La petite danseuse de quatorze ans

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Publication 30 août 2017 | Archivage 28 mai 2018

Résumé

« Elle est célèbre dans le monde entier mais combien  connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette  à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou
Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son  âge, quatorze ans, et le travail qu’elle faisait, car c’était déjà  un travail, à cet âge où nos enfants vont à l’école. Dans les  années 1880, elle dansait comme petit rat à l’Opéra de Paris,
et ce qui fait souvent rêver nos petites filles n’était pas un  rêve pour elle, pas l’âge heureux de notre jeunesse. Elle a  été renvoyée après quelques années de labeur, le directeur  en a eu assez de ses absences à répétition. C’est qu’elle avait  un autre métier, et même deux, parce que les quelques sous  gagnés à l’Opéra ne suffisaient pas à la nourrir, elle ni sa  famille. Elle était modèle, elle posait pour des peintres ou  des sculpteurs. Parmi eux il y avait Edgar Degas. »

Camille Laurens

« Elle est célèbre dans le monde entier mais combien  connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette  à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou
Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne...


Formats disponibles

FORMAT Ebook
ISBN 9782234084032
PRIX 6,99 € (EUR)

Chroniques partagées sur la page du titre

Vous connaissez peut-être Camille Laurens pour son roman Celle que vous croyez. Personnellement, je l'ai beaucoup vu sur la blogosphère littéraire, avec des commentaires souvent très positifs et je souhaitais découvrir l'auteur par ce titre. Loupé ! Le hasard fait souvent les choses autrement et j'ai reçu un récit totalement différent, La Petite Danseuse de Quatorze Ans, en service presse numérique. Merci Net Galley et les éditions Stock. Attention, La Petite Danseuse de Quatorze Ans n'est pas un roman mais plutôt un essai, un compte-rendu des recherches de l'auteur. D'ailleurs, à la fin du livre, Camille Laurens vous explique pourquoi cette sculpture de Edgar Degas l'a interpellée et poussée à faire des recherches. Si vous êtes un amoureux d'art, vous trouverez aussi une bibliographie assez importante. Vous l'aurez compris, pour apprécier sa lecture, il faut aimer l'art mais il n'est pas nécessaire d'être un fondu de sculpture pour adhérer. Dès la première phrase, Camille Laurens donne le ton et le lecteur est plongé dans sa lecture.  « Elle est célèbre dans le monde entier mais combien connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou Copenhague, mais où est sa tombe ? » Le texte très visuel ne pèse que 176 pages mais il vous immerge totalement dans le monde de la danse et celui de la sculpture. On ne peut que se rendre compte à quel point ce sont deux domaines aussi terrifiants qu'exigeants, demandant de nombreux sacrifices. Notez que le récit se déroule à la fin du 19ème siècle et que, s'il reste difficile de vivre de son art, certaines choses ont certainement, beaucoup évolué ! En tout cas, je l'espère car certains passages font froids dans le dos. Je n'imaginais pas qu'à l'époque, la majorité sexuelle venait de passer de 11 à 13 ans et que certaines prostituées étaient à peine pubères. J'ai été malheureuse pour Marie, le modèle, et scotchée par l'histoire (valable pour de nombreuses autres œuvres, j'imagine aisément) de cette sculpture. D'abord très mal reçue lors de sa première exposition, lors du salon des refusés de 1881, La petite danseuse de quatorze ans sera d'abord jalousement gardée par Degas, vexé, puis vendue aux Etats-Unis. Aujourd'hui, l'artiste est connu et reconnu et on peut admirer plusieurs copies de la sculpture dans le monde entier... Étonnée par la facilité avec laquelle j'ai lu ce livre court, je ne peux que le conseiller d'autant que les amateurs de lectures classiques y trouveront plusieurs références littéraires. (Théophile Gauthier et Emile Zola, entre autre).

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Appréciant particulièrement l'écriture de Camille Laurens, j'ai naturellement été attirée par La Petite danseuse de quatorze ans, pensant qu'il s'agissait d'une oeuvre de fiction imaginée autour de la sculpture de Degas. Il n'en est rien:il s 'agit d 'un essai et non d'un roman mais malgré ma méprise, j'ai été immédiatement embarquée par la lecture de cet ouvrage qui s'est révélé passionnant.Très documenté, cet essai requiert toutefois un minimum d 'érudition pour être accessible : connaître l'Impressionnisme ,ses peintres et les auteurs de la fin du XIX ème siècle (comme Huysmans ou Th Gautier) semble être un préalable à la lecture de cette oeuvre.Pour conclure, La Petite danseuse de quatorze ans est un vibrant hommage rendu par l'auteure au petit modèle de Degas, servi par un style remarquable mis au service d 'une réflexion profonde sur les mœurs et l'art de la deuxième moitié du XIX ème siècle.

Aucune
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Après avoir lu ce roman "essai", on ne peut plus regarder les petits rats de l'opéra peints ou sculptés par Degas de la même manière. Camille Laurens a su, avec talent dans un style très fluide, plonger le lecteur au plus près du destin tragique de cette petite danseuse Marie van Goethem tout en le conduisant s'interroger sur les desseins de Degas lorsqu'il a réalisé cette sculpture et sur les moeurs parfois peu reluisantes du XIXème siècle. Magnifique roman, à relire au plus vite !

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Je remercie tout d'abord les Éditions Stock et NetGalley pour la découverte de ce récit passionnant. La petite danseuse de quatorze ans est un livre à mi-chemin entre récit et essai, portant sur la quête de l'auteure Camille Laurens à retrouver l'identité et la trace du modèle de la statue éponyme de Degas. Brillant L'admiration de Camille Laurens pour cette œuvre transpire tout au long du récit et nous aspire, nous englobe, on est absorbés, et oui, nous aussi on veut en apprendre le plus possible sur l’œuvre, mais surtout sur Marie, le petit rat de l'Opéra Garnier qui a posé pour le Maitre. L'auteure nous fait plonger à travers cette recherche avide pour retrouver l'essence de son quotidien, dans la vie populaire de ces jeunes filles de la fin du XIXè, petits rats besogneux au milieu de cette fange stagnant derrière le rideau de la scène, terrain de bien des excès et perversités ; et dépeint également les mœurs, croyances populaires et politiques de l'époque. Son parti pris est clair (d'ailleurs ceci ne transparaît pas du tout a la lecture de la 4è de couverture, et c'est dommageable car c'est une force de ce livre) : elle ne veut pas imaginer la vie de Marie, elle effectue une véritable étude pour approcher, ne serait-ce qu'un peu, d'elle et et de son air effronté. Cela donne un récit d'une qualité rare. Je suis loin d'être une connaisseuse d'Art, mes compétences sont largement rudimentaires. J'ai beaucoup appris, sans jamais être perdue. J'ai vécu et ressenti. Profondément été marquée par cette Petite Danseuse: "Elle avance sur un pied funambule sur le fil qui sépare les beaux-arts de la culture de masse, la poésie de la prose, elle est à la fois classique et moderne, réaliste et subjective, esthétique et populaire, vulgaire et belle" "Au fond, ce qui nous dérange le plus, c'est de ne pouvoir faire entrer cette Petite Danseuse dans aucune catégorie ferme. Elle est tout et son contraire: le modèle est une enfant, mais elle a l'air d'une criminelle ; une danseuse, mais elle est sans élégance - à la fois "raffinée et barbare", note Huymans, "faite de salauderie populacière et de grâce". " Mes pas me porteront au Musée d'Orsay dès ma prochaine venue à Paris, pour aller revoir La Petite Danseuse de quatorze ans, avec un oeil bien différent. Merci pour ce livre passionnant.

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Le roman se présente comme une enquête méticuleuse, mêlée à l’autofiction. Camille Laurens, totalement fascinée par la sculpture de Degas, La petite danseuse de quatorze ans, a décidé de reconstruire l’existence de cette jeune modèle. Marie Geneviève Van Goethem est une petite fille pauvre qui vit seule avec sa mère et ses sœurs. Le clan tente de subsister tant bien que mal. Marie Geneviève entre alors à l’opéra pour devenir une « marcheuse ». Cela lui permet de gagner un peu d’argent. A cette même époque, elle pose aussi comme modèle pour le taciturne Edgar Degas. Camille Laurens imagine les longues séances de pose où le grand maître érudit et la jeune fille sans le sous se font face à face. [...] Camille Laurens entremêle la vie de Degas à celle de la jeune Marie. Mais c’est aussi toute une époque que l’auteur met en avant. Une époque où l’art s’empare du réel pour le représenter. A son tour, Camille Laurens s’est énormément documentée pour donner chair à une époque lointaine. Les nombreuses recherches aboutissent à un résultat très réaliste qui permet au lecteur de visualiser aisément l’ambiance de toute cette époque passée. Le récit se fait de plus en plus intime. Les recherches parmi les archives vont pousser Camille Laurens à enquêter sur sa propre descendance qui peut-être un jour aurait pu croiser la petit Marie.

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Tout le monde connaît la statue de la Petite danseuse de quatorze ans, sculptée par Degas. Mais que sait-on de son histoire ? Camille Laurens décide de s’interroger sur cette œuvre. Qui était le modèle ? quelles étaient les conditions de vie des petits rats de l’opéra à cette époque ? quel lien a-t-elle eu avec Degas ? Comment la statue a-t-elle été vue par le public de l’époque ? Qu’est devenu le modèle dans la suite de sa vie. Ce texte, plus essais que romans, est très érudit, mélangeant recherches historiques et citations de nombreux contemporains de Degas afin de dessiner le portrait de la petite danseuse, ou en tout du milieu où elle vivait. Si vous cherchez un roman, vous ne trouverez pas votre compte. En revanche, même s’il y a parfois quelques longueurs, j’ai trouvé très intéressant cette incursion dans la société de l’époque. Un livre qui reste relativement court et qui pourrait vous intéresser si vous êtes curieux d’art, de danse ou de la vie à cette époque !

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Intriguée par le titre, j'ose avouer ne pas avoir fait le rapprochement avec la célébrissime sculpture d'Edgar Degas! ... Difficile défi que celui relevé par Camille Laurens: retracer au plus près le parcours de cette toute jeune fille Marie Geneviève van Goethem , petit rat à l'opéra de Paris , choisie comme modèle par Degas peintre et sculpteur reconnu . L'oeuvre sera présentée en 1881 au salon des indépendants et fera scandale...La petite danseuse de quatorze ans enfin exposée. Camille Laurens nous propose un récit se voulant le plus véridique possible. Elle ne veut en aucun cas de récit romanesque laissant une part même minime à l'imaginaire de tout écrivain. le résultat est donc un récit dense les informations sur Degas, critiques, lettres , écrits de Degas, les sources sont nombreuses , concernant Marie van Goethem les informations sont bien minces , et sont alors étoffées par ce que l'on sait de ces petites filles embauchées pour 2 francs par jour comme petits rats , de leurs vies de misères et de leurs futurs voués le plus souvent à la prostitution si elles ne trouvent pas de protecteurs. Une lecture très instructive, très informative sur cette fin du XIXème , sur la vie à Paris de ces démunies, sur les théories physiognomonistes qui avant l'heure inaugurent le délit de faciès . Votre visage reflète votre hérédité et vos tendances meurtrières ... Zola, Balzac , Hugo ont été les premiers à s'instruire auprès des écrits de Lavater ou de ceux de Lombroso...Malheureusement ce texte ,beaucoup trop didactique pour moi, m'a souvent semblé soporifique voir pontifiant. Je n'ai donc pas ou peu pris de plaisir à sa lecture. Je remercie grandement les éditions Stock via Netgalley pour cette découverte enrichissante .

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Camille Laurens nous entraîne sur le chemin de ses réflexions : son point de départ ? La statue d'une petite danseuse de l'artiste du 19e siècle Edgar Degas. On se laisse entraîner dans les pensées de l'auteure : ce n'est pas déplaisant. Tel un écheveau de fils emmêlés, elle va tirer sur un bout et dévider le fil de ses pensées : tour à tour, elle nous parle de l’artiste Degas, devenu aveugle, personnage solitaire, plutôt machiste ; de cette matière étrange qu'il a choisie pour sa sculpture, la cire, utilisée alors pour créer des mannequins ou des poupées ; du mouvement des Impressionnistes auquel Degas appartient alors que ces œuvres ne sont pas impressionnistes ; de la société bourgeoise du 19e siècle, de ses gros bonshommes imbus d'eux-mêmes, hantant les coulisses de l'opéra Garnier en quête de jeunes filles ; du bas peuple, exploité, qui se prostitue, qui met ses enfants au travail, qui survit comme il peut, qui meurt vite. Il y a deux figures centrales dans ce récit : Degas, bien sûr, sur lequel Camille Laurens a pu travailler. Nombre de citations intéressantes, de critiques, d'écrivains, d'artistes contemporains ou postérieurs, viennent éclairer le portrait qu'elle dresse de lui. Mais il y a surtout cette petite danseuse, qui l'émeut tant et pour laquelle peu d'informations subsistent. Ce vide permet à l'auteur de s'interroger, faire des hypothèses. On suit cette quête sans se lasser. On apprend mille choses. On a envie à la dernière âge de voir en vrai cette petite danseuse : quand ce sera fait, on la regardera différemment, grâce à Camille Laurens, celle qui lui aura donner une vie et une humanité.

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Nous connaissons tous la célèbre oeuvre de Degas, cette petite enfant en tutu qu’on peut admirer dans plusieurs musées aux quatre coins de la planète. Mais que savons-nous vraiment de l’histoire derrière l’oeuvre? Certains auteurs et cinéastes ont imaginé la vie de la petite danseuse, Marie Van Goethem, en romançant plus ou moins les nombreuses zones d’ombres laissées par le temps passé. Ici, Camille Laurens se détache de cette longue tradition et choisit le style de la non-fiction pour explorer, archives et témoignages écrits à l’appui, les relations entre l’artiste et son modèle, la perception de l’oeuvre lors de sa première exposition de l’oeuvre en 1881, l’intention de Degas lorsqu’il l’a réalisée et, plus largement, le contexte socio-économique riche d’informations pour interpréter cette oeuvre. Oeuvre controversée, La petite danseuse de quatorze ans reste encore aujourd’hui un mystère : quel message voulait faire passer Edgar Degas lorsqu’il l’a réalisée? Comme le démontre très bien Camille Laurens avec son analyse détaillée, chaque élément de cette oeuvre, du choix de la matière à la posture de l’enfant, prête à confusion, peut être interprété d’une manière et de la façon contraire. Symbole des théories racistes de l’époque ou critique ouverte de l’état dévergondé de la société bourgeoise? Nul ne le sait vraiment. C’est seulement dans la troisième partie du livre que Camille Laurens revient sur l’histoire personnelle de la petite danseuse, pour essayer de comprendre qui elle était, et ce qu’elle est devenue après avoir été figée dans la cire. Marie Van Goethem, née à Paris de parents belges, « vendue » à l’Opéra de Paris par sa mère pour nourrir la famille, et puis finalement expulsée de l’Opéra à cause de ses absences répétées, n’a rien des gentilles petites ballerines qui nous font rêver dans L’Âge heureux. Elle disparait des registres de l’état civil français après son expulsion de l’Opéra, nul ne sait quand elle est décédée, où et comment. C’est dans cette troisième partie que Camille Laurens lie son destin à celui de la petite danseuse, en rapprochant son histoire personnelle de ce que le petit rat a vécu, et en retrouvant la trace de sa grand-mère, née à la même époque, et dans un milieu similaire. Elle nous parle aussi de son goût pour la danse, elle qui a dû arrêter quand elle était petite alors qu’elle rêvait d’intégrer l’Opéra de Paris. Une anecdote de vie qui semble bien familière à mes oreilles, moi qui ait dû arrêter la danse après plus de quinze ans, faute d’avoir des genoux assez solides. Mais la danse reste, pour Camille Laurens et pour moi, un art unique qui continuera toujours de nous captiver et de nous émerveiller. Livre inclassable, entre l’essai et le récit, voire même quelques lignes d’autobiographie, La petite danseuse de quatorze ans instruit, sensibilise, démystifie et fait réfléchir, c’est passionnant.

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C'est une petite statue aujourd'hui vendue en miniature et par milliers au Musée d'Orsay. Mais cette petite danseuse de quatorze ans qu'on s'offre en carte postale ou en guise de porte-clé, est une avant tout une oeuvre de Degas, peintre par excellence du ballet. La petite danseuse choque dès sa première exposition, artistiquement d'abord - elle est trop réaliste - et puis on lui trouve des airs de criminelle. Pourquoi? Parce que le sculpteur a exagéré ses traits mais surtout parce qu'elle évoque une des conditions sociales les plus misérables. Dans la dernière partie du 19e siècle, les petits rats de l'Opéra étaient, en effet, issus des pauvres entre les pauvres. Elles formaient un vivier de chair fraîche pour les bourgeois qui aimaient se promener dans les coulisses du Palais Garnier. Et Marie Van Goethem, la petite danseuse de 14 ans n'échappe pas à la règle. Entre danse et prostitution, poser pour Degas n'est qu'un des divers emplois qui lui permettent de survivre. Camille Laurens retrace son histoire, sort la petite Marie de l'anonymat et nous offre surtout une  peinture sociale, ainsi qu'une étude de l'oeuvre de Degas replacé dans le panorama artistique de son époque. Son récit est à la fois érudit et passionnant. La petite danseuse de quatorze ans, Camille Laurens, Stock Chronique issue de mon blog bcommebouquiner.com

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Camille Laurens suit les traces et reconstruit le puzzle de la vie de Marie, model d’Edgar Degas. Cette petite danseuse nous entraîne dans les coulisses de l’Opera, une autre danseuse, la sœur de Marie eût davantage de chances qu’elle dans la vie mais, le model de la célèbre statuette, aura un peu plus de lumière aujourd’hui grâce à ce livre, livre qui retrace aussi l’histoire de l’œuvre, la statuette que nous connaissons toutes et tous. Degas devait son intérêt pour la sculpture probablement à ses problèmes de vue qui ne lui permettaient plus de peindre efficacement. L’accueil de La petite danseuse de 14 ans fut à sa première exposition un vrai désastre, le portrait dressé dans cet essai est aussi celui d’une époque qui se veut moderne mais ferme les yeux sur les conditions de tant de danseuses et models obligées à se prostituer pour survivre à Paris. L’auteure nous fait entrevoir, dans son récit, une partie de son histoire personnelle et familiale liée au monde parfois très dur de la dance. Un livre à lire pour sortir de l’ombre cette jeune fille symbole de tous les noms oubliés des visages inoubliables.

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Très différemment de ses autres romans, Camille Laurens a écrit cette fois presqu’un essai et s’est intéressée à la génèse de la sculpture de Degas très connue, la petite danseuse de quatorze ans (entre 1875 et 1880), existant en plusieurs versions (bronze ou cire). Dans la première partie, on découvre le monde des petits rats de l’opéra, de ces petites filles pauvres que leurs mères, souvent célibataires et dans la misère, vendaient à l’opéra pour un maigre salaire. Ces petites filles travaillaient dur et devaient souvent, en plus de leurs jambes, vendre leur corps à un riche abonné de l’opéra qui puisse, au mieux, leur servir de protecteur (comme on peut d’ailleurs l’imaginer dans cette toile de Degas, L’Etoile, peinte en 1876, où l’on peut apercevoir sans doute un de ces « protecteurs »…) Marie Van Goethem, petite fille belge de 14 ans, fut l’un de ces petits rats de l’Opéra. Elle servit de modèle à Degas pour sa sculpture. Camille Laurens s’interroge sur les raisons qui poussèrent Degas à la réaliser de manière si réaliste, avec de vrais vêtements et des traits ingrats voire vicieux qui amenèrent les visiteurs du salon des Impressionistes de 1881 à crier au scandale et à critiquer très durement aussi bien la sculpture que le modèle. Elle nous transporte dans ce Paris de la fin du XIXème, où tout n’est qu’apparence et où la vérité ne saurait se montrer. Les visiteurs du salon ont sans doute vu dans cette sculpture leurs propres déviances et perversions, d’où leurs cris faussement outrés. Dans une seconde partie, Camille Laurens s’est intéressée à la relation/non relation entre Degas et son modèle, au souhait de Degas de dénoncer ou en tout cas de montrer par son art ces vies difficiles de filles à peine pubères : la représentation de la vérité dans sa sculpture est le moyen qu’il a trouvé. Et enfin, dans la dernière partie, Camille Laurens a cherché à en savoir plus sur cette petite Marie, sur ce modèle, ce qu’a pu être sa vie par la suite. -> L’auteure s’est vraiment beaucoup documenté, son écriture est fluide et sans fioritures inutiles, et on peut lire très facilement son (court, 176 pages) roman car il est passionnant, s’attachant à toutes les facettes d’une oeuvre fascinante et que tout le monde connaît de vue. Il n’est pas nécessaire de s’y connaître dans l’art du XIXème pour apprécier ce livre mais forcément, pour ceux qui s’y intéressent, c’est un plus indéniable. Et pour ceux à qui cela donnerait envie de (re)découvrir Degas, une exposition s’ouvre au Grand Palais (28 nov 2017 au 25 fév 2018) : Degas Danse Dessin Sur Facebook <iframe src="https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fguilan.pianasso%2Fposts%2F1524323884300911&width=500" width="500" height="407" style="border:none;overflow:hidden" scrolling="no" frameborder="0" allowTransparency="true"></iframe>

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Dans son dernier ouvrage, Camille Laurens se penche sur « La petite danseuse de quatorze ans » que nous connaissons tous pour l’avoir vue au Musée d’Orsay ou sur des reproductions. Mais que savons nous d’elle et surtout lorsque nous la regardons, pensons nous qu’elle ait pu avoir une existence propre, loin du regard de l’artiste ? L’auteure s’est livrée à une enquête personnelle tant sa fascination pour la sculpture était grande. Cette petite danseuse a pour nom Marie Van Goethem, et la vie misérable des enfants, petits rats à l’opéra Garnier, obligés de trimer des heures à des exercices qui leur laissent les pieds en sang, pour quelques sous, obligés parfois de cumuler plusieurs emplois pour aider leurs familles à ne pas tomber dans la misère. Difficile de rester insensible à ce destin misérable, mais ce livre ne se limite pas à nous exposer ces vies sans éclat une fois sortie de scène. Camille Laurens nous donne à lire une étude très approfondie, sur le monde de l’art, de la danse, de la sculpture et des rapports de l’artiste avec son modèle. Je m’attendais à lire un roman, mais après un léger flottement face à la riche documentation, je me suis laissée porter par la plume de Camille Laurens que j’apprécie depuis longtemps. Une belle découverte.

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Dans le magazine Flair Le roman qui nous éveille à l'art Une petite fille en tutu, pas très jolie et maigrelette. C'est l'une des sculptures les plus connues de Edgar Degas. Mais qui est exactement celle qui fît scandale à l'époque? Petit rat, Marie van Goethem a 14 ans. Mais à la fin du XIXè siècle, la danse n'était pas un rêve pour les gamines. Elles travaillaient durement à l'Opéra de Paris pour gagner quelques sous… et surtout rencontrer de riches mécènes. Dans ce livre à l'écriture touchante, on découvre une époque rude pour les enfants. Degas sera l'un des rares à offrir un peu de répit (en toute moralité) à Marie et une renommée à travers les siècles. Maintenant, on connaît aussi l'histoire et le prénom de celle qui se cache derrière sa queue de cheval.

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Sélection pour le magazine L'Eventail de novembre

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Lorsqu une œuvre littéraire vous amene à regarder une sculpture différemment : pari gagné !

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Je dois d'abord dire que j'ai été très surprise en commençant ce livre. Je m'attendais à un roman ou un texte romancé et j'ai davantage eu l'impression de lire un essai très bien documenté sur Degas et sa petite danseuse. La plume est belle et le texte se lit sans aucun souci mais il faut tout de même savoir qu'on est loin d'un roman. Une fois cette précision faite, le texte est effectivement très renseigné, extrêmement précis et très instructif. J'ai appris énormément de choses sur le milieu de l'opéra au 19e siècle, sur les petits rats, sur Degas et son époque. Il n'y a pas de temps mort et chaque page nous livre de nouvelles informations. On apprend ainsi que cette petite danseuse si admirée aujourd'hui n'était sans doute pas ce que l'on croit et on ne peut plus la regarder comme avant. Marie Geneviève se désolidarise de la petite danseuse statufiée qui prend son autonomie comme une vraie création indépendante avec un message qui n'est plus du tout lisible à notre époque. De façon totalement insolite, j'ai aussi retrouvé le dessin animé Ballerina (qui passe en boucle à la maison) avec ses petites danseuses et Merante son maître de ballet. La dernière partie est un peu moins intéressante. L'auteur revient sur sa vie et sa quête d'informations. Cela permet de contextualiser l'enquête mais n'apporte pas grand chose de plus. Évidemment, c'est tout de même un ouvrage pour les lecteurs intéressés par l'impressionnisme et son époque, ou au moins l'art en général.

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C'est un essai passionnant sous forme de récit sur l'identité du modèle de la fameuse petite statue de cire sculptée par Degas.

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Je savais qu'il ne s'agissait pas d'un roman, aux vues des autres chroniques. Je n'avais jamais lu d'essai de ma vie, mais j'ai toujours adoré Degas, et j'ai toujours aimé l'univers de la danse. Je me suis laissée tentée. J'ai beaucoup aimé car j'aime vraiment l'idée et les univers qui sont décris. Après, j'avoue que j'aurai adoré voir un roman sur le sujet, je trouve l'idée également intéressante ! Une très bonne lecture, en tout cas !

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Je termine à l’instant ce livre. Ma première réaction a littéralement été, « …wouah… ». Je suis scotchée, bouleversée, emportée. J’ai lu ce livre en numérique et je sens que je vais aller me l’acheter bientôt pour pouvoir surligner tous les passages importants qui m’ont marqués, et je pense relire ce livre tellement il m’aura marqué. Camille Laurens s’est ici intéressée à l’histoire de la petite danseuse de Degas, celle que l’on connait, dans cette position de repos, les mains dans le dos. Mais qui est-elle? On connaît Degas, mais pas elle… À travers de nombreuses recherches, l’auteure nous aide à y voir plus clair dans le milieu artistique de l’époque, pas toujours parfait. J’ai été parfois un peu perdue lors des passages plutôt techniques faisant référence à la peinture, car j’avoue que je n’y connais vraiment pas grand chose… Mais au final cela ne m’a pas dérangé plus que ça. J’ai énormément aimé la façon qu’à l’auteure de nous mettre devant cette petite danseuse. Elle pointe exactement les questions que l’on pourrait se poser, en tout cas celles que moi je me suis posée. j’ai eu l’impression qu’elle me parlait directement, et je crois que c’est là toute la force de ce livre. L’auteure a une relation particulière avec cette petite danseuse. On voit notamment à la fin, les recherches qu’elle a faite pour en savoir plus sur sa vie, la date de sa mort inconnue, son passé, et elle fait également le rapprochement avec sa vie à elle, son enfance et la danse classique qu’elle a pratiqué pendant plusieurs années avec sa soeur (comme la petite danseuse), son lien avec le modèle de Degas est fort, incassable, et c’est ça qui m’a bouleversé. Lire que cette auteure continue a aimé la danse, à appris à aimer à travers son livre, Degas, ce personnage reconnu de la peinture et de la sculpture. Pour tout vous dire, j’aurais tellement envie de rencontrer Camille Laurens pour lui parler de son livre, de danse, de l’Opéra, de Degas… n’y connaissant absolument rien à la peinture, j’ai été plus que touchée par cette découverte. Je pratique la danse depuis 25 ans, mais je ne savais pas. Je n’aurais jamais imaginé que les danseuses de l’Opéra étaient en partie des prostituées, choisies souvent par des hommes riches et plus âgés pour occuper leurs soirées. Je ne savais pas que les parents pouvaient vendre leurs enfants de cette manière. Je ne savais pas. Cela n’enlève rien à cette passion et cette vision des danseuses de l’époque ne m’étonne même pas, et je suis même sûre qu’il se passait des choses bien pires dans la capitale. L’auteure met côté à côté Degas et Zola (pour mon plus grand bonheur!) et l’on voit clairement que le paysage littéraire de Zola correspond parfaitement à l’ambiance artistique de Degas qui était son contemporain. À la découverte de la sculpture, les spectateurs sont choqués. Mais si Degas a choisi de couvrir cette petite danseuse d’un tutu et de chaussons, c’est qu’en dessous… elle est nue! Scandale! Degas peut paraitre vicieux et pervers. En effet, il a choisi de peindre cette petite fille de quatorze ans nue. Nous sommes au milieu du XIXème siècle, imaginez le scandale, et même encore maintenant il y aurait un côté malsain, même si l’on parle d’art, c’est quand même une enfant. De plus, Degas a voulu mettre cette sculpture dans une cage en verre, ce qui donne une distance avec les gens. Ils la trouvent laide. « Et c’est bien ainsi que sera perçue Marie par tous les commentateurs, comme une prostituée en acte ou en germe, une sauteuse. » Comment peut-on penser cela? Comment une petite danseuse de l’Opéra, devenue modèle pour Degas, peut être comparée à une prostituée? « La nudité est voilée mais on est contraint d’y penser, les conditions mêmes de la création artistique viennent parasiter l’esprit, les tabous de la bohème et du modèle dépravé refont surface avec la honte et la haine. » Les réactions sont dures, méchantes, odieuses. Pourtant, elle restera dans les esprits. la preuve c’est qu’elle est toujours aussi connue aujourd’hui.

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J'ai toujours aimé cette petite danseuse modelée par Edgar Degas. En dépit d'un visage ingrat (que le livre tente d'expliquer), je lui trouve un air polisson, juvénile et d'une jolie fraîcheur. Sa position académique mais relâchée, son petit nez en l'air, sa petite taille collent bien à l'image du petit rat espiègle et virevoltant. Et pourtant, elle scandalise en 1881. Les premières pages du livre de Camille Laurens nous décryptent l'envers du décor, dans les coulisses de l'Opéra de Paris où le monde de la danse classique s'apparente beaucoup plus à une société licencieuse et dévoyée pour le bon plaisir très toléré de ces messieurs. Misère, travail harassant, prostitution, sont le quotidien d'un bon nombre de petit rats, vendus en marchandises consommables par leurs familles. Un métier pénible et sans avenir pour la plupart. Je n'ai pas lâché ce récit mais je lui reproche néanmoins une documentation trop présente. L'excès de références numérotées pour étayer le propos nuit à la fluidité et alourdit un récit sur l'époque historique et sociale qui aurait pu être plus visuelle. Il se produit aussi un creux d'intérêt un peu froid au centre du livre, concernant l'approche artistique du propos. Mais quand l'auteure se fait généalogiste et enquêtrice pour retrouver les traces de la petite adolescente disparue des registres, celle-ci reprend vie et le final du livre est particulièrement touchant. Camille Laurens y exprime un rapport au passé empreint de nostalgie, de tendresse et d'empathie. Entre étude sociologique et document d'histoire de l'art, ce livre se lit avec aisance, en dépit de la mise en page serrée. Une jolie lecture qui donne envie de faire une nouvelle visite à une petite fille en tutu au Musée d'Orsay

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Camille Laurens n’a de cesse d’admirer cette statue de Degas dans tous les musées où elle est exposée, comme attirée par la jeune fille dont le sculpteur précise dans le titre qu’elle a 14 ans. L’auteure nous parle d’abord du siècle qui a vu naître cette statue : celui de Degas, un siècle où les enfants allaient travailler dès leur plus jeune âge, ce qui était le cas des petits rats de l’Opéra qui était rémunéré pour leur travail harassant. L’occasion également de nous parler de Monsieur de Gas, d’origine à particule qui préfère la perdre et l’accoler à son nom comme patronyme d’artiste. J’ai aimé apprendre que la statue première était en cire, qu’elle a été très mal accueilli lors de sa première exposition, et que l’artiste n’a jamais voulu s’en séparer. Ainsi, l’auteure, à travers l’oeuvre d’art, nous décrit la France de 1880. J’ai aimé découvrir Marie van Goethem, sa vie imaginée par Camille Laurens à partir du peu d’informations récoltées ; les origines de sa famille ; le destin de ses soeurs. Enfin, l’auteure nous montre que cette sculpture est intemporelle, la prima ballerine noire Misty Copland ayant posée devant dans la même position il y a peu d’années. Un seul bémol, petit, car j‘ai vraiment passé un très agréable après-midi de lecture : le dernier paragraphe m’a semblé de trop. L’image que je retiendrai : Celle de l’air revêche de la petite danseuse, qui a posé nue pour le sculpteur. Quelques citations : « habitué à entendre « des mots sans feuille de vigne » » (p.55) : j’aime beaucoup l’expression » une sorte de tension ou d’incertitude entre l’enfant et la femme, l’innocence et la sensualité, qui fascine l’artiste. » (p.57) « (Dans la sculpture en cire) il s’y trouve aussi des chiffons, des copeaux de bois, du molleton de coton, des verres et des bouchons de liège, tous empruntés par Degas à son environnement immédiat » « En élevant l’infime au rang d’oeuvre, en usant de techniques sommaires et de matériaux communs, Degas ouvre infiniment l’espace de la création, qu’il libère » (p.60)

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Intriguée et touchée par "La Petite Danseuse de quatorze ans", statue de cire de Degas, Camille Laurens part à la rencontre de cette jeune fille qui a servi de modèle à Degas. Bourgeois nanti, Degas était un grand amateur de musique et éprouvait une fascination pour les danseuses et chanteuses. Longtemps peintre, une semi cécité l'a mené à la sculpture qui, de plus, en recourant aux trois dimensions correspondait à son désir de plus de justesse, de plus de vérité. Marie Van Goethem, la jeune modèle de Degas, née en 1865, appartenait à une famille pauvre d'émigrés belges, elle habitait dans un des quartiers les plus pauvres de Paris et évoluait dans un milieu où les mères, souvent célibataires ou veuves, forçaient leurs filles à intégrer l'Opéra de Paris comme petit rat. Souvent, dès l'âge de 8 ans, outre un travail de 10 à 12 heures par jour 6 jours sur 7, une discipline de fer et des souffrances quotidiennes au milieu de leurs sœurs de misère, elles devaient, sous la forte pression de leur mère, trouver un riche protecteur parmi les abonnés des spectacles. Pour survivre elles vendaient à la fois leurs jambes mais aussi leur corps car l'Opéra était un lieu de libertinage à l'atmosphère malsaine très connu à l'époque, leur corps était devenu leur outil de travail. Elles étaient surnommées "Les Marcheuses". Maigre, pas très solide et pourvue de traits peu gracieux Marie est donc devenue petit rat de l'Opéra. Le surnom de rat veut tout dire de la représentation qu'avait le public de ces jeunes filles misérables... A cette époque le travail de la femme signifiait dépravation, une femme honnête se devait de rester chez elle... alors que dire des comédiennes et chanteuses qui étaient assimilées à prostitution et déchéance? Il est vrai que de nombreux fils de bonne famille pour qui il était de bon ton d'entretenir une liaison avec une danseuse, se sont ruinés pour des danseuses... C'était une époque où la vie des danseuses excitait la curiosité du public comme celle des people de nos jours. Dans une première partie, Camille Laurens décrit le travail de Degas qui a réalisé des sculptures réalistes incarnant son époque et qui a retranscrit dans ses œuvres l'envers du décor, les répétitions, le travail harassant des danseuses. A propos de "La Petite Danseuse de quatorze ans", elle analyse en détail le choix de l'artiste de montrer une danseuse ordinaire et non une danseuse mythique, une petite fille travailleuse simple et solitaire dans sa vraie condition sans décor plutôt qu'une femme sensuelle, objet de plaisir, sous les feux de la rampe. "La danse n'est pas un conte de fées, c'est un métier pénible". Voulait-il dénoncer le travail des enfants? Camille Laurens détaille les thèses qui prévalaient à l'époque sur la typologie physique et sur le déterminisme génétique des criminels, thèses qui alimenteront les classifications raciales du nazisme. Degas a-t-il forcé les traits de Marie accentuant son côté animal pour la rendre conforme à ce qu'on pensait à l'époque du faciès de la délinquante prostituée qu'elle était aux yeux de tous? Marie, petite fille misérable aux traits aztèques, a engendré des réactions hostiles et virulentes de la part du public à l'exposition de 1881. On parlait de "face de singe", "d'air vicieux", on la qualifiait de monstre au faciès criminel. Quelle était l'intention de Degas? L'a-t-il choisie pour faire "de ce petit rat issu du peuple, l'antithèse de la jeune fille de bonne famille", était-il adepte de ces thèses ou au contraire a-t-il voulu les dénoncer? A-t-il voulu dénoncer le fait qu'elle n'était qu'une enfant en précisant son âge, quatorze ans? A-t-il voulu faire de Marie le symbole de la misère sociale ? Dans une deuxième partie Camille Laurens imagine Degas et Marie lors des séances de pose dans son atelier, l'artiste dessinant des esquisses préparatoires, modelant des maquettes, créant une statue de cire avec des vrais cheveux, de vrais vêtements, elle s'interroge sur la relation qui s'établit (ou pas...) entre ces deux êtres que tout sépare. La relation de Degas avec les femmes en général reste d'ailleurs assez mystérieuse, il a été décrit comme misogyne... Dans une troisième partie Camille Laurens part sur les traces de Marie, relate les recherches qu'elle a effectuées dans les archives de l'état civil parisien, obsédée par la question : qu'est-elle devenue après avoir posé pour Degas? Marie semble avoir servi de modèle à une autre œuvre de Degas : "L'écolière", Marie aurait donc posé en tenue d'écolière avec des livres à la main, elle qui n'est jamais allée à l'école et qui n'a jamais ouvert un livre.... J'ai été passionnée par ce roman très documenté, érudit mais cependant très accessible. Camille Laurens a effectué de multiples recherches pour rédiger ce texte, elle cite tout au long de son récit de nombreuses références, des propos de Théophile Gautier, Balzac, Gauguin, Paul Valéry, des frères Goncourt, de critiques d'art... (un peu trop à mon goût...) et s'appuie sur des lettres de Degas. Elle indique en fin d'ouvrage que ce texte constitue un des volets de son doctorat "Pratique et théorie de la création artistique et littéraire ". J'ai trouvé ce texte passionnant de bout en bout malgré une légère baisse d'intérêt en fin de première partie. J'ai découvert le terrible destin des petites filles pauvres qui devenaient petits rats de l'Opéra de Paris, c'est une histoire que je ne connaissais pas du tout. Camille Laurens nous brosse le portrait d'une époque, d'une misère sociale, fouille les intentions de l'artiste et a à cœur de ne pas trahir la vérité, de ne pas se laisser emporter par son imagination, à aucun moment elle n'invente des pans de la vie de Marie restant avec certaines de ses interrogations. Elle dit avoir eu des difficultés à quitter Marie en fin d'écriture, cela a également été mon cas en fin de lecture. Il n'est bien entendu pas nécessaire d'être spécialiste en peinture ou en sculpture pour aimer ce roman. Merci à NetGalley et aux éditions Stock pour cette lecture en avant-première. .

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Quelle bonne idée que ce livre! Cette sculpture, je fais partie des nombreux à l'avoir regardée au musée d'Orsay, attirée par ce curieux mélange de vêtements, de sculpture... mais comme beaucoup aussi j'imagine, sans m'être questionnée sur l'identité de la jeune fille qui avait servi de modèle à Degas. Camille Laurens a mené l'enquête pour retrouver sa trace et retracer le double parcours du sculpteur et de la danseuse, au destin tout sauf rose. Elle nous plonge dans le quotidien des petits rats de l'opéra, des mères, des protecteurs, des conditions de travail des enfants, de la frontière bien mince avec la prostitution. Ce quotidien de labeur et de douleur que Degas sait montrer, loin des paillettes et des rêves des étoiles de la scène. Et dans la grande histoire, il y a Marie Geneviève van Goethem et sa famille. On s'attache à cette danseuse qui ne deviendra pas étoile, on prend parfois en grippe Degas qui semble peu se soucier de l'avenir de celle qui fut renvoyée de l'opéra, sans doute à cause de son activité de modèle. On s'interroge également sur le pourquoi de cette création qui a suscité bien des critiques. Pourquoi la cire, pourquoi ce visage (des pages très intéressantes sur les physionomistes), pourquoi cette attitude, pourquoi cet enlaidissement peut-être ... pas de réponse fermée, mais une chose est sûre, une sculpture que j'irai revoir et que je regarderai d'un oeil beaucoup plus attentif! Et puis l'on a envie de compléter la lecture par des recherches d'autres images, d'autres oeuvres de Degas qui auraient eu également Marie comme modèle en particulier L'écolière Une petite danseuse qui n'a pas fini de questionner et de fasciner...

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Ce récit historique, cet essai, de Camille Laurens nous raconte l’histoire de Marie Geneviève Van Goethem, jeune fille qui posa pour Edgar Degas en 1879 et dont la statue défraya la chronique en 1881. Degas la fit porter au Salon des Indépendants, fondé par les Impressionnistes, quatorze jours après son inauguration. Les rumeurs allaient bon train sur ce qu’il présenterait mais personne ne s’attendait à voir cette petite danseuse en cire, vêtue de vrais vêtements. Le jeune modèle ne correspondait pas aux canons de l’époque et fut beaucoup moqué. Les uns trouvaient que ce n’était pas de l’art, d’autres que le modèle ressemblait à un singe, un avorton. Qui jugeaient-ils de la statuette ou de la fillette ? Vers qui allait leur mépris ? N’oublions pas qu’alors, la phrénologie vivait son heure de gloire. La petite danseuse était donc doublement exposée : au regard des visiteurs d’abord, au dégoût moral ensuite. Lui avait-on demandé son avis à cette pauvre enfant avant de l’exposer ainsi à l’humiliation ? Nina de Villard fut une des rares critiques de l’époque à être positive, déclarant qu’elle avait éprouvé devant cette statue « une des plus violentes impressions artistiques de sa vie. » A la fin du Salon, Degas remporta la statuette et ne la montra plus à personne. Elle continua cependant à faire parler d’elle et alimenta nombre de conversations, devenant par là même un mythe. Ce n’est qu’après la mort de l’artiste en 1917 que ses proches décidèrent de la confier à une fonderie pour en faire des moulages et la réaliser en bronze. Elle est exposée au Musée d’Orsay alors que l’original en cire a été acheté par un amateur d’art américain et se trouve toujours aux USA. A l’occasion du centenaire de la mort de Degas, Camille Laurens, par l’histoire de cette statuette, nous plonge simultanément dans le monde de la danse et de la sculpture de la fin du 19e siècle ; deux mondes aussi exigeants l’un que l’autre, où l’on savait ce que « faire des sacrifices » voulait dire. Ce récit qui se base sur une documentation abondante et les recherches rigoureuses de l’auteur, tente de nous faire comprendre les circonstances de la création de cette œuvre, la vie du jeune modèle et l’atmosphère de la capitale, dans un des quartiers les plus pauvres de Paris, à une époque où la majorité sexuelle n’était que de 13 ans ! Ce court récit n’est pas un roman mais se lit avec aisance et plaisir pour qui aime l’Art et l’Histoire. Il est très documenté et de nombreuses références sont faites à la littérature de l’époque. De plus, cette sculpture de Degas m’a toujours interpellée par la position du corps de la danseuse et ce regard fermé. J’ai aimé la manière dont Camille Laurens lui donne vie et c’est avec émotion que j’ai lu certains passages. Que de jeunes vies gâchées par la misère, la nécessité et les sacrifices, souvent vains, concédés dans l’espoir d’une vie meilleure. J’ai découvert le monde impitoyable de l’Opéra bien loin du glamour et de la respectabilité dont il se pare d’aujourd’hui. La troisième partie m'a cependant parue longue et les parallèles avec la famille de l'auteure incongrues. Cela n'apporte rien au récit. Cette lecture fut aussi agréable qu’instructive et je remercie les éditions Stock et NetGalley de m’avoir donné l’opportunité de l’apprécier.

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Ce livre n'est pas un roman. Il pourrait faire peur si nous sommes néophyte du monde l'art et de la danse. Détrompez vous car Camille Laurens sait vous embarquer dans l'atelier de Degas, dans son monde et dans son époque. On apprend tout d'abord beaucoup de chose. Malgré un style un peu scolaire, l'auteur nous transmet son émotion face à cette statuette. Elle nous confie même son impuissance et sa frustration face à ce mystère qui en restera un. Lu comme un roman cet analyse d'une œuvre d'art ne m'a pas laissée indifférente. Aujourd'hui j'ai envie d'en savoir plus, de voir la statuette de mes propres yeux et de découvrir l'émotion que cela évoquera chez moi. J'ai envie d'en savoir plus sur l'artiste Degas et sur ce qui a été réalisé sur la petite danseuse de 14 ans. Il a réveillé une envie de découvrir ce monde et cet époque et de me laisser imaginer moi-même ce qu'a pu devenir cette jeune fille. .

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Marie Van Goethem est née à Paris le 7 juin 1865. Elle ne fut jamais connue sous ce nom et l’Histoire n’aurait rien retenu d’elle si Edgar Degas ne s’en était pas inspirée comme d’un modèle pour réaliser sa sculpture très connue exposée aujourd’hui à la National Gallery of Art de Washington. Camille Laurens a toujours été très touchée par cette sculpture en cire, qui fut pourtant source de polémique et de nombreuses critiques lors de son exposition en 1881. En effet, elle ne correspondait absolument pas aux normes de beauté de l’époque et choqua la bourgeoisie. L’écrivaine se pose la question des intentions d’Edgar Degas en choisissant ce sujet et en le modelant de la sorte : cherche-t-il à donner foi aux théories physionomistes de l’époque, à dénoncer les conditions de travail des petits rats de l’opéra qui finiront pour la plupart prostituées ? Pour répondre à ces questions et reconstituer la vie de Marie Van Goethem, Camille Laurens mène une enquête qui l’amène à lire un nombre considérable d’ouvrages sur Edgar Degas et son oeuvre mais aussi à effectuer des recherches dans l’état civil, telle une généalogiste. Parler de Marie l’oblige nécessairement à parler de cette époque et donc à placer son sujet dans un contexte de misère sociale : dureté des conditions de travail de ces fillettes, proxénétisme et pédophilie encadré par les mères, conditions sanitaires déplorables… Voici une lecture qui m’a beaucoup intéressée et m’a ouvert les yeux sur le monde de l’opéra au XIXème siècle, dont je ne connaissais absolument rien. J’étais loin de m’imaginer cette exploitation d’enfants, dont l’espoir d’ascension était vain et dont la seule issue était la prostitution. Les parenthèses de Camille Laurens sur l’époque et ses comparaisons avec les autres peintres et sculpteurs contemporains de Degas donnent du relief à ses propos. Cet essai est à la portée de tous et intéressera tout autant les amateurs de Degas comme les non connaisseurs ; il ravira tous les curieux d’Histoire et d’art.

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"Sa statuette, qui emprunte aux techniques médicales et aux fabrications d'objets courants est donc aussi et avant tout une immense réflexion sur la puissance de la création et en particulier de la sculpture." Nous avons tous en tête tous la sculpture de Degas, reproduite à de très nombreux exemplaires. Mais qui connaît l'identité de La petite danseuse de quatorze ans qui posa pour le sculpteur ? Dans cette enquête, Camille Laurens s'attache à retracer la vie en en apparence "minuscule" de Marie van Goethem et, à travers elle,à brosser le portrait de toutes ces petites filles pour qui la danse représentait plus un moyen de survie ,via l'exploitation éhontée de leurs corps, qu'un art exaltant. L'auteure s’attache aussi à la manière dont l’œuvre elle-même a été accueillie, de manière très violente au début, avant de connaître une renommée mondiale. Très documentée , tour à tour émouvante et révoltante, cette enquête analyse aussi les relations entre l'artiste, son modèle et la manière dont une œuvre est reçue par le public. Un document passionnant qui se dévore comme un roman.

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Voilà un ouvrage relativement atypique qui se rapproche plus d'un essai que d'un roman, un essai qui pourrait être une biographie si Marie van Goethem, la jeune danseuse qui servit de modèle à Degas, n'était pas si mystérieuse. Dans cet ouvrage, Camille Laurens cherche à retracer le festin d'une jeune fille que l'on sait issue d'une famille modeste, danseuse à l'opéra pendant quelques mois. Mais de Marie, on sait bien peu de choses. Même le visage représenté par Degas n'est peut-être pas le sien... Alors, Camille Laurens dresse le portrait d'une époque, raconte le monde de l'art, de la peinture, de la sculpture, mais aussi de la danse. Elle casse le mythe en expliquant la misère dans laquelle vivait les jeunes danseuses qui s'en sortaient souvent en prenant un amant parmi leurs admirateurs, voire même en se prostituant régulièrement au plus offrant. Si les danseuse sont aujourd'hui animée d'une passion réelle pour un art qui impose de nombreux sacrifices, l'appât du gain était au XIXe siècle la motivation première de ces mère parfois miséreuses qui plaçaient leurs filles à l'Opéra. Côté artistique, l'ouvrage est l'occasion de mieux connaître Degas et de mieux comprendre son oeuvre. La sculpture Petite danseuse de quatorze ans reçu un accueil très mitigé, et Camille Laurens tente de comprendre et d'expliquer, depuis les traits du visages peut-être inspirés par l’anthropomorphisme en vogue à l'époque jusqu'à l'utilisation de la cire et de vêtements réels totalement novateurs mais aussi très choquants pour bon nombre de critiques et de visiteurs. De l'ensemble de cet ouvrage, se dégage une réelle admiration de l'auteure pour l'art, pour la danse, et une fascination pour la fillette qui servit de modèle et tomba dans l'oubli tandis que sa représentation fait encore aujourd'hui le tour du monde.

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La petite danseuse de quatorze ans est une statuette en cire sculptée par Degas, et découverte par le public lors de l'exposition de 1881. On peut l'admirer aujourd'hui au Musée d'Orsay, et à la regarder, on s'imagine mal la réception de l'oeuvre il y a presque 140 ans. Car le public mondain ne s'est pas montré tendre envers la figurine : s'indignant de sa laideur, de son effronterie, de ses traits disgracieux laissant transparaître son origine populaire et son manque de vertu, il n'a pas voué à la petite danseuse la déférence que l'on connaît aujourd'hui envers l'oeuvre de Degas. Camille Laurens décide de partir à la recherche de cette petite danseuse. Elle commence par dresser le contexte de l'époque, nous raconte Degas et la vision qu'avaient de lui les autres artistes de son temps ainsi que le public, elle nous parle des petits rats de l'opéra, ces petites filles issues souvent des bas fonds dont les mères jouaient les maquerelles pour leur assurer la "protection" d'un monsieur fortuné parmi ceux qui fréquentaient assidûment l'opéra (le proxénétisme étant, à l'époque, une pratique ordinaire, et la majorité sexuelle étant fixée à 13 ans depuis 1863, contre 11 ans auparavant). Pour comprendre la réaction de rejet qu'a connue la petite danseuse, Camille Laurens dépoussière les théories en vogue à l'époque, qui allaient nourrir l'antisémitisme et certaines théories raciales nazies le siècle suivant, théories selon lesquelles la criminalité aurait pour origine une prédisposition physiologique particulière, que l'on pouvait identifier (une mâchoire marquée, des lèvres charnues étant indubitablement la marque du vice en puissance). Bien entendu, les traits liés au vice se retrouvaient particulièrement parmi la population ouvrière. C'est là qu'intervient Degas, qui, fort de ce contexte, et favorable à certaines thèses sans doute (il était lui-même fortement anti-dreyfusard), prend pour modèle Marie Van Goethem, adolescente provenant d'une famille belge immigrée pauvre. Mais, comme le montre Camille Laurens dans son analyse, Degas ne se contente pas de reproduire les traits de Marie, il les déforme très certainement, les dénature, ce qui rend son intention difficile à saisir. Parvenue à ce point de ses recherches, l'auteur décide de renouer avec la véritable muse, et de chercher dans les archives trace de Marie, dont elle ne sait rien, si ce n'est qu'elle a servi de modèle à Degas. Camille Laurens souligne admirablement la dimension tragique qui existe dans le mouvement d'ascension de Degas côtoyant la chute de Marie, renvoyée de l'école, condamnant sa famille à l'indigence. Lors de ses explorations, l'auteur fait des digressions sur son histoire familiale personnelle, qui à mon sens apportent peu au récit, mais sont suffisamment brèves pour ne pas l'entraver. L'oeuvre de Camille Laurens dépasse néanmoins la seule dimension de l'essai ou du document historique, car il règne dans le texte une tendresse immense vouée par l'auteur à la petite danseuse, que le lecteur en vient à partager à son tour, et qui lui donne de l'âme et du relief. La petite danseuse de quatorze ans parvient à la fois à nous immerger dans un autre temps, à le revisiter sous un angle nouveau, en abordant le sort des petites filles qui apparaissent sur les tableaux de Degas, devant lesquels tout un chacun s'est un jour extasié, louant la beauté, louant la grâce. La lecture apporte des éléments qui étoffent la vision lacunaire que l'on pouvait avoir, et s'attache à rendre son humanité et son intégrité à l'adolescente dont le double de cire a traversé le siècle sans dire, jusqu'alors, son histoire.

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La petite danseuse de quatorze ans est un ouvrage intéressant, même si j'ai été étonnée car ce n'est pas réellement un roman, c'est plus un essai. Je m'attendait à un roman autour de la sculpture de Degas, ce qui n'est pas le cas ici mais nous avons ici un très bon ouvrage, très documenté, très bien écrit et captivant :) j'ai beaucoup aimé cette lecture, que je recommande chaudement.

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