Trois fois la fin du monde

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Publication 23 août 2018 | Archivage 30 sept. 2018

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Résumé

Après un braquage avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal est jeté en prison. Gardes et détenus rivalisent de brutalité, le jeune homme doit courber la tête et s’adapter. Il voudrait que ce cauchemar s’arrête. Une explosion nucléaire lui permet d’échapper à cet enfer. Joseph se cacheau dans la zone interdite. Poussé par un désir de solitude absolue, il s’installe dans une ferme désertée. Là, le temps s’arrête, il se construit une nouvelle vie avec un mouton et un chat, au cœur d’une nature qui le fascine.

Trois fois la fin du monde est une expérience de pensée, une ode envoûtante à la nature, l’histoire revisitée d’un Robinson Crusoé plongé jusqu'à la folie dans son îlot mental. L’écriture d’une force poétique remarquable, une tension permanente et une justesse psychologique saisissante rendent ce roman crépusculaire impressionnant de maîtrise.

« Au bout d’un temps infini, le greffier dit que c’est bon, tout est en règle, que la fouille est terminée. Il ôte ses gants et les jette avec répugnance dans une corbeille. Je peux enfin cacher ma nudité. Mais je ne rhabille plus le même homme qu’une heure auparavant. »

Après un braquage avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal est jeté en prison. Gardes et détenus rivalisent de brutalité, le jeune homme doit courber la tête et s’adapter. Il voudrait que ce...


Ils recommandent !

« Parce qu’elle est novatrice, ambitieuse et généreuse, l’œuvre de Sophie Divry est à découvrir sans condition. »
Estelle Lenartowicz, L’Express

« Les romans de Sophie Divry, si spectaculairement différents les uns des autres, font souffler un air revigorant sur la scène littéraire. »
Raphaëlle Leyris, Le Monde

« Parce qu’elle est novatrice, ambitieuse et généreuse, l’œuvre de Sophie Divry est à découvrir sans condition. »
Estelle Lenartowicz, L’Express

« Les romans de Sophie Divry, si spectaculairement...


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ISBN 9782882505286
PRIX 16,00 € (EUR)

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Chroniques partagées sur la page du titre

"Trois fois la fin du monde" est le dernier roman de Sophie Divry. Après 'Quand le diable sortit de la salle de bains', qui racontait les déboires d'une jeune femme au chômage, Divry choisit cette fois-ci un personnage principal masculin, Joseph Kamal, qui voit son univers s'écrouler à trois reprises, le forçant à chaque fois à s'adapter, pour relever la tête, et malgré tout, continuer à vivre. Joseph est un gentil garçon qui a mal tourné : entraîné par son frère Tonio dans un braquage qui s'est terminé en fiasco, il se retrouve en prison. Reclus, déprimé, stressé, Joseph n'adopte pas toujours les bonnes stratégies dans l'enfer carcéral ; un peu naïf, pas très costaud, il parvient toutefois à faire son trou. Jusqu'au jour où, dans des circonstances exceptionnelles, il retrouve la liberté. Mais sa nouvelle vie ne sera pas de tout repos. Le récit est centré sur le personnage de Joseph, dont le témoignage pris sur le vif alterne avec la voix d'un 'narrateur'. La première partie en prison, racontée par Joseph, est brutale; survivre est un combat, et les hommes, qu'ils soient détenus ou gardiens, rivalisent de férocité. Plus tard Joseph se cache au cœur du Lot dans une solitude absolue, et doit subvenir à ses besoins par ses propres moyens. A la noirceur du centre pénitentiaire, s'opposent la beauté sidérante de la nature, le rythme paisible des saisons, la force du renouveau - en restant au plus près de ses réflexions intérieures, formulées dans un style de plus en plus simple et centrées sur des préoccupations de plus en plus basiques, on sent Joseph se transformer, et aussi, curieusement, on observe un fossé se creuser avec le 'narrateur' qui garde la distance pour aplanir ou magnifier les évènements, là où Joseph, lui, réagit avec ses tripes. Oui, il devient une sorte de Robinson des temps modernes, à ceci près que Robinson cherchait désespérément à reprendre contact avec ses semblables, alors que Joseph préfère garder ses distances. Il fait donc l'expérience de la liberté, mais reste condamné à la solitude à perpétuité. Dans ce livre, Sophie Divry nous révèle de nouvelles facettes de son talent : descriptions minutieuses d'univers radicalement différents, évolution toute en finesse de la psychologie du personnage, prises de parole pertinentes du narrateur; et comme souvent chez cette auteure, se pose en filigrane la question de la relation à autrui. Elle n'offre pourtant pas le confort d'une solution pérenne à son personnage, qui sera pris d'abord dans la meute hostile des prisonniers, avant de crever de solitude, malgré la compagnie attachante d'un mouton baptisé Chocolat, et d'une adorable chatte rousse, Fine. Dès lors entre 'l'enfer c'est les autres', et 'l'enfer c'est personne', il revient à chacun de trouver sa propre voie.

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La première fin du monde, c'est quand Joseph Kamal et son frère organisent un braquage, que les flics arrivent, que le frère leur tire dessus, qu'il se fasse assassiner sous les yeux de l'autre, que Jo finisse en prison, juste parce qu'il voulait pas que son frère soit tout seul. La deuxième fin du monde, c'est quand presque toute la France se fait ravager par une explosion nucléaire, que Jo arrive à s'échapper de la prison et qu'il se rend compte qu'il est immunisé contre les radiations, qu'il doive tuer un flic pour s'en sortir, et qu'il finisse par vivre en ermite dans un monde dépeuplé, à tout recommencer à zéro. La dernière fin du monde, eh bien. Vous verrez bien. « Soumets-toi, rencard à 4h sur le toit, amène tes arguments, j'amènerai mon nunchaka, ma colère gronde, j'te ferai cuire au micro-onde, j'irai pisser sur ta tombe ce s'ra immonde, comme la fin du monde. » L'Apocalypse selon Stupeflip, pour vous donner une idée de ce dans quoi vous allez mettre les pieds. La première partie, sur la prison, est totalement ancrée dans la réalité présente : conditions de vie carcérale, humiliation, corruption, manipulation, domination, peur, suicide... Une volonté de faire réfléchir, esquissée dans les détails. Un premier coup porté aux tripes. La deuxième partie est presque un peu surréaliste, avec son explosion et ses immunisés, un air de vraie fin du monde qui pourrait bien arriver, deuxième réflexion qui tente de faire réagir sur des problématiques actuelles. Et pourtant, ici ça n'est guère qu'un prétexte : peu de détails sur la catastrophe, les enjeux, les possibilités. Juste un air de liberté, de nouveau départ, un portrait-paysage dénué d'humains, juste notre héros, sa cavale, son refuge dans les bois, ses nouveaux compagnons animaux. La vie au grand air, pour quelqu'un des villes, la délivrance de la prison, apprendre à être un adulte, à construire un monde, à vivre au jour le jour. C'est la partie la plus importante du livre, et ma partie préférée, plutôt simple en vérité, mais on s'immerge facilement. La fin m'a arrachée un cri de douleur, encore pire que le premier. L'autrice alterne entre le point de vue du personnage et une sorte de narrateur omniscient, qui offre à la fois une sorte de détachement et d'immersion totale, entre faits et ressenti, qui fait qu'on rentre facilement dans le jeu, ça touche un peu plus, mais parfois c'est bien, aussi, d'avoir un peu de recul. Si ça a pu me perdre un peu au début, j'ai fini par passer outre. Elle met en avant de forts contrastes, jouant sur les contraires, les opposés, la béatitude et l'horreur, la liberté totale et la privation, la solitude et se faire marcher sur les pieds, le rationnement et l'abondance, la beauté et la laideur, le béton et la nature, la loi des hommes et la loi de la terre... Comme j'ai lu le livre d'une traite, ça a été l'ascenseur émotionnel, un peu terrible d'ailleurs. Ce que j'ai le plus apprécié ? Le monde sans humains, le retour à la terre, le côté Blanche neige dans les bois version hardcore. Pour le reste, tout n'est que violence et vanité. Bref, comptez bien vos dents, vous risqueriez d'en perdre quelques unes dans le tas.

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Lorsque Joseph se retrouve en prison pour un braquage qui a mal tourné, son monde s'écroule : lui, le gentil gars de banlieue découvre la violence, l'humiliation, la manipulation, la haine, la survie dans ce milieu où seuls les plus forts tirent leur épingle du jeu. Après trois ans dans cet enfer, il parvient à s'échapper à la faveur d'une explosion nucléaire qui décime la population. Seul, errant, il se réfugie dans la zone contaminée désertée et jouit enfin d'une solitude qu'il appelait de ses voeux. Sorte de Robinson Crusoé post-apocalyptique, il redécouvre une vie simple, tranquille, au rythme de la nature et des animaux. Sophie Divry continue de nous surprendre avec ce roman percutant, dont l'écriture forte et pleine de poésie creuse l'âme humaine pour en exposer les rouages, entre ombre et lumière, violence et tendresse, recherche de la solitude et folie d'être seul.

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Un jeune gars de banlieue, Joseph Kamal, se retrouve à la fois sans famille et emprisonné. Son frère a été abattu lors du braquage où lui même a été arrêté. Joseph n’a rien d’un récidiviste, il découvre l’univers carcéral, et le lecteur avec lui. J’avoue que je ne m’attendais pas à un tel début, avec une sensation d’enfermement, d’étouffement, puissamment rendue par les mots. Puis un événement, d’origine nucléaire, rapidement évoqué, précipite Joseph dans un monde radicalement différent. Il se retrouve en effet seul dans une zone contaminée, la majorité de la population étant morte des suites des radiations, sauf une faible minorité dont il fait partie. Il pourrait choisir de rejoindre la zone protégée, mais préfère s’installer dans un hameau vidé de ses habitants. La sensation de solitude qui suit la promiscuité carcérale est d’autant plus forte, une solitude qui n’est pas choisie, mais qui arrange bien Joseph après l’inhumanité de la prison, et la peur que lui inspiraient ses codétenus. Joseph n’est pas vraiment un manuel, ni quelqu’un de proche de la nature, il doit apprendre tous les gestes, se documenter pour connaître ce qui l’entoure, s’adapter à la région où il est réfugié. Les évocations de la nature et des saisons ne sont peut-être pas le point fort de l’auteure, mais elle sait parfaitement se mettre à la place du personnage et dans ses pensées, faire ressentir ce qu’il ressent, pousser à imaginer ce qu’on ferait à sa place, comment on appréhenderait l’environnement, les plantes, les animaux… Sophie Divry montre en écrivant ce roman, comme avec ses précédents, qu’il est possible de raconter une histoire en s’attachant aussi à la forme même du roman. En trois parties, correspondant, si on veut, aux trois fins du monde du titre, elle nous emmène dans un univers radicalement différent de celui de ses autres romans, dans un style bien distinct aussi, avec des passages du « il » au « je » qui rythment le texte. Elle dit dans une interview avoir lu et été inspirée par Le mur invisible de Marlène Haushofer ou La petite lumière d’Antonio Moresco plus que par Robinson Crusoé. Comme dans ces romans, c’est de solitude qu’il s’agit, et de se créer un univers qui soit vivable lorsqu’on est seul. Mais tout d’abord, l’être humain est-il adapté à la solitude ? Dans l’atmosphère d’inquiétude concernant le futur qui est celle de notre époque, les romans traitant de survie solitaire sont nombreux, et celui-ci y a toute sa place, et se révèle passionnant jusqu’à la dernière ligne.

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Sophie Divry signe ici un texte puissant et vibrant autour de la violence humaine, et de la beauté hypnotique de la nature. Jeune vingtenaire sans histoires, Joseph suit son frère délinquant dans un braquage, dont l'issue est dramatique : son frère meurt sous les balles, et il se retrouve incarcéré. Passé le choc de sa nouvelle vie, commence pour lui une série de violences et d'humiliations qu’il subit aussi bien par ses co-détenus que par les surveillants, et dont il ne sortira pas indemne. Une opportunité plutôt singulière ( un accident nucléaire contre lequel il semble immunisé) lui permet de s'enfuir et de refaire sa vie seul, au beau milieu de la nature libérée des humains. Retiré, entouré d'un chat et d'un mouton, il redécouvre le miracle de la vie et des cycles saisonniers, tout en luttant pour survivre. Le mythe de Robinson n'est pas bien loin, et la diversité des styles d'écriture et des points de vue narratifs déployés par l'auteure nous permet de plonger au cœur de la psyché de Joseph. Un livre saisissant.

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"Faut pas mollir. Organiser son temps. Avoir son propre règlement, que celui des Bleus ne soit plus le seul à s'imposer. Curieusement, au lieu de nous contraindre plus, cela nous garantit de la liberté, ou quelque chose d'approchant." Un seul personnage principal , Joseph Kamal, va connaître Trois fois la fin du monde. La première en étant incarcéré pour la première fois de sa vie en prison où il fera l'expérience d'une communauté imposée et n'aspirera qu'à la solitude. La deuxième, quand à l'issue d'une Catastrophe, indéterminée, il fera partie des survivants et mettra à profit les acquis de la prison. La dernière, quand il se retrouvera seul dans la nature à rechercher la compagnie des animaux pour ressentir à nouveau des émotions et des sentiments. N'étant guère friande ni de romans carcéraux ni de romans évoquant la fin du monde , je me suis pourtant régalée du début à la fin de ce roman de Sophie Divry, la présentation et la citation mise en exergue me donnant comme boussole" l’histoire revisitée d’un Robinson Crusoé plongé jusqu'à la folie dans son îlot mental". C'est donc avec enthousiasme que j'ai lu ce roman, établissant sans cesse des comparaison avec les textes de Defoe et/ou de Michel Tournier. Quant à la dernière partie, elle a tout de suite fait écho à un texte clairement revendiqué comme source d'inspiration par l'auteure, à savoir Le mur invisible de Marlen Haushofer. Évoquant le thème de la solitude recherchée ou subie, Trois fois la fin du monde montre qu'une fois de plus Sophie Divry a su se renouveler avec bonheur.

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Trois fois la fin du monde c'est l'histoire d'un jeune homme qui prend une décision malheureuse qui va transformer sa vie en simple survie. C'est une plongée au coeur d'une tempête de nuages très noirs parfois transpercés d'une lumière inespérée. Il est aussi fascinant qu'oppressant de suivre le parcours de Joseph, ce garçon lambda fracassé par une société souvent injuste et pourtant cruellement nécessaire. Un roman qui se lit en apnée grâce à une construction remarquable qui nous entraîne toujours un peu plus loin dans les ténèbres.

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Voici mon deuxième coup de coeur de cette rentrée littéraire !! A force de lire beaucoup, j’attends à présent de mes lectures qu’elles me bousculent et m’étonnent, et c’est bien le cas avec ce nouveau titre de Sophie Divry, complètement inattendu. Et ouah, quelle énergie dans la narration et l’écriture !! Joseph Kamal vient d’être jeté dans une prison de région parisienne, après un braquage raté dans lequel son frère Tonio a trouvé la mort. Un peu naïf et déphasé, il est très vite confronté à l’extrême violence dont font à la fois preuve les autres détenus, mais aussi les gardiens. Quand soudain, une explosion nucléaire rebat les cartes. Joseph Kamal profite du désordre pour s’échapper, quand d’autres décèdent autour de lui. Les survivants sont peu nombreux et partent pour la plupart à l’abri des radiations, dans la zone. Joseph, lui, choisit de s’enfuir dans l’autre sens, dès qu’il a conscience que son casier judiciaire le suivra toujours, et que s’inventer une nouvelle vie dans la zone est impossible. Il se retrouve alors dans un village de Causse, dans lequel il arrive peu à peu à se créer un abri, un foyer, entre son potager, le mouton qu’il a recueilli et sa chatte Fine. Mais la solitude est totale, et les vivres rares. Ce nouveau Robinson des temps modernes arrivera-t-il à survivre à ce naufrage d’un nouveau genre ? Il est peu de dire, donc, que j’ai été bousculée par ce dernier titre de Sophie Divry. Tout d’abord, par sa description presque intenable (réelle ?) du milieu carcéral. Le jeune Joseph, entraîné par son frère dans une voie qui ne lui correspond qu’à moitié, est confronté dès son emprisonnement à un broyage intégral de sa personnalité. Puis, il y a toute cette description de la survie post-apocalyptique qui là génère tout à coup un certain apaisement. On s’imagine quelqu’un survivre dans la zone interdite de Tchernobyl, on s’imagine la situation possible et l’empathie du lecteur naît peu à peu. Sophie Divry signe ici un roman à la fois extrêmement violent et d’une étrange beauté. L’écriture est rude, abrupte, pas forcément confortable, mais le propos est engagé et fort. Je recommande plus que chaudement.

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Dès le début, on est tout de suite dans le bain : un braquage, un mort et le narrateur se retrouve en prison. Il découvre ce nouvel environnement dans lequel il doit s’adapter rapidement pour ne pas se faire marcher dessus. Cette première partie est écrite à la première personne et j’étais véritablement plongée dans la tête du personnage. On vit ses doutes, ses peurs et ses espoirs. La langue est très orale et même parfois argotique, elle colle ainsi parfaitement au personnage et à l’atmosphère. Cela rend le tout très crédible. Je me suis immergée sans problème dans le roman et on se surprend à éprouver de l’affection pour le personnage malgré les faits qui lui sont reprochés. Et puis survient la Catastrophe qui va complètement changer la face du roman ! Un accident nucléaire, dont on ne sait pas grand-chose, provoque la mise en quarantaine de la population survivante dans la Zone. C’est à ce moment-là qu’on apprend le prénom du personnage principal : Joseph. On bascule alors dans une narration à la troisième personne dans cette courte deuxième partie. Enfin, dans la troisième partie, amorcée suite à un événement que je ne vous spoilerai pas, Joseph voit en cette Catastrophe l’opportunité de reprendre sa vie en main et de profiter de sa liberté retrouvée inopinément. Il vit alors en autarcie hors de la Zone dans une ferme en domestiquant des animaux. Dans cette dernière partie intitulée « Le solitaire », l’auteure alterne entre le « je » et le « il » et le roman change complètement de dimension. De la prison, on passe à la campagne et de la violence au calme et à la solitude. Le style est toujours direct, les phrases sont courtes et la poésie de l’écriture nous emporte littéralement. La psychologie du personnage est finement décrite. Envoûtant ! Parmi les livres de cette rentrée, je vous recommande donc ce roman de Sophie Divry pour sa construction originale et son écriture. Il n’y a pratiquement qu’un personnage, le narrateur, qui porte le roman à bout de bras et auquel on s’attache facilement malgré son passé de braqueur. Les trois parties du roman sont très différentes et on suit l’évolution du personnage de l’enfermement à l’ivresse de la liberté et de la nature. Le tout est maîtrisé et d’une justesse incroyable !

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Dans ce roman, on suit Joseph Kamal, qui doit purger une peine de prison après avoir participé à un braquage avec son frère. En même temps que la découverte de l'univers carcéral sans pitié, il doit surmonter la mort de son frère, survenue lors du braquage. C'est une nouvelle vie douloureuse qui semble l'attendre, d'autant que sa peine est longue. Seulement, par une sorte de miracle, il va pouvoir s'échapper lors d'une catastrophe. La Catastrophe, mot qui reviendra tout au long du roman, est en réalité une explosion nucléaire qui a décimé toute la moitié sud de la France. Seuls quelques immunisés restent en vie, mais ils sont très peu, et sont incités à regagner la zone nord. Joseph en fait partie, mais il est trop heureux de sa liberté retrouvée et ne songe qu'à rester vivre dans ces parages, profitant de sa solitude et de cette nature qui lui avait tant manqué. S'ouvre alors la troisième partie du roman, cette longue robinsonnade tant annoncée au sujet de ce roman. Joseph va tenter de s'organiser pour survivre alors même que l'électricité et l'eau courante ont été coupées. Il en profite pour se réapproprier cette nature dont il se languissait pendant ses années d'incarcération, et dont il ne prenait pas la pleine mesure lors de sa vie d'avant. Sophie Divry signe ici un très beau livre. L'écriture est bien travaillée, alternant narration à la première personne en adoptant le point de vue de Joseph, et narration à la troisième personne qui embrasse un point de vue plus large. Cela apporte réellement du relief à la lecture, la voix de Joseph, celle d'un homme de niveau social assez bas amené à devenir délinquant, étant brute et parfois acérée. Le narrateur externe apporte un recul bienvenue, et une vision des choses plus posée et réfléchie. Si on est clairement dans le registre post-apocalyptique, on est loin des scènes de violence assez répandues dans ce genre. L'histoire alterne de façon très sage les moments d'adversité et ceux plus doux, qui permettent une réflexion plus poussée, donnant une tournure touchante. Cette histoire dépaysante alliée à une écriture presque poétique font de Trois fois la fin du monde un grand roman. C'est pour moi un coup de coeur, que je vous encourage à découvrir.

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Voilà un roman qui commence de façon "classique", à la suite d'un braquage qui a mal tourné, où son frère est mort, Joseph Kamal est placé en détention. Il découvre le monde de la prison, sa violence, ses codes, mais au moment où il commence à s'y adapter une catastrophe nucléaire raye la moitié de la France de la carte... et le roman bascule dans un tout autre genre... Le voilà seul au monde ou presque, dans une nature qui curieusement se remet bien vite de la catastrophe. Entre bricolage, agriculture, nous voici plongé dans une sorte de manuel de survie, entre ode à la nature et réflexion sur la solitude. De la surpopulation carcérale et sa promiscuité à l'isolement, quel est le pire? De l'Enfer au Jardin d'Eden? Et puis tout bascule à nouveau après un incendie, qui enclenche le retour vers la civilisation ( et la couverture du roman est particulièrement bien choisie) . J'ai beaucoup apprécié l'écriture de l'auteure, qui m'a tenu en haleine jusqu'au bout, alors que le thème du roman ne m'a pas franchement captivée. J'en retiendrai donc surtout le nom de Sophie Divry et me tournerai avec plaisir vers ses autres publications!

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J’ai lu ce court roman avec curiosité et aussi suite au coup de cœur des Lectures d’Antigone : Trois fois la fin du monde….. Je ne comprenais pas trop mais à la lecture du résumé cela m’a interpellé. Passer du monde carcéral au monde libre dans la nature : un choc sûrement. Joseph découvre la prison en même tant que la douleur de perdre son frère, son mentor, ce grand frère qui était sa seule famille. Désormais il est seul au milieu de voyous, de clans, dans des cellules où règnent la loi du plus fort, du plus puissant, de celui qui a le plus de pouvoir sur les autres détenus. Il va connaître l’isolement au milieu des autres, la saleté, la perte d’intimité. Il n’était pas préparé à cela : les humiliations des fouilles, l’attente et l’espoir d’une visite, le sentiment d’injustice suite à la mort de son frère, la perte de repères. La description du milieu carcéral est parfaitement rendue : étouffante, crasse et violence sont omniprésentes. Une découverte qui tourne au cauchemar. Une catastrophe intervient. On ne sait rien sur son origine, il n’est question que de radiations. Peut-être une catastrophe nucléaire, mais la nature est préservée, non contaminée, et Joseph va se retrouver seul, isolé dans la campagne, sans âme qui vive, sans électricité. Personne n’a survécu que lui pense-t-il sauf peut-être plus loin, ailleurs. Il va falloir à nouveau qu’il s’adapte à un nouvel environnement : passer de la prison à la totale liberté, du désœuvrement à l’activité intense, planifier, réfléchir pour trouver une solution à chaque difficulté ou problème. Tout est à portée de mains : grandes surfaces, réserves de nourriture dans les habitations. Il n’y a qu’à se servir mais il faut penser à long terme…. Et cela suffit-il à son bonheur ? C’est la partie que j’ai préférée : peu à peu Joseph va devenir un Robinson. Il va réapprendre les gestes des premiers hommes. Il a du travail. Beaucoup de travail. Mais tout s’accomplit en son temps. C’est un homme couvert de temps. (p117) Mais l’homme n’est pas fait pour vivre seul et il va avoir besoin de trouver son Vendredi. L’écriture est précise, concise, chaque sentiment est parfaitement décrit. On se glisse dans le personnage de Joseph qui pénètre à chaque fois dans des mondes qui lui sont inconnus : prison, nature. L’homme a d’innombrables ressources. Retrouver de vraies valeurs, trouver le bonheur, la sérénité, le sentiment du travail accompli voilà ce que Joseph va trouver. Mais cela suffit-il au bonheur ? Où se trouve le paradis, l’a-t-il trouvé ? Il s’agit presque d’un roman philosophique : le monde, notre monde peut basculer à tout moment, passer d’un univers à l’autre, comment nous y adapter, comment parvenir à y vivre. Nous pouvons transposer dans beaucoup de situations ce basculement que l’humain peut connaître (peut-être pas dans des formes aussi extrêmes) au cours de sa vie. Ne jamais croire que tout est définitif, la pensée de l’homme évolue comme les besoins. Vivre seul rend-il plus heureux, l’enfer c’est les autres mais peut-on se créer un paradis et y être heureux, cela suffit-il ? Sophie Divry ne donne pas de réponse : elle nous laisse y réfléchir, faire le cheminement avec Joseph comme Robinson l’a fait avant lui, vivre totalement seul est-il préférable pour se préserver de la folie des hommes. Est-ce que l’enfer c’est les autres, la société ? Peut-on vivre en ce passant des autres ? J’aime beaucoup quand un (ou une) auteur parvient de façon concise, limpide à exposer un sujet de réflexion profond. On ressort d’une telle lecture avec des envies de retrouver de vraies valeurs, un retour aux sources. C’est une jolie découverte sur un thème déjà exploité mais transposé dans notre monde complexe basé sur la possession, le pouvoir.

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J'attendais avec impatience de lire le nouveau roman de Sophie Divry car j'avais énormément aimé un autre de ses romans La condition pavillonnaire. C'est d'ailleurs celui-ci, que j'offre avec plaisir, à mes amies étant l'un de mes livres préférés. Et je ne fus pas déçue, bien au contraire, je suis conquise, convaincue et charmée par cette belle lecture. J'ai adoré le construction de ce roman, que j'ai trouvé originale et innovante. Le fait de basculer dans deux mondes très différents est une réelle réussite. Deux environnements diamétralement opposés ! Pour l'un, un milieu carcéral où l'on côtoie la violence, le bruit, un endroit surpeuplé et pour l'autre, un milieu silencieux, calme et beau ! J'ai vraiment trouvé cette idée très judicieuse, pertinente et prodigieusement bien ficelée. J'ai aimé autant la première partie que la seconde. Un récit passionnant qui m'a tenu en haleine tout au long du livre !!! Et c'est avec fascination, que je me suis plongée littéralement dans ces deux mondes . J'ai suivi avec beaucoup d’intérêt la vie de ce jeune homme Joseph qui m'a ému dans son parcours chaotique et solitaire. Comme toujours, l'écriture de Sophie Divry est belle et envoûtante. L'auteure décrit la nature et son environnement d'une plume ensorcelante, qui embarque totalement le lecteur. Je me suis juste laissée bercer par cette histoire forte et touchante. D'une grande beauté dans les textes, dans les mots, dans ce récit qui nous est conté, tout est magnifiquement bien en place. Indéniablement, c'est un roman à lire de la rentrée littéraire.

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Joseph Kamal est incarcéré pour un casse qui a mal tourné et au cours duquel son frère a été abattu par la police. La description très réaliste de la violence de la prison est effroyable, c’est une première fin du monde pour Joseph. Puis survient une catastrophe nucléaire qui décime une partie de la population, et permet à Joseph de s’évader et de se réfugier dans une zone sinistrée abandonnée. Il est miraculeusement indemne. Deuxième fin du monde. La troisième ? c’est la solitude qu’il va affronter, nouveau Robinson Crusoé des maisons abandonnées dans une campagne déserte. Au départ, la survie est simple et il revit après tant de violences endurées. Les supermarchés abandonnés et les maisons vides sont abondamment approvisionnés. Il n’y a plus d’électricité, plus personne. L’homme est-il fait pour vivre seul ? Il faut voir l’empressement de Joseph à recueillir des animaux et son attachement à ces derniers, pour comprendre combien la solitude est complexe à endurer (alors qu’il la souhaitait plutôt au moment de la prison !) et la nature riche de ressources, mais pas de celle du lien humain ! Sophie Divry surprend une fois encore par sa capacité à changer complètement de registre d’un roman à l’autre. Elle fait preuve ici aussi d’une belle écriture dans un éloge de la nature et la description psychologique de son personnage est juste et sensible. Une plume à ne pas manquer !

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Joseph Kamal, marginal presque par accident, connaît après un braquage raté la violence et l'abjection en prison. Puis miraculeusement sauvé de l'enfer carcéral par une catastrophe qui tue la moitié des Français, Kamal découvre, en même temps que la liberté, la beauté de la nature, mais aussi la difficulté de vivre seul. La prison, une catastrophe nucléaire, la solitude : trois fois la fin d’un monde pour le héros de Sophie Divry. L'enfer, c'est les autres disait le célèbre borgne, l'enfer c’est l’homme détruisant la planète, l'enfer c'est être seul face à soi-même. Des thématiques développées (ou pas) avec pragmatisme par Sophie Divry qui, avec Trois fois la fin du monde, illustre parfaitement la dualité de l'homme qui, cherchant à échapper à sa condition et aux autres, se trouve confronté à la solitude, donc à lui-même. Plus personne à haïr, ni à aimer. « C’est terrifiant, s’il y pense, l’idée d’être le dernier. »

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On est d’emblée saisi par la violence du monde carcéral intimement décrie dans ce roman mais aussi par la solitude que notre héros va retrouver dans une nature aussi belle qu’inquiétante. Sophie Divry a ce talent de se renouveler et nous surprendre à chaque parution. Une expérience littéraire unique entre « la route » et « Robinson Crusoé ».

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Robinson Crusoé à la française En jetant un repris de justice dans une zone contaminée par un accident nucléaire, Sophie Divry nous livre une version trash de Robinson Crusoé et sans doute l’un de ses romans les plus aboutis. Trois fois la fin du monde aurait aussi pu s’intituler trois expériences ultimes, de celles qui laissent des traces indélébiles et pour lesquelles l’auteur de La Condition pavillonnaire et de Quand le diable sortit de la salle de bain retrouve son terrain de prédilection, celui des moments de crise qui obligent à faire des choix, peut-être pas toujours conscients. Comme il se doit, tout commence très mal. Tonio entraîne son frère Joseph dans un braquage qui vire au drame. Son frère est tué et Joseph arrêté. Le jeune va alors très vite être confronté à la condition détentionnaire, aux règles qui régissent la vie dans les centres de détention et qu’il va devoir assimiler très vite. Car cette première «fin du monde» ne laisse guère la place à la fantaisie. En dehors ou avec la complicité des matons, il faut apprendre à survivre sans confort, nourriture, sommeil, calme et affection, mais surtout à une hiérarchie brutale et à une promiscuité répugnante. «Je me demande pourquoi mon frère ne m’a jamais dit un seul mot sur ses années de prison. Ça me serait utile aujourd’hui. Mais il est vrai que je n’étais pas censé m’y retrouver. C’était lui le voyou de la famille, pas moi.» À la sidération du néo-détenu vient s’ajouter celle du lecteur qui découvre la loi des caïds, la violence aveugle et les châtiments qui n’ont rien à voir avec une quelconque justice. Avec Joseph Kamal, il se rend compte de l’abomination que peut représenter un séjour carcéral en France aujourd’hui. Et sous la plume de Sophie Divry s’éclairent subitement bien des questions. Les statistiques sur les taux de récidive ou sur la dimension criminogène de nos prisons s’incarnent ici. Avec de tels traitements, comment ne pas sombrer… ne pas être habité par la haine. « Ce n’est plus une haine étroite et médiocre, celle des premières humiliations, non, c’est une haine comme une drogue dure. Elle fait jaillir dans le cerveau des consolations fantastiques. Elle caresse l’ego. Elle transforme l’humiliation en désir de cruauté et l’orgueil en mépris des autres. Je ne hais plus seulement les matons, je hais aussi cette engeance de damnés qui croupit là, encline à la soumission, complice des guet-apens. Dans cette cellule étroite, sans matelas, mes pensées-haine se répercutent d’un mur à l’autre. Je m’y adonne avec plaisir, suivant de longues fantaisies mentales où moi seul, brûlant la prison, reçois le pouvoir de vie ou de mort sur les détenus et les gardiens, les faisant tour à tour pendre, brûler vif, empaler. Parfois la rêverie s’arrête brusquement, mon cœur plonge dans une fosse de chagrin à la pensée de mon frère. Je comprends pourquoi Tonio ne m’a jamais dit un mot sur ce qu’il a vécu ici. » Aux idées noires vient pourtant se substituer une seconde «fin du monde» tout aussi dramatique : une catastrophe nucléaire. On peut imaginer le vent de panique face aux radiations et on comprend que tout le monde cherche à fuir. Une chance que Joseph ne va pas laisser passer, quitte à tuer à son tour. Un meurtre avec un arrière-goût de vengeance. Vient alors la partie du livre qui m’a le plus intéressé. Joseph choisit de s’installer dans la zone interdite pour échapper à la police. Quelque part en France, il rejoue Robinson Crusoé sans Vendredi à ses côtés. « Toute sa vie, il a été éduqué, habillé, noté, discipliné, employé, insulté, encavé, battu – par les autres. Maintenant, les autres, ils sont morts ou ils ont fui. Il est seul sur le causse. » Il est libre mais seul. Avec un sens de la tension dramatique, qui avait déjà fait merveille dans Quand le diable sortit de la salle de bain, Sophie Divry va alors creuser dans la tête de Joseph Kamal et nous livrer les pensées d’un homme qui, pour l’avoir déjà perdu, va chercher encore un toujours un sens à sa vie. Magistral!

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