Ténor de guerre
par Elisa Mignot
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Date de parution 22 janv. 2026 | Archivage 12 janv. 2026
Marchialy | Littérature française
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Résumé
De l’Opéra de Paris au front ukrainien, la trajectoire unique d’un chanteur lyrique devenu héros national.
Son nom de soldat était Myth, pour Méphistophélès. Quand Wassyl Slipak, chanteur d’opéra ukrainien ayant fait toute sa carrière en France, meurt sur le front de la guerre du Donbass en 2016, l’Ukraine l’érige en héros.
Elisa Mignot part sur les traces de cet homme pour tenter de comprendre comment sa trajectoire personnelle est venue percuter l’histoire de son pays. Son enquête, menée durant la grande guerre survenue en 2022, éclaire l’Ukraine d’aujourd’hui, questionne son besoin de héros et l’engagement de tout un peuple.
De l’Opéra de Paris au front ukrainien, la trajectoire unique d’un chanteur lyrique devenu héros national.
Son nom de soldat était Myth, pour Méphistophélès. Quand Wassyl Slipak, chanteur d’opéra...
Note de l'éditeur
Le titre sera prochainement au format ePub.
Formats disponibles
| FORMAT | Grand Format |
| ISBN | 9782381340685 |
| PRIX | 21,00 € (EUR) |
| PAGES | 200 |
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Disponible sur NetGalley
Chroniques partagées sur la page du titre
La guerre en Ukraine n'en finit plus ainsi que les femmes et hommes morts au combat dont Volodymyr Vakoulenko, Volodymyr Pavliv, parmi tant d'autres. Des anonymes pour la plupart dont le nom ne sera guère évoqué que sur des listes froides et sans âme et dans les cimetières qui n'ont cessé de jaillir de la terre ukrainienne. Et d'autres noms, un peu moins anonymes, qui parviennent jusqu'à nous, dont celui de Wassyl Slipak, dont les Éditions Marchialy et l'autrice Elisa Mignot nous proposent de lire le destin, et dont l'issue fut fatale pour lui aussi en 2016 avant même l'invasion de 2022. Wassyl Slipak, Василь Ярославович Сліпак, fut un chanteur lyrique à la carrière bien trop courte, mort à quarante et deux ans, et qui a exercé ses talents en France pendant une vingtaine d'années.
Découvert en Ukraine, il passe par Clermont-Ferrand puis arrive à la capitale française pour commencer à chanter à l'Opéra Bastille. Il passe en France 19 années durant lesquelles il quitte les opéras pour chanter dans le restaurant musical Bel Canto avant de partir sur le front en tant que volontaire en 2014. C'est à ce moment qu'il adopte la fameuse mèche cosaque telle que représentée sur les photographies. Il est tué au Donbas deux ans plus tard par un tir d'un sniper ennemi. La biographie concoctée par Elisa Mignot c'est le coup de foudre pour une voix hors du commun – même si les voix issues du répertoire lyrique le sont toutes à leur manière –, c'est cette interrogation sur ce sentiment patriotique si fort qui l'a amenée à endosser les armes pour défendre son pays, elle qui n'avait absolument rien à voir avec la guerre. Wassyl Slipak est devenu Myth – Méphistophélès, le diable du docteur Faust. C'est ce contraste-là qui saute aux yeux de l'autrice lorsqu'elle le découvre pour la première fois sur un écran d'ordinateur chez un torréfacteur artisanal parisien.
Le chant lyrique reste tout de même un domaine assez préservé et si je peine à citer ne serait-ce que le répertoire des artistes concernés, c'est avec l'oreille grande tendue que j'ai découvert cette vie de jeune garçon puis d'homme faite de musique et de paroles, inspirée par les XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles ukrainiens (lorsque certes le pays n'existait pas encore en tant que tel, n'est-ce pas… ), des noms de chanteurs et compositeurs que je n'aurais sans doute jamais vu passer sans le récit d'Elisa Mignot. Il était temps de lui faire ce récit, que l'on reçoit presque à l'anniversaire des dix ans de sa mort et quelle que soit son attrait pour le chant lyrique, la mémoire de l'homme est au moins aussi illustre que ses capacités vocales. Car l'homme était unique dans le monde de l'opéra, et cette singularité-là, qui rend la personne du chanteur si exceptionnelle et fascinante, d'une voix de contre-ténor singulière dérangeante en ex-Union soviétique avec une tessiture que l'on attribuait au sexe féminin dans le milieu à l'époque.
Elisa Mignot le dévoile, c'est le cheminement qui a opéré dans l'esprit du ténor de chant puis de guerre qui l'a mené à nous livrer son texte, sachant qu'elle connaissait déjà l'Ukraine pour y avoir fait des reportages. Ce titre présente encore une fois ce qu'elle nomme "l'ukraïnité". On avait déjà lu jusqu'ici l'identité ukrainienne à travers la littérature, on la découvre cette fois par son patrimoine folklorique musical. Le texte biographique cherche une vérité, celle qu'était l'homme grand de pratiquement deux mètres et doté "d'une personnalité insaisissable", passé du chant au braillement des détonations. C'est un kaléidoscope de perspectives, des amis, de la famille, des collègues, des professeurs, qui permettent de percer ce masque de héros de l'Ukraine qui est devenu le sien avec le temps, un homme à mi-chemin entre l'âme cosaque qui vient de l'est et la culture purement ukrainienne "plutôt développée à l'ouest" : un patriotisme ukrainien particulier, puisque le pays est né – selon le philosophe politique Philippe de Lara et d'autres discrets experts – en 1991, même si son âme compte clairement quelques bougies de plus.
Elisa Mignot le dévoile, c'est le cheminement qui a opéré dans l'esprit du soldat, dans le domaine du chant puis à la guerre, qui l'a mené à nous livrer ce texte, sachant qu'elle connaissait déjà l'Ukraine pour y avoir fait des reportages. Ce titre présente encore une fois ce qu'elle nomme "l'ukraïnité". On avait déjà lu jusqu'ici l'identité ukrainienne à travers la littérature, on la découvre cette fois par son patrimoine folklorique musical. Le texte biographique cherche une vérité, celle qu'était l'homme grand de pratiquement deux mètres et doté "d'une personnalité insaisissable", passé du chant au beuglement des détonations. C'est un kaléidoscope de perspectives, des amis, de la famille, des collègues, des professeurs, qui permettent de percer ce masque de héros de l'Ukraine qui est devenu le sien avec le temps, un homme à mi-chemin entre l'âme cosaque qui vient de l'est et la culture purement ukrainienne "plutôt développée à l'ouest" : un patriotisme ukrainien particulier, puisque le pays est né – selon le philosophe politique Philippe de Lara et d'autres discrets experts – en 1991, même si son âme compte clairement quelques ( dizaines ) bougies de plus.
Myth l'exalté, fonctionne avec la passion, plus qu'avec la raison, avec l'énergie de la vérité de soi, d'être et de vivre ce qu'il était, chanteur lyrique et Ukrainien, sans faux-semblants, sans masque, sans se contenter de son confort, quitte à se déraciner, quitte à laisser échapper l'espoir d'une grande carrière, quitte à en mourir sur ses terres, d'une seule balle trop justement tirée. S'il y a bien une phrase qui résume l'attitude de Myth, c'est celle de Paolo Bondi, choriste à l'Opéra de Paris : "Dans tous les domaines, il faut plier, obéir et la fermer, en attendant le bon moment, que les portes s'ouvrent", résume Paolo à sa façon. "Quelque part, il était trop pur."
Christine E, Rédacteur
Il s’appelait Wassyl Slipak.
Wassyl Slipak avait une voix que l’on n’oublie pas. Né en Ukraine, formé dans une culture largement imprégnée de références russes, il trouve pourtant en France le terrain où sa carrière d’opéra s’épanouit. Chanteur puissant, expressif, doté d’un timbre singulier, il impressionne ses pairs autant qu’il touche son public. Beaucoup estiment qu’il aurait mérité d’atteindre le rang de soliste international. Mais sa trajectoire, brillante et atypique, ne suivra pas le chemin attendu. Elle prendra un tournant que personne n’aurait pu imaginer.
En 2019, dans une brûlerie de café parisienne, la journaliste Elisa Maginot entend pour la première fois prononcer le nom de Wassyl Slipak. Quelques phrases échangées, un souvenir évoqué, et déjà quelque chose s’imprime en elle. L’histoire de ce chanteur tombé sur le front du Donbass en 2016 commence à l’habiter. Qui était cet artiste qui, au sommet de sa maturité vocale, a choisi de quitter la scène pour rejoindre une guerre qui n’était pas encore celle que le monde entier regarde aujourd’hui ? Cette question devient le point de départ d’une enquête qui la conduira bien au-delà d’un simple portrait.
Pour comprendre Wassyl, Elisa Maginot part à la rencontre de ceux qui l’ont connu : sa famille, ses amis, ses professeurs, ses collègues chanteurs, ses compagnes, et même ses frères d’armes. En France comme en Ukraine, chacun apporte une pièce du puzzle. On découvre un homme généreux, passionné, parfois excessif, profondément attaché à la musique mais aussi à la liberté. Au fil des témoignages, se dessine un être entier, habité par une énergie rare, dont la vie semble guidée par une exigence intérieure presque brûlante. L’enquête devient alors un voyage à travers deux pays, deux cultures, deux mondes que Wassyl a tenté de concilier.
Lorsque la Russie agresse l’Ukraine, Wassyl ressent un appel qu’il ne peut ignorer. Lui qui a grandi dans une Ukraine encore marquée par l’influence russe redécouvre soudain la profondeur de sa propre culture. Un patriotisme puissant, longtemps enfoui, se réveille. Il s’engage, crée une association à Paris pour collecter de l’argent, de produits qu’il fait expédier en Ukraine. Mais il a besoin d’un engagement plus fort. Il part avec l’un des camions, s’enrôle comme volontaire, prend le nom de guerre « Myth », en référence à Méphistophélès, rôle qu’il a incarné sur scène. Sur le front, il devient une figure respectée, admirée, presque légendaire. En juin 2016, un sniper met fin à sa vie. En 2017, il reçoit à titre posthume le titre de « Héros d’Ukraine ». Sa voix s’est tue, mais son geste résonne encore.
En racontant Wassyl Slipak, Elisa Maginot ne se contente pas de retracer le destin d’un homme, avec ses qualités et ses défauts. Elle éclaire un peuple en lutte, un pays qui cherche à affirmer son identité et à préserver son droit d’exister. L’histoire de Wassyl devient alors celle d’une nation qui, face à la violence, se raccroche à ses figures lumineuses. Ce livre montre comment un artiste peut devenir un symbole, comment une voix peut se transformer en acte, comment un individu peut incarner l’élan vital d’un pays tout entier. En 2022, alors que la guerre reprend une ampleur tragique, cette enquête prend une résonance encore plus forte. Elle rappelle que derrière les lignes de front, il y a des vies, des choix, des sacrifices — et parfois, des héros.