Le Mariage

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Date de parution 25 janv. 2024 | Archivage 21 févr. 2024
Belfond | Belfond vintage

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Résumé

« La couleur était un leurre. Pas l’amour. »

Sur la très chic île de Martha’s Vineyard, c’est l’effervescence : Shelby Coles, héritière d’une des plus prestigieuses dynasties noires de la région, est sur le point d’épouser Meade, un jazzman blanc sans le sou. Autour de ce mariage vont se cristalliser désirs et rancœurs qui prennent leurs racines bien des générations auparavant...

Saga familiale culte, Le Mariage aborde avec subtilité et anticonformisme les thèmes du racisme et de l’idéologie de classe. À l’instar d’une Zora Neale Hurston, Dorothy West, proche du mouvement Harlem Renaissance et infatigable défenseuse des droits civiques, fut une figure centrale de la littérature afro-américaine, injustement oubliée et à redécouvrir d’urgence.


Dorothy West est née le 2 juin 1907 à Boston, dans le Massachusetts. Elle a commencé à écrire à l'âge de 7 ans et à 14 ans, ses histoires étaient publiées dans le Boston Post.

En 1926, elle déménage à New York, et rejoint le mouvement artistique Harlem Renaissance, qui milite pour la reconnaissance de la culture noire. Cette même année, sa nouvelle The Typewriter remporte le Premier Prix de la nouvelle du magazine Opportunity.

Pour promouvoir les efforts de jeunes écrivains, tels que Richard Wright, et tenter de raviver l'esprit Harlem Renaissance, elle lance le magazine littéraire Challenge en 1934.

En 1947, elle déménage sur la petite île de Martha's Vineyard dans le Massachusetts où elle écrit des nouvelles pour le New York Daily News, des articles et des histoires pour la Vineyard Gazette. Son premier roman The Living Is Easy est publié en 1948. Au début des années 1990, sur les conseils de sa voisine et amie, Jacqueline Kennedy Onassis, Dorothy West achève enfin l’écriture du Mariage commencée trente ans plus tôt ! Dédié à la mémoire de son amie, ce second roman est publié en 1995 en même temps qu’un recueil d'histoires et d'essais, The Richer, the Poorer.

En 1998, une adaptation du Mariage est produite sous forme de mini-série par Oprah Winfrey.

Dorothy West décède le 16 août 1998 à Boston, dans le Massachusetts.


Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Arlette Stroumza.

« La couleur était un leurre. Pas l’amour. »

Sur la très chic île de Martha’s Vineyard, c’est l’effervescence : Shelby Coles, héritière d’une des plus prestigieuses dynasties noires de la région...


Formats disponibles

FORMAT Grand Format
ISBN 9782714498427
PRIX 15,00 € (EUR)
PAGES 288

Disponible sur NetGalley

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Chroniques partagées sur la page du titre

Dorothy West, figure féminine du mouvement d’entre-deux guerres de la Renaissance Noire de Harlem, aura pris son temps avant de sauter le pas avec son roman Le Mariage et de mettre ainsi fin à près de trente longues années de fiançailles.

Elle nous plonge ici au cœur d’une saga familiale aux ramifications hors du commun, dans laquelle le lecteur aura plaisir à louvoyer entre les différents portraits des membres d’une famille haute en couleur (et ce n’est rien de le dire), tous réunis autour d’une grande occasion qui signera l’aboutissement ultime pour certains et le désaveu pour d’autres. Le défilé millimétré de ces êtres d’ébène, de noisette, de miel ou parfois simplement « mal blanchis » est orchestré telle une sorte de contreplongée qui tend à dérouter nos idées occidentales et conceptions biens établies, pétries de bonne morale et de bien-pensance en laissant planer le mystère sur les aspérités de chacun des protagonistes.

Le roman est d’une densité incroyable et mérite toute notre attention, certains pavés ont déjà été engloutis avec bien plus de rapidité. On s’attarde sur l’écriture puissante et presque lyrique de Dorothy West qui ne s’encombre d’aucun superflu et fait mouche à chaque ligne. L’araignée prodigieuse tisse son récit avec finesse, signant ici une toile de maitre, en enchevêtrant les tableaux de ces instants de vie à merveille et remontant le fil des origines de cette famille extraordinaire, véritable berceau d’une nature laborantine qui s’est amusée à enfanter ses plus beaux spécimens.

Aux heures encore jeunes de l’abolition, c’est avec un verbe percutant et sans concession qu’elle couche sur papier le meilleur et l’absurdité de la race humaine face à la gestion de l’émancipation d’un peuple qui se trouve sans cesse tiraillé entre deux pôles, à l’instar du Nord et de ses promesses de grandeur et d’accomplissement, et du Sud dont la cruauté des crimes perpétrés n’a d’égale que la douceur et la beauté de ses paysages. Elle met en lumière avec intelligence le déchirement de ce peuple en quête de liberté bien souvent égaré dans les concepts et us et coutumes de ses anciens oppresseurs, et qui, en voulant rafler sa part du gâteau, tombe presque inéluctablement dans les pièges de ce fossoyeur de l’humanité, reproduisant à l’envi ses schémas abjects et imbéciles.

Mais l’heure est à la jeunesse et aux promesses d’espoir et comme conclut si bien l’auteure : à la fin, la couleur s’efface pour ne laisser place qu’à la seule vérité, celle du cœur.

Un immense merci aux Editions Belfond et à NetGalley pour l’envoi de ce chef-d’œuvre.

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Chronique Coup de coeur

Voici mon premier coup de coeur de 2024 ! Une saga incroyable en moins de 300 pages, d’une intensité tout aussi incroyable et qui m’a tenue en haleine jusqu’à la fin, un peu trop rapide d’ailleurs !

Dorothy West était une écrivaine afro-américaine, devenue une des figures de proue du mouvement culturel Renaissance de Harlem qui se développa entre les deux guerres. Ce roman est son dernier roman, paru en 1996 alors qu’elle avait déjà 88 ans.

L’autrice raconte l’essor de la bourgeoisie noire et métisse avec ses travers et son snobisme qui la pousse à des comportements qui ne diffèrent pas de ceux des blancs dans la vie quotidienne.

Elle a choisi de remonter jusqu’au racines de la famille Coles dont le mariage de Shelby doit se dérouler à Martha’s vineyard, où elle-même passait ses vacances d’enfant. Elle alterne les deux temporalités en commençant par l’émancipation des esclaves, jusqu’au présent, en passant par les premiers mariages interraciaux qui ont suscité des schismes tout comme celui de Shelby avec un blanc pourra le faire.

Une multitude de personnages orbitent à toutes les époques, suffisamment développés par Dorothy West pour être appréciés ou détestés. Tout y est : l’humour et la dérision ; la tendresse et la violence. Ce roman est surtout une fabuleuse peinture sociale totalement inconnue de notre culture.

Sa lecture fut comme un tourbillon de soleil et de visages !

#DorothyWest #NetGalleyFrance

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L’île de Martha's Vineyard à l’été 1953, à la veille du mariage de Shelby Coles. La jeune fille appartient à une famille de la bourgeoisie noire et s’apprête à épouser un musicien blanc. Mais ce mariage n’est pas vu d’un très bon œil par la famille Coles car, pour eux, se marier avec un homme blanc sans fortune est une mésalliance.

Dorothy West nous plonge ici au cœur de la famille Coles et revient sur leur ascendance. Aujourd’hui les Coles sont riches et fiers de leur peau claire. Deux avantages qu’ils entendent bien conserver. Et entre Shelby et sa sœur, qui de son côté a épousé un homme noir de qui elle a eu une petite fille d’une couleur plus foncée que ce que les membres de la famille peuvent supporter, il semble que les générations ne soient plus en accord.

Il faut évidemment replacer ce texte dans le contexte particulier dans lequel il a été écrit et se place, à savoir les années 1950, aux Etats-Unis. Une époque et un pays marqués par l’esclavagisme, la ségrégation, les luttes pour l’égalité. Il est alors très intéressant d’accompagner cette famille au fil des générations et de son ascension sociale. Intéressant de voir Gram, blanche, refuser de prendre dans ses bras son arrière-petite-fille noire. Intéressant de voir comment, de génération en génération, la richesse ou la couleur ont déterminé les alliances et les mariages. Intéressant de voir la confrontation avec la jeune génération, qui à travers Shelby et sa sœur, cherche à s’émanciper de cet atavisme pour vivre leurs histoires d’amour sans prendre en compte les critères des plus anciens.

Le tout est servi par une plume d’une grande justesse, un style qui va à l’essentiel et assez simple qui aide aussi à ne pas se perdre dans cette saga familiale dense qui met en scène de nombreux personnages au cours des années. C’est une analyse, mais aussi une critique, captivante de la société bourgeoise noire, de cette espèce de snobisme qui tient les membres renfermés sur eux-mêmes.

Encore une fois, la collection Vintage des éditions Belfond fait mouche en remettant en lumière cette œuvre.

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Elle était submergée par tant d'angoisses, tout à coup, à propos de sa vie, d'elle-même, de son corps.. Elle savait que, depuis un ou deux ans, son apparence s'était modifiée, bien que tout le monde lui affirmât le contraire. Elle vieillissait et souffrait de constater que le temps se montrait plus cruel envers elle qu'envers Simon. Tout avait passé si vite, elle avait atteint cinquante-quatre ans si rapidement ! Bientôt cinquante-cinq. . puis soixante.. Elle avait envie de crier : « Oh, mon Dieu ! Arrêtez tout.. Attendez. . J'ai besoin de plus de temps.

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D'après la préface, l'œuvre de Dorothy West, autrice afro-américaine des années 50, s'inspire largement de son milieu social d'origine, à savoir la communauté noire et bourgeoise, aisée, cultivée, et elle en épingle les préjugés. La réussite financière, acquise sur plusieurs générations, depuis les ancêtres esclaves allant de pair avec la peur de se "noircir". Les personnages de ce roman ont le sang mêlé coupable, ils ont intégré le modèle blanc, et peinent à se définir en dehors des critères de races et sont emprunts des normes de leur communauté.

Toute l'action du roman se situe dans l'Orval qui est un quartier noir et chic de l'île de Martha's Vineygard. Les familles y ont des résidences secondaires et y vivent l'été dans un entre soi confortable. Le racisme reste au bout du chemin étroit qui mène à cette citadelle de la bonne société de couleur. les Ovaldiens forment un clan , fiers de leur exode estival, des villas briquées par les domestiques, tout ce petit monde se connait et se reconnait, juste à côté des zones considérées par l'usage comme réservées aux blancs.  Et dominant l'Oval, il y a la demeure des Coles, la fine fleur de la bonne société, le joyau de la réussite. Les deux filles Lyz zt Shelby pourrait d'ailleurs passer facilement pour des blanches bronzées, Shelby notamment, blonde aux yeux bleus, le portrait quasi craché de sa grand mère, Gram, aristocrate du sud esclavagiste. Les parents, Corine et Clark ont fait leurs études dans les plus grandes universités possibles aux noirs. Même si leur union est un leurre, elle n'en est pas moins respectable. Corinne prend ses amants le plus discrètement possible en dehors du cadre, elle les aime jeunes et noirs, vraiment noirs et Clark dissimule sa double vie avec sa secrétaire métisse foncée.

Le roman commence la veille du mariage de Shelby, la grande affaire en cet été ovaldien. Si lyz a dérogé aux règles en épousant un homme foncé, mais quand même "docteur", Shelby a porté son coeur vers un homme blanc, jazzmen, pas très riche, mais blanc . Le mariage est-il vraiment d'amour ou de rejet des sa propre race ? Voilà qui agite la famille, la blonde Shelby vacille. Les préparatifs vont cependant bon train,  et tout devrait se passer selon l'ordre établi, sauf qu'un intrus s'est glissé dans l'Ovaldie, à la faveur d'une location. Lute Mac Neil est une brute, inculte, il a fait fortune pourtant et offre en cet été à ses trois filles une parenthèse en immersion dans un monde qui n'est pas le sien. Elles sont nées de trois mères différentes, trois mères blanches qu'il a congédiées à grands coups de claques et d'humiliations, même si la dernière s'accroche encore. La plus petite des filles ayant découvert chez la famille voisine ce qu'était une maman, elle en veut une aussi. Ce qui tombe à pix car Lute a jeté son nouveau dévolu sur Shelby et compte bien sur son charme viril pour la retourner comme une crêpe. Il lui reste, pour arriver à ses fins, un jour et une bnuit quand le roman commence.

Cette conquête n'est pas le fil du roman, il s'agit bien plus d'une saga à la chronologie inversée. On remonte le cours du temps qu'aux ancêtres, du côté Clark et du côté Corinne, les unions mixtes, voulues, forcées, regrettées, puis arrangées, l'ascension vers une aisance financière s'accompagnant d'un métissage de plus en plus "blanc" et valorisant, mais pouvant être remis en question par une attirance amoureuse de mauvais aloi. Le portrait est grinçant, de ces descendants d'esclaves qui intègrent le racisme comme une norme, et loin de s'en affranchir, le retournent contre eux mêmes. Par rapport à tout ce que j'ai lu sur la ségrégation et l'époque de la lutte pour les droits civiques, ce roman m'a demandé de faire un sacré pas de côté, et de changer la focale. Il m'a fallu un moment pour comprendre les Ovaldiens, où épouser un blanc est une trahison, mais aussi un pas de plus loin de la souillure originelle de l'esclavage, mais épouser un noir une régression.

En tout cas, c'est un pas de côté intéressant et pour moi, inédit.

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