Il est déjà demain

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Publication 5 sept. 2018 | Archivage 12 oct. 2018
J.C. Lattès, JC Lattès

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Résumé

Huit ans après l’indépendance du Congo, le gouvernement demande à ses cadres de justifier leur filiation, de prouver qu’ils sont bien congolais. Henri Lopes a trente ans. C’est une déflagration. Il n’a jamais oublié cette blessure et l’indignation ressenties. Comment prouver ce que l’on est  ? Quelles identités multiples et changeantes composent notre être  ? Henri Lopes plonge dans l’histoire de ses parents. Ils étaient tous les deux métis, nés d’une mère «  indigène  » et d’un colon, «  nègres de préférence  » un jour, «  blancs de préférence  » un autre. Henri Lopes a hérité de leurs histoires. Il a grandi au bord du fleuve Congo et du fleuve Oubangui avant de découvrir la Loire puis la Seine. Il est rentré au Congo, est reparti, a voyagé, écrit, s’est engagé. Toute sa vie a été placée sous le signe de l’errance et du métissage.
Ce récit superbe, bouleversant, nous livre aussi le portrait d’un continent qui n’est dans aucun guide  : une Afrique intérieure.

Huit ans après l’indépendance du Congo, le gouvernement demande à ses cadres de justifier leur filiation, de prouver qu’ils sont bien congolais. Henri Lopes a trente ans. C’est une déflagration. Il...


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FORMAT Ebook
ISBN 9782709660174
PRIX 15,99 € (EUR)

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Chroniques partagées sur la page du titre

"Il est déjà demain" est le récit autobiographique d’Henri Lopes, ancien Premier ministre du Congo-Brazzaville de 1973 à 1975. Né de l’autre côté du fleuve Congo, à Kinshasa, de parents métis, ce petit garçon "café au lait" a grandi à Brazzaville puis étudié en France où il fréquente la Sorbonne. C’est là qu’il découvre le concept de négritude et qu’il milite dans les mouvements de libération nationale d’influence marxiste. Pour lui : « La France nous a colonisés, mais c’est en France que nous nous sommes décolonisés. » C’est aussi à Paris qu’il rencontre sa femme Nirva, une jeune géographe guadeloupéenne qui le suit lors de son retour en Afrique au milieu des années 1960. De 1969 à 1980, il occupe diverses fonctions gouvernementales au Congo-Brazzaville : à l’éducation nationale, aux affaires étrangères, puis comme Premier ministre et enfin ministre des finances. Ces responsabilités lui sont d’ailleurs confiées sans qu’il soit vraiment consulté : « [J]’eus la surprise d’apprendre à la radio que j’étais membre du gouvernement, chargé des Finances. L’ambiance générale, pesante, ne se prêtait pas à désavouer les autorités en place. » À partir des années 1980, il quitte la politique nationale pour retourner à Paris, comme haut fonctionnaire à l’UNESCO puis comme Ambassadeur de la République du Congo en France. C’est ce parcours mouvementé aux premières loges de l’histoire politique que Lopes partage dans ces mémoires. "Il est déjà demain" contient en effet une mine d’information sur les premières années de l’indépendance des pays africains. L’auteur y relate par exemple les débats internes entre pays nouvellement indépendants sur le type de communisme à mettre en place, ou encore sur le type de relations à maintenir avec l’ancienne puissance coloniale. En République du Congo, Lopes a vécu plusieurs changements de régime, et notamment la révolution des "Trois Glorieuses" de 1963, dont il a fait un hymne national en 1970. Écrivain amoureux des lettres, Lopes évoque aussi fréquemment les grands personnages politiques que les écrivains qu’il a côtoyés. Un monde très masculin où quelques femmes se distinguent malgré tout de temps à autres. Si Lopes le diplomate se montre prudent dans sa critique des grandes figures de son temps, c’est que, selon ses propres termes, il préfère la pudeur : « [C]ertaines vérités détruisent et tuent. Inutilement. » Toutefois, au-delà du témoignage de l’écrivain et de l’homme d’État, les passages les plus intéressants et les plus touchants de ces mémoires sont, comme souvent, le récit des années de jeunesse. Métis, Lopes a sa vie durant dû justifier de ses origines et de la couleur de sa peau. Pas assez noir aux yeux de certains, trop blanc pour d’autres… Dans "Il est déjà demain", il nous rappelle que beaucoup d’enfants métis, abandonnés par leur père blanc, ont été placés de force dans des orphelinats plutôt que d’être élevés par leur mère noire. Un destin singulier qui créé une certaine solidarité entre métis : « Le métis est un être ballotté entre plusieurs familles, qui appartient à trois tribus : celle de sa mère, celle de son père, celle des métis. » Toute sa vie, Henri Lopes a voyagé et rencontré des personnes d’origines différentes dont il est devenu très proche. Ce sont ces échanges qui ont fait de lui quelqu’un de si adaptable et qui lui ont permis d’avoir une carrière internationale si prestigieuse. Ses mémoires, en plus d’être très informatives pour le lecteur, sont aussi et peut-être avant tout une célébration des bienfaits du métissage et de la diversité. J’ai aimé… • le ton de la conversation utilisé par l’auteur, ainsi que la façon dont il donne sa vision personnelle des évènements historiques dont il a été témoin ; • le côté très informatif du récit. J’ai appris beaucoup de choses que j’ignorais sur l’histoire de la décolonisation, avec des débats intéressants sur le rôle du parti dans l’État, la langue à utiliser dans l’enseignement, ou encore la gestion des ressources naturelles ; • la célébration du métissage et de la diversité. J’aurais aimé… • que l’auteur développe un peu plus l’impact de la vie politique sur sa vie privée. Lopes inclue de temps à autres dans son récit des considérations personnelles, sur sa vie de famille et sur sa relation avec sa femme Nirva. Mais ces allusions sont irrégulières et restent assez vagues. Sans aller jusqu’à révéler des détails personnels sur ses proches, l’auteur aurait pu faire état de ses réflexions, de sa fierté ou de ses regrets concernant la façon dont ses responsabilités politiques ont affecté son rôle de père et d’époux ; • quelques mots d’explication sur la guerre civile de 1997 et sur le rôle joué par la compagnie pétrolière française Elf dans le conflit ; • une quatrième de couverture plus représentative du contenu du livre. Le résumé de l’éditeur ne mentionne pas les responsabilités exercées par Henri Lopes et donne l’impression que le livre s’intéresse principalement aux origines de ses parents. Passés les premiers chapitres, le sujet est tout autre et j’ai personnellement été surprise de réaliser que j’étais en train de lire l’autobiographie d’un homme politique.

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C’est alors que le gouvernement congolais (pour lequel l’auteur travaille à l’époque) souhaite donner la priorité aux enfants du pays, ce dernier demande à l’auteur de prouver sa filiation et ses racines congolaises. Pour Henri Lopes l’affaire n’a rien de simple, car métis, porteur d’un nom à consonance portugaise a des ascendances multiples, et contre toute attente, est né au Congo, mais l’autre Congo, celui de l’autre côté du fleuve. Ce livre est le rassemblement des souvenirs de ‘auteur, de tout ce qui l’a forgé, bâti. De ses origines multiples, il a su tirer le meilleur et l’apporter au service des français comme enseignant, des congolais comme responsable de l’enseignement de son pays indépendant depuis peu, et de la communauté internationale à l’Unesco. Il est déjà demain, est donc le reflet d’une vie incroyablement riche, de ses combats engagés pour l’indépendance et la construction d’un pays. C’est aussi, et surtout une réflexion constante de ce que représente le métissage pour l’auteur, de ce que cela lui a apporté, et ce que cela lui a demandé de lutte et d’obstination pour être respecté et reconnu. Ce livre est également le reflet d’une époque : la décolonisation de l’Afrique, la construction. Il montre les errements, les doutes et les espoirs d’un continent ; la richesse et les potentiels de sa population. J’ai beaucoup apprécié cette lecture pour ce qu’il apporte d’éclairage sur cette époque, pour le témoignage précis et objectif (me semble-t-il). Henri Lopes manie une langue riche dans un style un tantinet désuet qui donne à l’ensemble un petit côté rétro bien agréable. Une bien belle découverte ! .Je remercie les éditions Lattès et Netgalley pour l’opportunité de lecture.

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Ce récit est un voyage socio culturel et politique. Magnifique, une rencontre littéraire d'un homme fier de ses racines. Diplomate, enseignant...un parcours, une vie faite d'ambitions. Riche en histoire: des colonies françaises et belges en Afrique à aujourd'hui .J'ai adoré ce moment de lecture

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Henri Lopes revient non seulement sur son enfance, mais aussi sur sa généalogie. A travers son histoire et celle des siens, on visite ainsi une tranche de l'histoire de l'Afrique, et de la colonisation belge. Je connais bien mieux la colonisation française. Ce petit pas de côté vers nos voisins (en liaison avec le rôle de la France) permet de mieux comprendre comment l'Afrique est amenée à fonctionner aujourd'hui

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"Il est déjà demain", signé Henri LOPES aux éditions J-C Lattès, est un témoignage habité par l'urgence. Curieusement, alors que ce récit se plonge inlassablement dans le passé, y cherche et trouve ses racines, c'est le futur, l'à-venir de l'Afrique intérieure qui importe à son auteur. Henri LOPES, une des plus célèbres plumes de la littérature africaine, écrit pour mémoire. Il écrit pour que le nécessaire coup d'oeil à jeter dans le rétroviseur de l'Histoire éclaire la route que l'Afrique ne peut regarder qu'à travers un large pare-brise de compréhension qui, seul, permettra à ces peuples d'aller résolument de l'avant. Et si le rétroviseur est toujours plus petit que le pare-brise, il reste de première nécessité dans l'équipement sécuritaire de tout voyageur ! le récit d'Henri LOPES se veut donc au service de cette autonomie à mettre en place. Permettre à un peuple d'assumer la conduite de la nation, même s'il n'a pas été correctement préparé à ce faire. L'Histoire est en marche. Elle ne peut s'arrêter. Il y a donc urgence à réaliser ce travail de mémoire du peuple pour lui permettre de savoir d'où il vient, où et comment il va ! Henri LOPES nous trace cette Histoire d'un peuple qui se cherche, erre en quête d'un substrat politico-philosophique, avance en funambule entre les communismes de l'Est, de Cuba, de l'Afrique balbutiante, toujours hanté et habité des moules coloniaux qui l'ont formé, déformé, nié, brisé, exploité puis reconnu, parfois de pure forme, sans plus. Henri LOPES le sait et le fait ressentir au travers de son écriture, le nécessaire travail de décolonisation se perd, se gagne aussi parfois, avec ceux qui ont lutté contre le régime tout en ayant été formés par lui. La volonté du peuple de suivre un parcours scolaire en langue française, celle des coloniaux est assez significative à ce propos. le pouvoir était au 'français', la formation du peuple, en quête d'identité culturelle mais aussi de puissance et de liberté, doit se faire en français ! Malgré un afflux important d'informations qui, toutes, ne parlent pas au belge que je suis (plus habitué à l'histoire de 'l'autre Congo'), si on accepte, aisément, de sentir, retenir, l'ambiance, le climat, les traits marquants qui 'portraitisent' l'Histoire, "Il est déjà demain" est un livre touchant. Il interroge l'africain, d'hier et d'aujourd'hui. Mais aussi tous ceux qui descendent des nations colonisatrices. On ne peut nier le passé, encore moins le transformer. Mais il y a urgence à l'écrire pour le comprendre, lui donner, enfin, un avenir digne d'humanité ! Henri LOPES participe à ce travail de mémoire. A lire, découvrir, réfléchir sans modération ! Merci à NetGalley et aux Editions J-C Lattès de m'avoir permis de découvrir cette tranche d'histoire de l'Afrique intérieure!

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Le nouveau livre d'Henri Lopes est très audacieux. C'est un testament autobiographique...On y apprend, par exemple, que Lopes vient de Lopessa, le patronyme de sa grand - mère paternelle. C'est un livre d'histoire aussi. Il rappelle l'époque coloniale où l'univers francophone d'Afrique était un. C'est un livre sur l'identité aussi. Il explique comment depuis sa jeunesse la couleur de sa peau est apparue comme un réel problème dans certains cas, notamment après l'indépendance, lorsqu'il était question de renvoyer les étrangers chez eux... En réponse aux autorités, il s'inspira de la réponse d'Einstein aux nazis: "Mes origines ? Les mêmes que les vôtres messieurs: le singe". Cette réponse mal accueillie, Lopes fut convoqué par le Président de la République... C'était en 1968. Toute une époque... Métis né de deux métis, Lopes n'est ni Blanc, ni Noir. Avec toute l'innocence l'auteur rédige comment il lui a fallu intégrer la famille de son beau-père. Au fil du temps, il se rend compte que malgré les honneurs et les postes qu'il occupe, toute sa vie est entre l'errance intérieure et le métissage réel. À partir de l'exemple des soeurs de Javouhey qui accueillaient les enfants nés de colonisateurs, Lopes effleure quelque peu le rôle de la Religion dans les colonies. Sur le plan de la narration, la plume de Lopes est une plume pure. J'ai lu son recueil de nouvelles, "Tribaliques", et dans "Il est déjà demain", je retrouve cette plume, alerte, innocente et touchante. "Il est déjà demain", comme titre, est une manière de dire, avec beaucoup de regrets, à la jeunesse africaine et congolaise que "pour nous le temps passe déjà ou est déjà passé. Mais, vous, saisissez le temps et essayez de faire mieux que nous car demain n'est jamais trop loin". À suivre aussi parmi les livres de cette rentrée littéraire...

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