature humaine et qui ne tombe pas dans le piège d’un moralisme convenu.
Je remercie Philippe Claudel ainsi que les Éditions Stock de m’avoir transmis ce e.book via NetGalley

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Entrer dans un roman de Philippe Claudel, c’est accepter de laisser une place à l’étrange.

Au début de ce roman, la Voix nous parle et va nous raconter ce qu’il s’est passé sur une petite île de l’Archipel du Chien.

Les habitants ont des surnoms pour prénoms, mais sur cette île, tout le monde se connaît.

Puis arrive un Commissaire qui n’en est pas un qui, avec ses yeux neufs, nous décrit les particularités physiques des gens de l’île.

Pendant le temps de sa présence, une étrange odeur de corps en décomposition envahit tout.

Bien évidement, grâce à la Voix, nous savons ce qui s’est passé et pourquoi et devinons l’étrange machination ourdie contre l’Instituteur.

Mais le propos de l’auteur se dessine en filigrane avec l’apparition de 3 hommes noirs morts noyés échoués sur la plage.

Que faire de ces corps ? Et pourquoi sont-ils là ?

Un roman passionnant qui colle à la triste actualité.

L’image que je retiendrai :

Celle du Commissaire qui boit de l’alcool sans jamais trouver l’ivresse.

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« L’archipel du Chien » de Philippe Claudel, paru chez Stock, se lit d’une traite: c’est un roman âpre et glaçant, une fable grinçante et dérangeante qui témoigne d’une vision extrêmement sombre et désabusée d’une humanité égoïste, cynique, lâche, minable. La lecture en est bouleversante, portée par un style à la fois fluide et parfaitement maîtrisé.
Sur une petite île de l’archipel du Chien vit depuis toujours une petite communauté de pêcheurs. Au pied du volcan, le Brau, qui parfois gronde et fait trembler la terre, les habitants mènent une existence paisible, sous l’autorité du Maire, du Curé, de l’Instituteur, et aux bons soins du Docteur. Un jour, on découvre sur la plage les corps de trois hommes noirs, morts, amenés là par le courant. Pas question de troubler l’ordre établi, ou -pire- de nuire au projet immobilier ambitieux dont s’occupent les notables, on décide, vite fait bien fait, de se débarrasser des cadavres et de garder le secret sur cette affaire.
Voici bien longtemps que j’avais pas été saisie par un roman au point de ne plus le lâcher jusqu’à la dernière page. Le scénario comporte de nombreux rebondissements, véritables claques successives dont on sort abasourdi. J’ai été impressionnée par la façon souvent très drôle dont sont campés les personnages, uniquement identifiés par leur fonction ou une caractéristique propre (c’était déjà le cas dans ‘L’enquête’, autre roman de Philippe Claudel) : le Maire, le Docteur, la Vieille, l’Instituteur, le Commissaire (‘comme une fouine qui rongeait de ses crocs sales chaque seconde de vie’), Fourrure (et sa perruque, ‘immonde raccommodage de lambeaux et de peluches’), le Curé (et ses abeilles), le Boueux, la Secrétaire (cette ‘bonite peinturlurée’), etc.
J’ai aimé aussi les descriptions de la nature, du temps, la circulation entre les espaces (la mer, sur terre, et sous terre), le surgissement d’éléments symboliques : un odeur pestilentielle se répand, la pêche au thon se transforme en bain de sang. Il est évident que ce roman est avant tout une fable, il en emprunte les codes: cette île est une image en réduction de notre monde qui révèle ici sa face hideuse (secrets, mensonges, trahisons, compromis douteux), un monde qui ne croit plus en rien, où l’obscurantisme l’emporte sur la connaissance, et qui court à sa perte. Ce récit fait froid dans le dos, sera-t-il pour autant à même d’éveiller quelques consciences ?

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Dans ce roman P Claudel prend pour sujet la tragédie des migrants pour faire un portrait de la nature humaine d'une noirceur totale. Les personnages ont un titre, une fonction ( le Maire, l'Instituteur, le Docteur...) mais n'ont pas de nom, ils sont universels.
Au delà du message que passe l'auteur, ce livre est remarquable par son style. Les phrases courtes, le rythme saccadé confèrent un pouvoir quasi hypnotique au récit. Philippe Claudel nous fait sentir les odeurs de décomposition, entendre le volcan gronder,voir la scène de pêche....
Conte pour adulte, parabole sur l'être humain, en tous cas c'est à lire.

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Dans un îlot volcanique qui ressemble aux Canaries, dans un isolement que subissent bien des îliens, trois jeunes corps noirs sont retrouvés sur la plage. Comme toujours chez Claudel, l’exploration de l’âme humaine nous tire entre empathie et égoïsme, justice et autoritarisme, loyauté et perversité. Une réussite ancrée dans l’actualité, hélas !

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« Le chien regarda sa maîtresse, lança encore un petit cri, puis renifla ce que la mer venait de rejeter : trois corps d’hommes noirs, simplement vêtus de teeshirts et de pantalons de jean, les pieds nus, qui paraissaient dormir, le visage contre la grève. »
C’est par cette scène devenue malheureusement presque banale malgré l’horreur et l’incrédulité qui s’en dégage que débute le nouveau roman de Philippe Claudel.

Nous sommes sur une île qui pourrait être en Méditerranée et nous fait forcément penser à Lempedusa.
Après cette découverte macabre, le maire et ses administrés se trouvent confronté à un grave problème : Que faire des corps ? Les déclarer aux autorités ne va-t-il pas nuire à la tranquilité de l’île ? D’autant plus que le village est en attente de subventions pour la construction de thermes qui devraient attirer de nombreux touristes.

Le principal intérêt de ce superbe roman est à mon sens la réaction de chaque individu face à sa conscience.
Certains peu scrupuleux sont favorables à la dissimulation des corps, d’autres essaient de faire preuve d’humanité.
Nous découvrons le maire qui ne pense qu’à son intérêt, le commissaire qui avoue n’aimer personne à part son métier.
Le curé quant à lui est davantage préoccupé par ses essaims d’abeilles que par le salut des âmes dont il a la charge.

C’est une galerie de salauds ordinaires qui nous oblige à réfléchir à notre propre réaction face aux évènements extraordinaires auxquels la vie nous confronte parfois. Sommes-nous toujours à la hauteur ? Jusqu’où sommes-nous prêt à aller par intérêt, par peur, par lâcheté ? Ou par courage ?

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Une île, la mer, la plage. Et pourtant cette lecture n’a rien d’un voyage paradisiaque. Cette île, se situe dans l’archipel du chien, un archipel inventé par l’auteur. Une île qu’on ne situe pas vraiment, une population de pêcheurs, une population vieillissante, où tout le monde se connait. Le maire est accaparé par un projet d’hôtel thermal qui devrait amener sur leur territoire un peu de fraîcheur, de nouveauté : des touristes, des emplois, de l’argent. Mais voila qu’un jour, 3 corps sont retrouvés échoués sur la plage. 3 corps qui, par leur couleur de peau, semblent étrangers. Peut-être s’agit-il d’immigrés que la mer aura jeté là? La poignée de témoins est vite sommée de se taire, le maire ne veut pas perturber les habitants, et encore moins compromettre son projet d’hôtel thermal.

Une fois les corps mis à l’abri, chacun devra reprendre son quotidien. Mais voilà que l’instituteur de l’île va tenter d’en savoir davantage et va mener l’enquête. Une attitude qui déplaît au maire et qui va user de moyen pas très glorieux pour l’arrêter.

Vous l’aurez compris, rien de très joyeux dans cette histoire. L’écriture de Philippe Claudel amplifie cet effet négatif, en créant une atmosphère malsaine et étouffante. On a l’impression d’étouffer sur cette île, on se demande jusqu’où les habitants vont bien pouvoir aller. Les personnages sont antipathiques, l’auteur ne fait rien pour qu’on s’attache à eux, d’ailleurs pour la plupart on ne sait rien d’eux, ils nous restent flous. On les connait par un surnom ou juste par leur corps de métier (l’instituteur, le curé, le docteur….). On avance dans ce roman à la façon d’une enquête policière bien particulière dont malheureusement on prévoit l’issue. Et pourtant j’ai aimé ce roman, bien loin de ce que je lis d’ordinaire. Philippe Claudel a su encore une fois m’embarquer dans son univers bien particulier. Le thème des migrants est traité ici d’une formidable façon. A la manière d’un mauvais conte, d’une vieille légende, mais est-ce finalement si éloigné de ce qu’on vit réellement?

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Une fable sombre dans la veine du "Rapport de Brodeck" ou de "l'Enquête", sur le thème des migrants en Méditerranée. Une histoire dans laquelle les intérêts particuliers s'opposent à la solidarité. Mais, il faut ensuite vivre avec la culpabilité et la honte. Ces insulaires qui ont choisi de dissimuler un drame terrible et en subissent les répercussions sont notre reflet. Et nous, que ferions-nous ?

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J'ai retrouvé dans ce roman la plume de Philippe Claudel et surtout la noirceur des "âmes grises "ou du "rapport de brodeck" il y a d'ailleurs des similitudes entre ces deux histoires où l'on découvre la lâcheté des hommes et la vie de 2 communautés prêtes à tout pour se préserver. J'ai apprécié l'aspect intemporel du livre, la psychologie fine des personnages, l'habilité de l'intrigue et bien sûr les thèmes abordés (le sort des migrants notamment). C'est très sombre, écrit comme un conte mais malheureusement très actuel. Un livre très prenant !

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Philippe Claudel dans son dernier livre nous revient avec un conte noir pour nous rappeler, remettre à la lumière du jour, une triste vérité, un sujet douloureux toujours actuel, depuis presque deux décennies. Un beau jour sur une île paisible de pêcheurs de l’Archipel du Chien, trois cadavres de jeunes noirs échouent sur la plage. «  C’est une erreur », dira Le Maire de l’île, qui les découvre, voilà pour l’attitude, qui vous donne aussi une idée de ce qui va suivre.
Claudel, confronte divers morales de divers personnages très typés, le Maire, l'Instituteur, le Curé ( avec lequel, il est sans pitié), le Docteur, la Vieille....et le C.....,face à la tragédie et y insère une énigme, reprenant l'argument, "The big Brother is watching you", un caractère d'Orwell, qui malheureusement entre-temps est devenu réalité. Partant d’une tragédie humaine, il développe une farce tout aussi humaine, mais malheureusement bourrée de clichés et peu convaincante.
Philippe Claudel est un auteur que j’aime énormément. Ce dernier livre aussi est bien dans la forme, mais le fond à part les clichés, je l’ai aussi trouvé rafistolé et moralisateur; quand à sa morale de justice divine, elle est peut cohérente avec ce qu’il prêche sur la foi. Ce n'est que mon avis bien sûr. Je le préfère dans la vraie fiction ou dans ses passions et ses vécus. Après une dizaine de livres, c’est ma première petite déception. Mais je recommande quand même sa lecture car "in fine fine" c'est du Claudel et vous pourriez en avoir un tout autre ressenti.

"La plupart des hommes ne soupçonnent pas chez eux la part sombre que pourtant tous possèdent. Ce sont souvent les circonstances qui la révèlent, guerres, famines, catastrophes, révolutions, génocides. Alors quand ils la contemplent pour la première fois, dans le secret de leur conscience, ils en sont horrifiés et ils frissonnent."

Je remercie les éditions Stock et NetGalley pour l’envoie de ce livre.

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