Deux cigarettes dans le noir

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Publication 12 janv. 2017 | Archivage 26 janv. 2017
Belfond, Pointillés

Résumé

Clémentine travaille dans une usine de parfum. Elle attend un enfant.
Au volant de sa voiture en direction de la maternité, elle percute quelqu’un sans pouvoir s’arrêter.
De retour à la maison seule avec son bébé, elle apprend la mort à Paris, deux jours plus tôt, de la chorégraphe Pina Bausch. Clémentine se souvient : une silhouette maigre, de longs cheveux gris – c’est Pina qu’elle a fauchée.
Elle a tué un génie en mettant au monde son enfant.

La maternité, la danse, la vie, la mort se côtoient dans le nouveau roman de Julien Dufresne-Lamy, qui trouble et bouscule par son intelligence et son originalité.

Clémentine travaille dans une usine de parfum. Elle attend un enfant.
Au volant de sa voiture en direction de la maternité, elle percute quelqu’un sans pouvoir s’arrêter.
De retour à la maison seule...


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FORMAT Grand Format
ISBN 9782714475732
PRIX 19,00 € (EUR)

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Chroniques partagées sur la page du titre

J’aime la danse. J’aime les romans qui parlent de femmes, des femmes (quand c’est bien fait). Et plus que tout, j’aime découvrir les petites pépites de la rentrée littéraire. Celle-ci en est une. Je l’ai découverte un peu par hasard, pleine de bonnes intentions pour mon week-end à Mille (le premier que j’ai réussi !), et c’était définitivement un bon choix car je n’ai pas pu lâcher ce roman. Clémentine est une jeune femme dont la vie ne fait pas rêver. Elle vit dans une banlieue terne proche de Paris, elle se laisse porter de métro en RER jusqu’à la Gare du Nord, où tous les jours elle reprend un autre train, pour monter dans le Nord dans une usine de parfum. Clémentine est enceinte ; elle va accoucher, cela pourrait susciter l’admiration et l’émotion chez beaucoup mais il reste cette petite note d’amertume : elle est seule. Célibataire et seule pour endurer la douleur, l’attente, l’accouchement. Personne ne viendra la voir ou presque et elle le sait déjà. Mais finalement, ce n’est pas ce qui la tracasse. En venant à l’hôpital, elle en est persuadée, elle a renversé quelqu’un en voiture. Et ce quelqu’un ne pourrait être que Pina Bausch, grande danseuse et chorégraphe allemande. Clémentine est un personnage qui veut bien faire, mais qui est complètement perdue dans un monde étouffant où elle n’a finalement pas sa place. Elle est réduite aux postes et aux endroits où personne ne veut être ; même lorsqu’il s’agit des hommes, on a finalement l’impression qu’elle prend toujours ‘les restes’. Et après l’accouchement, alors qu’elle découvre son fils Barnabé, grandit en elle une véritable névrose : elle a tué Pina Bausch, elle en est certaine. Julien Dufresne-Lamy nous offre alors deux histoires : la grande, l’incroyable histoire de la danseuse, en toile de fond, dont Clémentine se délecte avec avidité et peur mêlées, et celle de Clémentine justement, qui n’a rien de l’employée du mois, est un peu une mère à la ramasse, et pourtant est pétrie de bonnes intentions et a toujours peur de mal faire. « Les ouvriers pointent sur le mur de l’accueil. Un à un, ils s’étonnent, tiens la Parisienne, elle est revenue, la Parisienne. Oui, elle est là, devant vous. Elle n’a pas très envie d’être ici, pour tout vous dire. Elle a beaucoup de tracas mais elle vous salue, la Parisienne. Elle n’a pas reçu de puzzle paysage australien mille pièces ni même une petite carte à paillettes qui la félicite de sa ponte. Elle est vexée comme une lente mais elle sourit. » Son roman est incroyablement fort, rien que du fait de son écriture : l’auteur a une plume acerbe, vive à laquelle j’ai tout de suite beaucoup accrochée. Il dépeint une société individualiste mais aussi la France des petits, ceux qui morflent tous les jours et revendiquent leur droit au bonheur – même si c’est parfois franchement maladroit et qu’ils en oublient certains principes. Certains passages m’ont énormément touchée, d’autant que j’ai deux des usines Chanel près de chez moi, donc il m’a été très facile de m’identifier au personnage de Clémentine. « Mais aujourd’hui, l’ouvrier vise haut. En voyant de près les 4×4 des cadres sur le parking, il se dit que lui aussi, il a le droit de polluer la planète trois fois plus qu’un autre abruti. Il a le droit de penser américain, confort et technologie, comme un bac+5. Il est légitime. Il bosse dur. Quinze ans de boîte, il mérite bien une petite montre suisse au poignet quand il sort maman dans le restaurant à nappes blanches de la ville. L’ouvrier s’invente une vie. Il rêvasse, avachi dans son canapé en cuir payé en douze mensualités, 4,56% TAEG. Il rêve de devenir le petit patron, d’avoir la maison, la femme institutrice et les deux gosses en école de commerce qui n’en foutent pas une. Forcément le matin, quand l’ouvrier pointe à la badgeuse, qu’il enfile ses chaussures de sécurité, il baisse d’un ton. Il obéit dans l’espoir qu’un jour ce soit lui qui se lève du bon côté du manche. » Il ne s’agit peut-être pas d’un coup de cœur, car le caractère trop sombre du roman a parfois eu raison de mon enthousiaste (les mères au bord de la névrose, c’est pas forcément ce que je préfère), il n’empêche que j’ai vraiment adoré ce roman tout juste paru, et qui mérite vraiment beaucoup plus de visibilité.

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Clémentine, l'héroïne de ce roman, a été tour à tour, modèle, femme de chambre, serveuse, baby-sitter, caissière d’une petite épicerie. Elle a fait les lits dans un petit hôtel, du repassage. Elle a travaillé dans le social et dans le médical. Elle a, dès ses quinze ans, accumulé des petits boulots pour aider sa mère à s'acquitter de ses dettes. Aujourd'hui, elle travaille dans une usine de parfum, d'abord standardiste puis en tant que pilote de ligne. Dès le début du roman, deux grands changements vont intervenir dans sa vie, deux nouvelles carrières inaliénables, perpétuelles et imprescriptibles vont se rajouter à son tableau des métiers : Elle accouche et devient mère du petit Barnabé. Cette naissance la comble de joie. Barnabé devient son complice.. Peut-être un peu trop. On découvre rapidement que c'est une mère pleine de bonnes intentions, elle s'empiffre de livres sur l'éducation et la croissance des enfants. Toutefois, elle enchaîne les mises en danger, les choix farfelus, les mauvaises décisions. D'ailleurs, ses prises de décisions deviennent rapidement des caprices. De page en page, on s'attend à découvrir une catastrophe. Pourtant, loin d'être vulnérable, elle est bien entourée d'une mère et d'une meilleure amie couveuse. Clémentine est une mère célibataire, sans la force qui va avec. Il faut dire que la naissance de Barnabé a été entachée par un drame terrible. Après avoir perdu les eaux, au moment de rejoindre la maternité, elle a renversé une silhouette.. Et pire que tout, elle a continué son chemin vers l'hôpital. Silhouette qui s'avérera être la célèbre danseuse et chorégraphe allemande Pina Bausch. Elle est responsable d'un homicide involontaire. À la culpabilité d'avoir pris la vie d'une autre, s'ajoute la culpabilité d'avoir privé le monde d'un génie. Sa culpabilité s'accompagne d'un féroce délire de persécution et de paranoïa. Elle se perd en hypothèses et suppositions, se méfie de tout et de tout le monde. Elle mène une enquête douteuse pour savoir qui sait quoi... Et surtout, elle tente de dresser le portrait de l'artiste et se laisse complètement happer par l'univers de celle-ci . Par son obsession, elle nous permet de découvrir célèbre chorégraphe et lui rend un bel hommage. La force de l'auteur ? Avoir appuyé son récit sur des réalités, des faits et des anecdotes de la vie de Pina Bausch : ses origines, son parcours, le nom des ballets, de décès prématuré de son compagnon, le nom de son fils, sa maladie, la date de sa mort. Tout est avéré puis réarrangé. Verdict : Un roman très étonnant, plein de mystères et de rebondissements imprévisibles.

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J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, et je sens que vous qui me lisez n'êtes pas plus avancé. J'ai aimé le lire parce qu'il parle de danse, de Pina Bausch - c'est pour cette raison que j'ai sollicité ce partenariat - et qu'il en parle de manière non pas accessible (il ne s'agit pas de vulgarisation artistique) mais passionnée, fascinée, et cette passion, le choc artistique ressenti par Clémentine en découvrant les oeuvres de Pina Bausch sont parfaitement transcrits dans le récit. Transmettre son art, créer et/ou avoir un enfant : Clémentine, elle, est mère, presque par hasard. Elle est fille aussi, adoptée, et se pose alors la question de la fameuse création du lien avec son enfant, tout sauf évident quand l'enfant a déjà vécu une autre relation avec des parents d'accueil. Les enfants ont une grande faculté d'adaptation. Reste à savoir pourquoi la mère de Clémentine a voulu l'adopter, ce que nous en saurons pas réellement puisque le récit se focalise sur la jeune ouvrière qui travaille, certes, mais très loin de chez elle. Rien n'est rose dans le monde ouvrier, et tant pis si cela déplait à ceux qui imagineraient un monde du travail idyllique. La solidarité ? On oublie. Plutôt la mesquinerie, la jalousie, l'envie, pour un poste ou pour un homme - médisance à tous les étages. Faire valoir ses droits ? Pas toujours facile. Et, bien sur, la condescendance des dirigeants envers les ouvriers - parce que, mis à part Clémentine, il ne traverse l'esprit à personne que les choses pourraient être autrement. Rien n'a changé depuis les descriptions faites dans des romans datant des années 70 (<em>Elise ou la vraie vie</em> de Claire Etcherelli) ou plus récent (<em>La grande bleue</em> de Nathalie Demoulin). Je n'ai pas oublié le thème de la maternité, je m'en suis détournée, sans doute parce qu'il n'est pas mon thème de prédilection, et parce qu'il est très souvent développé dans la littérature contemporaine. Qui dit maternité, dit aussi paternité, et le père de Barnabé est absent, si ce n'est dans les souvenirs de Clémentine. Il faut dire qu'elle l'a longuement écouté parler de ses projets, de son travail, et de Néron, le chien qu'il fit tout pour sauver. Une absence étrange, encore plus étrange que l'enfermement de Clémentine, seule ou presque avec son enfant. Elle affirme que la maternité l'a transformé, surprotégeant son enfant à sa manière, étant, pour lui, quasiment la seule personne au monde. Ce n'est ni un amour maternel surdéveloppé, ni de l'égoïsme forcené, mais les tentatives d'une femme qui n'a pas reçu d'amour maternel, d'une femme peu adaptée à la vie pour s'adapter à cette nouvelle vie. Et qui choisit d'être mère autrement, ce qui est tout à fait possible, mais pas toujours acceptable aux yeux de la société - ni sans risque non plus, en un mélange de névrose et d'amour.

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Clémentine est standardiste dans une usine pour parfum. Sa vie plutôt routinière croise le chemin de Bruno. Commence alors une liaison en pointillé qui abouti à une grossesse surprise. Clémentine attend un enfant mais elle est désormais célibataire. Un soir, le travail commence, elle prend sa voiture. Elle souffre le martyr et renverse quelqu'un. Une silhouette qu'elle distingue sans avoir le temps d'éviter. La nuit où elle donne la vie, elle la reprend aussi. Elle découvrira plus tard qu'elle a renversé Pina, génie de la danse. Depuis, elle deviendra obsessionnelle : elle veut tout savoir de Pina, elle ne vit plus que pour elle. On découvre alors le quotidien de Clémentine en alternance avec la vie de Pina et ses œuvres. Je vais être honnête, ce roman m'a perturbé, l'obsession de Clémentine au détriment de son enfant aussi. Je n'ai pas eu du mal avec la plume de l'auteur mais avec l'enchaînement du récit. Je ne comprenais pas cette obsession. Je crois qu'à un moment Clémentine a perdu les pédales ... Et cela s'est vérifié au fur et à mesure qu'on avançait dans le récit. J'avais très envie de la secouer, de lui dire de revenir sur terre et de s'occuper de son bébé. Mais plus ça allait moins elle me paraissait fiable en tant que mère, en tant que femme. J'ai vraiment eut de la peine d'assister à une telle évolution du personnage. J'ai eu de la peine pour Clémentine même si je ne la comprenais pas du tout... Clémentine a visiblement renversé un génie de la danse sur le chemin de la maternité et elle n'est pas ressortie indemne de ce voyage et de cet accouchement. Et nous, on ne sort pas vraiment indemne de cette lecture. Je ne saurai vous dire pourquoi mais j'ai eu cette réaction en achevant ma lecture : waow. Waow parce que ce roman m'a sorti de ma zone de confort. J'ai été attirée par le résumé et la couverture. Je sais qu'en général les romans chez Belfond sont de belles découvertes mais je n'ai encore jamais été perturbée à ce point par ma lecture.

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