Jesse le héros

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Date de parution 15 mars 2018 | Archivage 5 avr. 2018

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Résumé

1968, Hollinsford, New Hampshire. Élevé par son père, Jesse a toujours été un outsider au comportement inquiétant, rejeté par les autres enfants du village. Avec l’adolescence, les choses ne s’arrangent pas. On l’accuse aujourd’hui d’avoir violé une jeune fille, on le menace d’un placement en institution spécialisée. Mais tout ce qui préoccupe Jesse, ce sont les images du Vietnam, qu’il suit obsessionnellement à la télévision, celles de cette guerre où est parti son frère Jeff, qu’il idolâtre. Lorsque celui-ci, démobilisé, revient au pays, rien ne se passe comme Jesse l’espérait. Et c’est pour notre héros le début d’une escalade meurtrière à la noirceur extrême.
 
Entre le Holden Caulfield de L’Attrape-cœur et le Patrick Bateman d’American Psycho, Jesse est difficile à situer. Est-il la victime d’un handicap mental, d’un contexte familial perturbé, d’une société où fleurissent les images violentes, ou bien un tueur en série sans empathie, capable d’éliminer ses contemporains aussi facilement que ces rats sur lesquels il aime tirer ? Lawrence Millman nous abandonne entre ces hypothèses perturbantes, jusqu’aux dernières pages du livre et leur étonnante conclusion.
 
Un chef-d’œuvre du noir enfin extirpé de l’oubli.

1968, Hollinsford, New Hampshire. Élevé par son père, Jesse a toujours été un outsider au comportement inquiétant, rejeté par les autres enfants du village. Avec l’adolescence, les choses ne...


Formats disponibles

FORMAT GF cartonné
ISBN 9782355846700
PRIX 19,00 € (EUR)

Chroniques partagées sur la page du titre

Jesse habite avec son père à Hollinsford. Celui ci vieillit, travaille dur pour subvenir au quotidien. Jeff, le fils ainé de la famille est actuellement au Viêtnam enlisé dans un conflit meurtrier. Jesse est heureux, il va revoir son frère, son meilleur ami et ils pourront jouer ensemble et Jeff pourra lui parler des "viets" qu'il a tué. Pris d'une pulsion, il agressera une petite fille. Lors d'une visite, le révérend informera le père de Jesse qu'il serait préférable de le placer dans un institut où ses problèmes seront bien compris et pris en charge.
Pour l'instant, il refuse attendant le retour du fils ainé, celui qui, il l'espère, aura une solution. Mais le retour en permission ne se fera pas sous les meilleurs hospices : Jeff sera informé des agissements de Jesse et s'emportera. Les jours suivant seront ponctués par les recherches d'un des amis proches qui a disparu. Jesse lui ne veut qu'une chose : la guerre, voir toutes ces images qui le fascinent à l'écran, vivre la guerre avec son frère, connaître tous les détails. Son obsession le conduira à des agissements qui ne feront qu'alimenter son imaginaire. Quant au placement en institution...

Cette lecture est fascinante. L'écriture est fascinante. Je n'ai pourtant pas du tout accroché au style, trop vulgaire pour moi. Et pourtant, il y a quelque chose d'hypnotique à suivre les agissements de Jesse dans cette histoire. La vulgarité est bien plus présente dans les dialogues, mais le style d'écriture est particuliers, vif, direct, un langage parfois parlé et simple renvoyant directement au handicap du jeune garçon. Lorsque je dis que je n'ai pas adhéré au style, c'est qu'il m'a gêné à de nombreuses reprises, par les scènes crues qu'il décrivait. Je ne parle pas uniquement des scènes d'agression ou de meurtres ; le quotidien avec Jesse est difficile, la vie avec Jesse est difficile, les fantasmes et obsessions de Jesse sont difficiles, pour lui-même, car il ne se rend pas compte de ce qu'il dit ou fait, pour ses proches qui vivent avec lui.

L'élément principal de ce livre est le handicap du jeune Jesse. C'est un peu le fil conducteur du récit. Il faut se rendre compte qu'à cette époque, les hôpitaux psychiatriques n'avaient rien de ressemblant avec la prise en charge actuelle. Les traitements ne sont pas les mêmes. J'avais déjà évoqué le livre de Raymond Castells "Hôpital psychiatrique" qui mettaient aussi en exergue les conditions de prise en charge des patients atteintes de troubles psychiatriques. Quelques années séparent ces deux histoires, et pourtant... L'institut proposé sonne comme une prison aux oreilles de Jesse.

L'atmosphère du livre est tout en nuances de gris : chaque événement évoque la personnalité de Jesse. Le lecteur n'est pas emmené par la main pour découvrir son histoire : il plonge dedans aidé par la plume de l'auteur. Il y a beaucoup de violence dans ce livre, mais aussi beaucoup de tristesse, le père se sent souvent désemparé par le comportement de son fils.
La guerre du Viêtnam est un fil conducteur tout aussi important du livre et le titre du livre est amené par toute l'imagination obsessionnelle et malsaine de Jesse. Cette litanie est dérangeante, les propos de Jesse le sont tout autant. J'ai apprécié le comportement de Jeff, même si ce n'est pas le personnage sur lequel l'auteur s'attarde le plus : on se rend compte des séquelles que laisse la guerre aux paroles qu'il prononce en voulant répondre à Jesse sur ce qu'il a fait là-bas.

La seconde moitié du livre, je ne souhaite pas trop l'aborder, car se serait en dévoiler beaucoup de l'histoire. Le chemin que le personnage cherche pour aller au Viêtnam sera jonché de corps, d'agressions, d'une personnalité limite et obsessionnelle. C'est la partie que j'ai préférée : on rentre davantage dans la psychologie de Jesse. On a appris à le connaître dans la première moitié et sur la seconde, on l'accompagne dans ses agissements. Ce qui est fascinant dans cette seconde partie, c'est la forme qu'a pris son obsession.
À la fin, j'ai eu l'impression que Lawrence Millman laissait en suspension une seule question : et vous, qu'auriez vous choisit de faire ?

En bref :
Malgré un style avec lequel je n'ai pas eu d'affinité, le comportement de Jesse a été à la fois effrayant et fascinant à observer. Une réflexion sur la prise en charge des personnes en situation de handicap à cette époque. Un chef d'œuvre du noir sans aucun doute !

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Ce livre, sorti aux Etats-Unis en 1982, vient seulement de paraître en France. Il se déroule en 1968, à Hollinsford dans le New Hampshire.

C’est un roman qui provoque plusieurs sentiments chez le lecteur. La surprise, le dégoût, une forme d’empathie malgré tout, une espèce de fascination que certains qualifieraient de morbide ... C’est l’histoire de deux frères élevés par leur père. On ne sait rien de la mère si ce n’est qu’elle ne vit plus avec eux. Jeff, le grand, est parti faire la guerre au Viet Nam et Jesse, le petit, est fasciné par les images qu’il découvre de ce conflit dans la télévision familiale. Il est persuadé qu’un jour, il apercevra son frangin dans le petit écran…Il n’attend que ça, scotché devant l’écran. Le père, qui n’arrive pas à gérer le petit, attend, lui, le retour du grand…. Mais Jeff lorsqu’il reviendra, sera-t-il le héros que tout le monde espère, pourra-t-il aider son paternel face aux nombreux problèmes que posent Jesse ?
Dès les premières pages, le malaise s’installe, le plus jeune des deux est bizarre. Il est évident que certaines de ses réactions ne sont pas dans la norme mais les voisins bienveillants ont passé l’éponge. Jusqu’à quand ? On sent bien dans sa façon de raisonner, de communiquer, d’agir qu’il n’a pas un comportement adapté à la vie avec les autres pourquoi ? Est-il déficient mental, pervers, mal influencé ? A-t-il un problème psychique de personnalité ?

Comment a-t-il pu se construire sa propre identité avec un prénom si proche de celui de son frangin ? N’a-t-il pas l’impression qu’il doit toujours prouver quelque chose à ce dernier pour être « grand » lui aussi ? Pour abolir cette distance, due à l’âge, qui fait que lui, n’est pas parti à la guerre et ne pourra pas revenir en héros ? Pour être lui aussi un héros ? Est-ce que l’absence d’une figure maternelle et ce vase clos entre hommes a mis à mal la personnalité de Jesse et entraîné « des désordres » ? On pourrait croire que je prends « sa défense », que je lui cherche des excuses…. Pas du tout, j’essaie de comprendre pourquoi il est comme ça…. D’ailleurs, je n’ai pas à m’en occuper, son père est là, qui le protège …. Et on se demande pourquoi … Est-ce par amour ? Pour ne pas être dérangé ? Parce qu’il est en plein déni ? Parce qu’il a déjà trop souffert et qu’il essaie de s’accommoder de ce fils atypique ?

Ce livre est assez court mais il est lourd de sens par son ambiance, son atmosphère, ses personnages et son écriture (merci à Claro qui a traduit). Tout est en style indirect, donc pas de dialogues « vivants », enflammés …. Il y a peu de femmes et la légèreté n’est pas de mise. Les faits sont graves, poisseux, et ne laissent aucune place à l’espérance. C’est noir, très noir et écrit de l’intérieur car nous avons les points de vue de Jesse ….Tout cela nous colle à la peau, nous envahit …. Et nous fait découvrir une Amérique où les gens semblent bien démunis pour éduquer leur enfant « différent » …..

Je n’avais jamais entendu parler de cet auteur et je ne sais rien de ses autres titres. Celui-ci est fort d’un style particulier qui le démarque et qui ne laisse pas indifférent. Le contenu est sombre, angoissant ce qui prouve que Lawrence Millman a du talent puisqu’on ressent tout ça.

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Jesse le héros est un roman paru en 1982 aux Etats-Unis mais qui vient seulement d’être édité en France par les éditions Sonatine. Dans ce livre, Lawrence Millman nous fait le portrait d’une société américaine en pleine guerre du Vietnam, celle qui vit dans les quartiers défavorisés et pour laquelle la vie est difficile entre l'alcool, la violence, les rats...

Jesse le héros, c’est l’histoire d’un adolescent dont on comprend vite qu’il n’est pas comme les autres et qu’il est sûrement handicapé mental. Il vit avec son père qui le protège mais ne peut être derrière lui à chaque instant, ni l’enfermer dans un cocon.

Allons, George. Je sais ce que vous ressentez. Ce n’est pas facile pour vous. Ca ne le serait pas plus pour moi si c’était mon fils. Mais les faits sont là. Ce garçon n’est pas un ado ordinaire. On a essayé de le traiter comme si c’était le cas…

Mais surtout, Jesse vit dans son monde dans lequel il est le héros.

Le héros Jesse était un soldat, pas un môme.

Dans le monde de Jesse c’est lui qui est héros de guerre comme son grand frère, combattant de la guerre du Vietnam et qu’il idéalise. Il voue une véritable obsession, presque un culte, pour cette guerre dont il voit les images à la télé. Il attend que son frère rentre enfin et lui raconte ses exploits , et dans sa tête il imagine qu’il est lui aussi acteur de ce conflit, qu’il tue de nombreux « jaunes »… Mais le problème c’est que Jesse ne sait pas ce qui est bien ou ce qui est mal. Jesse ne vit ni dans un monde d’enfant ni dans un monde d’adulte ou d’adolescent, il vit dans sa propre réalité, déformée… Une réalité où ce qui compte est de tuer "du viet" et rien d’autre. Pourquoi ? Jesse finalement n’en sait trop rien, mais peu importe… Il agit par pulsion. Il confond la violence et les sentiments. Il ne ressent aucune empathie face à la mort et à la souffrance des autres, la réalité se mélange à ses rêves et ses délires. Et c’est glaçant, le comportement et les actes de Jesse font froid dans le dos.

Si tu te comportes comme il faut, t’auras pas besoin d’aller là-bas. Et Jesse se demanda ce qu’il fallait faire pour se comporter comme il faut. Il trouvait toujours qu’il se comportait bien.

Lawrence Millman nous présente les choses du point de vue de Jesse. Durant tout le récit, on est dans la tête de Jesse, on suit son procédé de réflexion, ses cheminements et on arrive même à comprendre ce qui l’amène à agir aussi violemment. C’en est dérangeant et triste, et en même temps intéressant de voir la capacité de réflexion de cet adolescent complètement à la dérive, et qui commettra plusieurs fois l’irréparable mais qui jamais ne réalisera la gravité de ses actes. Car oui, Jesse est déconnecté du monde réel.

Et les voilà partis, ils volent dans les airs avec une aisance incroyable, un gars et une fille sur leur trapèze volant.

Le style de Lawrence Millman est percutant, sans détour, il va droit au but. Pas de temps mort dans ce roman, pas de répit pour le lecteur, chaque page apporte son lot d’images choquantes.

C’est un roman très dérangeant, qui met le lecteur mal à l’aise mais qui pourtant l’interroge à chaque page. Mais plus que tout, ce qui est touchant dans ce livre c’est l’amour que son père porte à Jesse, un amour plus fort que la peur et les rumeurs.

Tu me tues, dit le père. Tu entends ? Tu me tues, petit. Je peux pas vivre un jour de plus comme ça. Mais pourquoi, bon sang, tu peux pas être comme ton frère ?

Jesse le héros est un livre qui ne peut pas laisser pas indifférent : c’est une lecture fascinante, un roman noir bouleversant !

Merci à Sonatine et Netgalley pour cette découverte.

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