Le Chant du Perroquet

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Publication 13 janv. 2021 | Archivage 13 mars 2021

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Résumé

São Paulo, 2016. Tiago, un jeune journaliste indépendant, fait la connaissance de son voisin, Fabiano, qui habite  le quartier depuis plusieurs décennies, avec un perroquet pour seul compagnon. Au fil de leurs rencontres, le vieil homme raconte son passé à Tiago, l’épopée d’une existence soumise aux aléas de l’Histoire. Le départ de son Nordeste natal pour participer à la construction de Brasília avec ses parents, son travail d’ouvrier dans les usines Volkswagen de São Paulo… et, surtout, il lui parle de la femme de sa vie, qui a disparu à la fin des années 1960, sous la dictature. Avec l’idée d’en faire le sujet de son premier roman, Tiago recueille, fasciné, ce palpitant récit et, son instinct de journaliste reprenant le dessus, il décide d’effectuer des recherches par lui-même. Mais bientôt les pistes 
se brouillent et le doute s’insinue dans son esprit.

Véritable ode à la transmission, à l’amour, à la résistance, Le Chant du perroquet nous offre également, grâce  à ses personnages inoubliables et à son écriture vive  et magnétique, un magnifique et vibrant hommage  à un Brésil immortel, celui d’hier et d’aujourd’hui.

São Paulo, 2016. Tiago, un jeune journaliste indépendant, fait la connaissance de son voisin, Fabiano, qui habite le quartier depuis plusieurs décennies, avec un perroquet pour seul compagnon. Au...


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FORMAT Ebook
ISBN 9782253134725
PRIX 13,99 € (EUR)

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Chroniques partagées sur la page du titre

Certains romans possèdent le merveilleux don de nous faire rêver et voyager, de nous ancrer à l'autre bout du monde, de nous poser au beau milieu d'une histoire, riche et foisonnantes, de vies, perdues dans l'immensité d'un pays et d'un continent, imperceptibles, indécelables, qui manqueraient de retourner dans l'anonymat, si la plume, l'œil, l'imagination d'un auteur ne s'était pas décidé à s'y attarder. Le Chant du Perroquet rentre dans cette catégorie de romans, et quand bien même j'ai beau avoir un attachement particulier à une certaine catégorie de littérature, je ne rechigne jamais à explorer d'autres horizons, le coup de cœur n'est parfois pas là où on l'attend. Et mon coup de cœur est bel et bien là.

Le Brésil est un de ces pays dont je n'ai que quelques images préfabriquées en tête, et j'avoue parfois un peu clichées: la forêt, le christ, les défilés de carnaval, les favelas, les terrains de foot, les longues plages surabondées, la mer d'un bleu profond, et l'infecte Bolsonaro. C'est toujours un plaisir pour moi de m'évader en Amérique Latine, les lectures que j'y ai faites, et je pense à L'Amour aux temps du Choléra, m'ont laissé des impressions littéraires aussi passionnés que colorés. Le roman de Charline Malaval n'y fait pas exception. Les déserts arides, une végétation racornie et desséchées, des cultures de maïs et de haricots noirs totalement fanées, c'est un Brésil dur et passablement aride, tant au niveau de la nourriture que des sentiments, auquel Fernando et Josefa font face: le manque de tout, eau, parents, argent, travail, nourriture, a bâti peu à peu des êtres tout aussi asséchés et indigents.

Ce brésil agreste des années 50 aux espaces démesurément désertiques, lourds et accablants, forme un contraste saisissant avec celui de ce nouveau siècle, profondément citadin, ou la légèreté des liaisons et des sentiments apaise ce sentiment d'oppression née du surpeuplement des villes, de l'intensification agricole et industrielle. Deux jeunesses, celle de Fabiano et de Josefa, face à celle de Tiago et Juliana, opposées en tout, ancrées dans un épisode de l'histoire qui a enterré des milliers d'opposants Brésiliens. Entre la pauvreté qui les accable, puis la dictature qui scelle non seulement le droit à vivre pleinement et dignement, leur droit à s'exprimer ses convictions librement, mais aussi et surtout leur destin.

Le contexte historique transforme ce bout d'histoires, celle du Brésil, celle de Fabiano, de Josefa, et dans un sens celle de Tiago et Juliana, en un récit particulièrement fascinant et passionnant, le genre qui vous tient en haleine jusqu'au bout du bout. Fabiano et Josefa traversent, dans le temps et l'espace, un Brésil impitoyable, aux frontières impalpables, par leur travail, mais aussi par leur passion et leur volonté aussi vive que farouche de vouloir s'élever dans la société afin de se sortir de leur condition. Deux caractères bouillonnants, deux personnalités ardentes qui vont se découvrir et s'imposer peu à peu, s'affirmer avec force, au son de leur voix, dans le monde impitoyable de la manufacture et des cadres de Volkswagen, après le coup d'État militaire de 1964, qui destitua Joao Goulart, président.

L'auteure française de ce beau roman, Charline Malaval, partage avec passion son amour pour ce pays, dont j'ai parcouru avec un empressement délectable les interminables routes aussi désertiques que poussiéreuses qui mènent aux grandes villes, Brasília, São Polo. Comment ne pas être envouté par le charme de ce récit mélodieux, ponctué par les affres d'une histoire, qui est à l'image du rythme de la vie, houleuse, orageuse, fiévreuse. L'auteure a eu le talent de retranscrire le rythme, les battements de ce fil de vie, qui s'assombrit sous les cieux dictatoriaux tout comme le destin des trois jeunes brésiliens. C'est un pays impitoyable partagé entre arrière-pays indomptable, mis à mal par la sécheresse exténuante et écrasante, comme l'est sa population, divisée entre ouvriers agricoles, du bâtiment, les candangos, les mécaniciens qui peinent à gagner de quoi manger et les gros bonnets.

Le récit est adroitement agencé entre deux temporalités: celle, actuelle, de Tiago, qui est à l'écoute du récit de ce Fabiano, qui raconte des histoires oubliées, avalées par la gueule du totalitarisme et de ses sbires. Si l'ensemble du roman est tout bonnement captivant, rien ne vaut la dernière partie du récit, lorsque notre auteure met un bon coup de pied dans la fourmilière, qui donne encore un peu plus d'intensité dramatique et de dimension au roman.

Le chant du perroquet est un coup de cœur inattendu, un récit puissant et mémorable sur les méfaits cette dictature à travers le destin de trois jeunes gens partis de la misère et de la poussière du Nordeste, rythmé par le son de la bossa-nova, sur la folie de ce coup d'état. Un putsch qui a transformé certains individus inoffensifs en tortionnaires pervers et sadiques. qui a assis les petits cadres zélés hostiles à l'amélioration de la condition de vie des ouvriers dans leur toute-puissance sans oublier les escadrons de la mort. Le chant de Chico le perroquet est le révélateur de cette vérité enfouie dans les archives de Volkswagen, que Tiago et Juliana, comme un double de Fernando et Josefa, mettront en lumière face au tout nouveau gouvernement conservateur.

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Après une soirée torride qu'il compte prolonger avec sa nouvelle conquête Juliana, Tiago découvre un soir en rentrant chez lui que Fabiano son vieux voisin de palier a vécu une histoire d'amour hors du commun qu'il souhaite partager. À la fin des années 60, en pleine dictature, la femme de sa vie, qu'il aimait éperdument, s'est volatilisée du jour au lendemain. Journaliste en panne d'inspiration, le jeune homme, voit l'occasion rêver d'écrire un article sur la vie de l'homme de la porte à côté.

Au fil des pages, on découvre l'histoire de ce vieil homme qui vit seul avec son perroquet. Il a quitté son Nordeste natal pour rejoindre avec sa parents une Brasilia en construction dans l'espoir de jours meilleurs. On assiste à sa rencontre avec la belle Josefa, une jeune orpheline qui elle aussi a quitté les provinces du Nord accompagnée d'un vieux musicien. On les voit partir ensemble vers la grande Sao Paulo pour intégrer l'industrie automobile dans l'usine Volkswagen, avant que l'histoire et la dictature ne les rattrapent. Malgré cette ambiance lourde, les notes de bossa s'élèvent

Chaque chapitre est un va et vient entre le Brésil de Fabiano et celui de Tiago, le passé vient éclairer le présent et les atrocités des années de plomb apparaissent au grand jour en même temps . La musique est omniprésente, dans ses références mais aussi dans le style de l'auteure. La mythique coccinelle, fait figure de fil rouge entre les histoires de ces deux hommes. Le plus vieux a passé sa vie à en fabriquer tandis que le plus jeune parade dans les rues de Sao Paolo au volant sa vieille Fusca. Cette histoire d'amour finit donc par rapprocher les deux hommes, jusqu'au twist final, aussi surprenant qu'inattendu.

Un roman dépaysant, instructif et qu'on peine à lâcher une fois qu'on l'a commencé.

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Nous avions adoré Le marin de Casablanca au point de le sélectionner pour notre anthologie littéraire très sélective et c’est avec un immense plaisir anticipé que nous nous sommes plongés dans cette lecture.
Le chant du perroquet est un véritable roman-épopée qui nous fait traverser les tragédies, dictatures, les intrigues du passé et du présent qui s’entremêlent et illuminent l’Histoire des années 50 jusqu’en 2016, tout en nous faisant voyager au Brésil pour notre plus grand bonheur.
Des thématiques diverses telles le grand amour…
« J’ai aimé la plus belle femme du monde. D’un amour inconditionnel que seuls quelques élus peuvent connaître. »
« Rien de mieux que la souffrance amoureuse pour avoir des choses à raconter. Il l’éprouve désormais. Pourtant, il n’a aucune envie de se mettre à écrire, encore moins d’affronter le monde extérieur. »
… l’enfer de la dictature
« Le pire, c’était le silence de certains… Car le vacarme de leurs pensées, je l’entendais vibrer dans l’air. Je savais exactement ce qu’ils étaient en train de se dire, tous autant qu’ils étaient. Les escadrons de la mort… Tiago sait ce que cela signifie. La dictature avait drastiquement réduit la liberté d’expression pour les grandes gueules comme Zé. Les passages à tabac arbitraires, les arrestations, les disparitions et – c’était un secret de polichinelle – le recours à la torture visaient à ce que tout le monde adopte une position sans équivoque en se disant : Si je reste tranquille chez moi, il ne m’arrivera rien... »
… les affres de la page blanche et la difficulté d’écrire de Tiago, qui en 2016, fait la connaissance de Juliana (femme qui ne correspond pas à ses exigences esthétiques habituelles mais dont il tombe amoureux) et, par hasard, alors que rien ne le laissait présager, il découvre un voisin passionnant, Fabiano, qui lui raconte sa propre histoire, sujet parfait de son prochain roman…
… l’extrême pauvreté et la lutte pour s’en sortir, quitte à tout quitter, à déraciner sa famille et vivre une aventure digne des plus grands romans classiques : la construction de Brasilia.
… l’émancipation des femmes.
Tout est réuni pour réjouir le lecteur et lui faire découvrir un pays, un continent fascinant.
Merci Charline !

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Le chant du perroquet est un magnifique livre sur l'histoire contemporaine du Brésil. On suit avec délectationla vie de Fabiano, jeune homme fou amoureux de Josefa et de musique. Charline Malaval nous emmène au sein d'un Brésil en pleine émergence mais qui va aussi connaître la dictature.
Un roman passionnant !!!

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Un magnifique roman avec comme toile de fond le Brésil, la construction de Brasilia et la dictature. Une histoire d'amour aussi belle que tragique et des destins brisés par un régime politique autoritaire. La musique comme remède à tous les mots. Un vrai régal de lecture!!!

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Tiago, Fabiano, Juliana... et tant d'autres m'ont captivée lors de la lecture de ce très beau roman
L'intrigue oscille entre les année 50 à 69 et l'époque actuelle.
Tiago, journaliste qui profite de la vie va apprendre à connaitre un de ses voisins, Fabiano et celui ci va lui raconter sa vie depuis son départ de la région pauvre où il est né au Nord Est du pays, sa vie sur les chantiers de la future Sao paulo, puis les années de dictature à Brasilia dans les usines Volkswagen.

Les chapitres alternent entre présent et passé tout en nouant des liens qui rendent la lecture encore plus addictive jusqu'à la fin inattendue.

Les personnages sont attachants et tellement passionnés que l'ont vit avec eux, j'entendais la bossa nova de Fabio en lisant les mots...

L'auteur n'oublie pas cependant les atrocités commises par l'Etat de droit, l'injustice entre les classes, la discrimination des femmes qui ne représentent rien et peuvent être battues à souhait.

C'est donc un roman plein de vie et d'espoir dans un monde brutal et injuste..

Merci beaucoup pour cette belle découverte

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Un beau roman qui nous transporte au Brésil sur la construction de Brasilia.
Sous prétexte d'un thème pour un roman, un journaliste se retrouve à découvrir et revivre les souvenirs de Fabiano, de sa vie au Brésil et Sao Paolo, et surtout de la recherche de sa femme disparue, suite à la dictature.
C'est un beau roman, vivant, palpitant, qui résonne brésilien, mais également une belle ode à l'amour.
Le tout avec une belle couverture, qui nous met dans l'ambiance brésilienne:!

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Besoin de changer d’horizon

Parce qu’avec toutes ces restrictions, ce n’est pas demain la veille qu’on pourra traverser l’Atlantique, moi j’ai trouvé l’alternative idéale.

São Paulo, 2016 : Tiago, jeune journaliste indépendant plutôt volage, voit sa vie prendre un tournant inattendu quand, au cours d’une même soirée, il fait la rencontre de Juliana, jeune femme aussi jolie que sensuelle, et de Fabiano, son voisin, vieil homme solitaire ayant pour seul compagnon un perroquet gueulard.
Très vite, Tiago comprend qu’il tient probablement deux scoops : il est finalement capable de tomber amoureux et l’histoire captivante que commence à lui conter son voisin constitue le terreau parfait pour son prochain projet professionnel.

Ce roman nous emmène dans le Brésil des années 60/70, retraçant la vie de Fabiano, de son Nordeste natal aux usines Volkswagen de São Paulo, entre pauvreté, dictature et bossa nova. Mais son originalité tient dans sa construction, entre passé et présent, à la manière d’une enquête, tentant de démêler les souvenirs de Fabiano à la recherche de la femme qui a fait battre son cœur tout au long de sa vie, bien au delà de sa disparition mystérieuse 40 ans plus tôt.

J’ai passé un excellent moment de lecture grâce à ce roman. Il m’a apporté dépaysement et permis de découvrir un pan de l’histoire brésilienne que je ne connaissais pas. Mais surtout, j’y ai trouvé ce que j’apprécie le plus dans un livre : émotions et surprise !

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Le roman se déroule en deux temps : en 2016, avec Tiago, journaliste, qui recueille les confidences d'un vieux monsieur , Fabiano. Et les années 60, avec l'histoire de ce même Fabiano, amoureux de la belle Josefa.
Tiago pensant détenir un scoop sur l'histoire trouble des usines Volkswagen, va écouter les histoires de Fabiano.
Très vite, il se laisse surprendre par l'histoire d'amour de ce dernier et tente d'en savoir davantage pour comprendre la mystérieuse disparition de la jeune femme.
Au cœur de la construction de Brasilia, au milieu des complots et de la dictature, l'histoire de Fabiano, Josefa et Zé, leur meilleur ami, est tout à fait passionnante.
On admire ces personnages désireux de se sortir de leur condition sociale, on frissonne quand ils sont aux prises avec le danger, ... Et la description de l'amour passionnel de Fabiano pour Josefa est tellement bien décrit, tellement beau.
J'ai vraiment adoré ce roman qui fonctionne comme un page-turner. Il y a des émotions, des effets de surprise et une fin incroyable. Tout cela sur des rythmes endiablés de bossa.
Un véritable coup de coeur.
Merci Netgalley et les éditions Préludes pour cette lecture.

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fresque brésilienne haute en couleur, ce roman allie la force de l'intrigue et la richesse des personnages. le volet historique sur le développement du Brésil est très bien mené et amené, les rebondissements sont justes, un très bon moment de lecture !

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Tiago, jeune journaliste brésilien, découvre grâce au récit de son voisin Fabiano, les heures à la fois glorieuses (construction de la capitale Brasília au milieu de nulle part) et sombres (dictature et escadrons de la mort) de l'histoire récente de son pays.
L'auteure entretient l'intérêt du lecteur en alternant le récit de la vie de Fabiano, récit dont on comprendra plus tard la source, et les pages à l'époque actuelle, mêlant la vie de Tiago et de la troublante Juliana aux histoires racontées par ce voisin, un peu étrange.
Je me suis aperçue que je connaissais peu l'histoire de ce pays, occultée dans mon esprit par celles plus abondamment commentées et romancées d'autres pays de l'Amérique latine (Argentine ou Chili par exemple). J'ai appris beaucoup de choses dans ce roman, mais l'aspect historique n'est pas le seul qui m'a plu. J'ai aimé comment l'auteure à travers cette histoire introduit peu à peu des éléments troublants et nous entraîne dans l'enquête menée par Tiago. Les personnages du roman à une exception notable sont attachants, et découvrir leur histoire m'a touchée. Et la musique, le chant et la danse omniprésents contribuent à créer une atmosphère dépaysante.
Merci aux éditions Préludes pour ce voyage #LeChantduperroquet #NetGalleyFrance

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Sous prétexte d'un chant d'amour, on découvre l'histoire de ce beau pays qu'est le Brésil. Sous prétexte d'un chant de perroquet, on découvre une musique de révolution. Sous prétexte d'un chant d'amour, on découvre un champ de batailles. Sous prétexte d'un chant de perroquet, on découvre une jalousie et une vengeance animales. le scénario est excellent, allant de surprises en révélations. Et, en plus, on s'instruit.

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Tiago est journaliste, et pense devenir écrivain donc cherche un bon sujet. Un jour, alors qu’il se rend au travail sa vieille Fusca, l’équivalent brésilien de la coccinelle, la voiture ne veut plus démarrer et c’est un homme âgé, son voisin, Fabiano qui réussit à la remettre en marche. C’est ainsi qu’ils font un peu connaissance, car ils se contentaient de se croiser.

Un soir où un peu éméché Tiago ramène sa nouvelle conquête Juliana (le plus beau cul du monde dit-il avec beaucoup d’élégance) ils entendent des hurlements : « Laisse-moi partir, laiiiiiiiiiiiiisse moi partir…), ils foncent chez Fabiano et … C’est Chico, le perroquet, qui hurle et menace son propriétaire…

Peu à peu, Fabiano va leur raconter sa terrible histoire, en dépit des bâillements de Juliana, Tiago sent qu’il tient enfin un scoop.

On repart ainsi en 1956, sur les traces de Fabiano, dont l’enfance a été difficile entre un père alcoolique, une mère battue, qui un jour fait ses valises. Josefa a elle-aussi quitté cet endroit sous la protection de Lucio, accompagné de sa guitare magique.

Ils avaient quitté le Nordeste car la sécheresse avait anéanti les récoltes, pour aller construire la ville idéale du régime : Brasilia, dans un coin perdu du Brésil, née de la folie des grandeurs du président de l’époque et des esquisses de Niemeyer. Un paradis sur terre, mais qui sera probablement pour les riches, personne n’ayant les moyens de se payer un appartement. Fabiano fait la connaissance de Josefa qui va devenir l’amour de sa vie, ils sont à peine ados quand ils se rencontrent.

Il y a des pervers qui tournent autour d’elle, notamment deux hommes qui travaillent avec le père de Fabiano, compagnons de beuverie qui le poussent à la violence. Pour les fuir, ils vont quitter le chantier grâce à une opportunité : lors de la visite du Président, Fabiano ose prendre la parole, et ce dernier lui propose une embauche à l’usine Volkswagen de Sao Paulo. Il réussit à emmener Josefa avec lui pour l’éloigner des pervers et commencer une nouvelle vie.

Comme l’embauche vient du président, Fabiano va être très mal accueilli par le contremaître qui va lui pourrir la vie, mais grâce à Zé son binôme pour faire les pièces, il va s’accrocher. Il est amoureux de Josefa, mais celle-ci se méfie des hommes et veut être indépendante. Pour tenter de la conquérir, il va apprendre à jouer de la guitare et à chanter.

Un jour, Pedro le fils du chef de la publicité de VW aperçoit Josefa et réussit à convaincre son père qu’elle doit être l’égérie de la marque, de la Fusca surtout.

Voilà nous connaissons tous les protagonistes, car leurs destins vont s’entremêler, alors que le coup d’état se profile, libérant les instincts sadiques et collabos des uns, et la résistance des autres. Maintenant que le décor (la trame de l’histoire plutôt) est planté, je vous laisse découvrir la suite. Et, l’auteure nous réserve des surprises…

J’ai choisi ce roman car, si j’aime beaucoup la musique, la culture du Brésil je connais assez mal son histoire, à part les dictatures et l’hécatombe qu’a déclenché le coup d’état de 1964. A l’ère Bolsonaro, c’était le moment ou jamais de m’y plonger pour tenter de comprendre pourquoi, un peuple qui a autant souffert, avec un nombre de morts effarant, où la torture était très inventive avec notamment le Pau-de-arara « le perchoir du perroquet » où les prisonniers étaient suspendus par les genoux et les poignets à une barre horizontale, la tête en bas, avec un psychiatre, le Doutor Sumiu et sa gueule d’ange, qui a l’art de mettre les gens en confiance lors des entretiens pour mieux les briser, et qui semble être une réincarnation de Mengele. L’hôpital psychiatrique de Barbacena est resté tristement célèbre.

L’auteure dénonce au passage la complicité de Volkswagen avec la dictature, sa chasse aux syndicats, ses délateurs zélés et leurs archives auxquelles il n’est pas évident d’accéder :

L’entreprise est déjà depuis trop longtemps dans le collimateur, avec ses dirigeants nazis, bien connus pour leur très grand sens de l’organisation et de l’ordre…

Tout au long du roman, ce style de roman gigogne que j’aime beaucoup où on alterne le présent et le passé pour rendre ce dernier plus supportable, la musique est omniprésente, la musique traditionnelle, la samba, puis la bossa nova, cette musique qui fait toujours autant vibrer, et me met des papillons dans le ventre (eh oui !). En annexe, l’auteure nous propose une liste de chansons : « du Brésil de Fabiano et Josefa au Brésil de Tiago et Juliana » avec quelques pépites.

Charline Malaval a truffé son roman d’expressions portugaises que j’ai retrouvées avec plaisir, étant lusophone, lusophile, donc ce livre avait tout pour me plaire d’où le coup de cœur…

Maintenant, il ne me reste plus qu’à lire les auteurs brésiliens de l’époque et ceux qui ont évoqué la dictature …

J’ai beaucoup apprécié l’écriture et les talents de conteuse de Charline Malaval que j’ai découverts avec « Le marin de Casablanca ». J’ai mis beaucoup de temps à rédiger ma chronique car j’avais samba et bossa nova dans la tête et pas du tout envie de refermer le livre…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Préludes qui m’ont permis de découvrir ce nouveau livre de Charline Malaval dont j’apprécie beaucoup la plume.

#LeChantduperroquet #NetGalleyFrance

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