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Couverture du livre pour Qui se ressemble

Qui se ressemble

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Date de parution 8 janv. 2026 | Archivage 19 janv. 2026

Buchet Chastel | La résonnante


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Résumé

"Tu es ma vie, chante la femme à l’épaisse chevelure noire maintenue en un chignon gonflé. Elle a un mouchoir à la main, comme ma grand-mère, des lunettes fumées, comme ma grand-mère, elle parle arabe, comme ma grand-mère."

1956, Besançon : un jeune homme venu d’Algérie découvre la France.

6 octobre 1973, Paris, jour de Kippour : une enfant comprend confusément qu’une guerre vient d’éclater.

Au fil du texte, la chanson Enta Omri d’Oum Kalsoum devient fil d’Ariane : une musique-mémoire pour dire l’exil, la langue, la transmission, la traduction – et ce « douanier » imaginaire qui laisse passer les mots mais retient la culture. Avec une justesse éblouissante, Agnès Desarthe signe un récit la fois intime et ample où la musique ouvre les portes du passé et éclaire la complexité d’une appartenance.


"Tu es ma vie, chante la femme à l’épaisse chevelure noire maintenue en un chignon gonflé. Elle a un mouchoir à la main, comme ma grand-mère, des lunettes fumées, comme ma grand-mère, elle parle...


Formats disponibles

ISBN 9782283041307
PRIX

Disponible sur NetGalley

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Chroniques partagées sur la page du titre

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Agnès Desarthe propose Qui se ressemble, un roman sur le passé d’une famille juive née de l’exil, et des différentes immigrations du début du XXᵉ siècle. Elle montre comment les femmes sont garantes de la conservation de la culture et font la force d’une communauté, surtout en l’exil.

Dans cette famille, une jeune enfant est la narratrice. Elle raconte le double exil, celui de Libye vers l’Algérie puis vers la France et par ailleurs, un autre de l’Europe de l’Est vers la France qui montre une famille marquée par les immigrations diverses et plurielles. À sept ans, elle pense que sa grand-mère ressemble à Oum Kalsoum. Comme elle, elle porte des lunettes fumées, a un mouchoir à la main, son mindil, et puis, elle parle arabe et elle n’a pas l’air commode.

C’est le leitmotiv tout au long du roman, comme un refrain qui raconte l’ampleur de l’appel d’une terre et les liens qu’elle tisse entre les hommes. Malgré l’exil, ces mondes continuent d’exister avec leurs rites, religieux ou non, et leurs mots aux accents si différents.

Agnès Desarthe fait chanter à Oum Kalthoum Inta Omri « Tu es ma vie« . La chanteuse était considérée comme « l’astre de tout l’Orient« . Égyptienne, l’écrivaine explique l’engouement des foules, sa personnalité, son engagement dans son art et sa maîtrise de la passion de son public.
De plus, Agnès Desarthe raconte l’immigration d’un jeune homme, dernier-né de sa fratrie, qui s’exile d’Algérie à Besançon, pour vivre sa vie. De ce récit, tout en sensibilité, l’écrivaine raconte une immigration assumée et revendiquée pour une vie plus libre, celle de son père.

Sur le support de la voix d’Oum Kalsoum, avec son Tarab, sa longue extase, Agnès Desarthe fait entendre l’histoire d’une famille qui raconte avec des événements précis l’histoire du Moyen-Orient depuis la création d’Israël.

Agnès Desarthe mélange les époques, les histoires et les récits s’enchevétrent. 1942 Orléansville en Algérie avec l’exil des juifs de Libye. 1956, le massacre de Khan Younès par l’armée israélienne, que l’écrivaine raconte de Paris, de Besançon ainsi que de Marseille. En 1976, la guerre du Kippour vue de Paris. Et quelques mots sur le 7 octobre 2023 lors des attaques terroristes, de façon identique vue d’ailleurs.

À sa manière, l’écrivaine montre que d’une même terre, la ressemblance existe, même si les langues sont différentes. Qui se ressemble doit de se rassembler, nous dit-elle en suspens.

Ce roman aux accents autobiographiques est une grande réussite, l’écrivaine sachant prendre par la main son lecteur et toujours le séduire par son écriture.

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Itinéraire sinueux d’une famille depuis Oran au coeur du vingtième siècle, le récit débute avec l’arrivée en France d’un jeune homme de dix-neuf ans, qui s’apprête à poursuivre ses études à Paris. Trente ans plus tard, une petite fille de sept ans, « consciente d’être sur le déclin » depuis que ses boucles ont laissé la place à une chevelure terne et plate, s’interroge sur ses origines, et sur sa place dans le conflit qui déchire le Proche-orient, quand la géographie ou la religion se mêlent pour brouiller les pistes de l’origine.

Les figures familiales seront analysées à l’aune de cet exil fondateur. Avec un portrait acéré de la grand-mère, qui bien que femme, est chef de famille .

Une personne autoritaire et brutale qui se débat comme elle peut avec l’impuissance que fabrique l’exil. Manières nouvelles, vêtements nouveaux, nourritures inconnues. Quand on quitte son pays, on se sent destitué, infantilisé. On perd d’un coup ce qu’on a mis une grande partie de sa vie à acquérir.

Ces années d’enfance, qui sont des années d’apprentissage, font feu de tout bois. Ainsi, passé le temps de la maternelle où la narratrice avait ressenti une appétence pour le savoir, le temps de l’école a été un terrain propice pour tenter de comprendre le fonctionnement de la société.

L'école n'a été pour moi qu'un laboratoire de relations humaines, un lieu protégé, où je tentais de comprendre ce que signifiait les liens, l'autorité, la concurrence, la jalousie, l'admiration, un Dieu neutre, dépourvu d'affect, préexistant, ignorant de la généalogie, exempt de toute culpabilité familiale.

Les mots, la langue, les outils de communication font l’objet de réflexions en lien avec l’appartenance. Ainsi :

Lorsqu'on cherche à restituer le sens d'un texte, la connaissance du vocabulaire ou de la syntaxe ne suffit pas. Quand on passe d'un idiome à l'autre, on en emporte avec soi plus que des mots.

On comprend la portée d’une telle affirmation quand sait le talent de l’auteur en matière de traduction.

En filigrane, un amour partagé pour la chanteuse Oum Kalsoum dont la voix a occupé les espaces de silence familial en créant un ciment propice à la transmission.

Récit intime, qui tente de composer avec les souvenirs et les bribes de l’histoire racontée, le puzzle d’une identité à construire . Avec comme toujours, l’art de manier la langue, qui fait mouche .

Merci à Netgalley et aux éditions Buchet-Chastel

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