Dévorer les ténèbres

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Publication 6 févr. 2020 | Archivage 30 avr. 2020

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Résumé

Lucie Blackman est grande, blonde et sévèrement endettée. En 2000, l’été de ses 21 ans, cette jeune Anglaise travaille dans un bar à hôtesses de Roppongi – quartier chaud de Tokyo – lorsqu’elle disparaît sans laisser de traces. Ses parents lancent alors une vaste campagne de mobilisation pour la retrouver. Bien vite, l’enquête des autorités japonaises devient sujette à caution : veut-on vraiment savoir ce qui s’est passé ?

Journaliste, Richard Lloyd Parry se passionne pour l’affaire. Voulant savoir ce qui est arrivé à Lucie, il s’immerge  dans le Tokyo interlope, où il ira de surprise en surprise. De l’industrie du sexe au fonctionnement sidérant de la justice, il lève ainsi le voile sur une ville hantée par le mal, aussi fascinante qu’effrayante. Au cœur de cette toile invraisemblable, un mystérieux millionnaire, véritable figure du vice, sur lequel vont se porter tous les les soupçons. Espionné, menacé, attaqué en justice, Richard Lloyd Parry ne laissera rien l'arrêter dans sa recherche de la vérité.

Lucie Blackman est grande, blonde et sévèrement endettée. En 2000, l’été de ses 21 ans, cette jeune Anglaise travaille dans un bar à hôtesses de Roppongi – quartier chaud de Tokyo – lorsqu’elle...


Formats disponibles

FORMAT GF cartonné
ISBN 9782355847967
PRIX 23,00 € (EUR)

Disponible sur NetGalley

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Chroniques partagées sur la page du titre

Je lis rarement des comptes rendus d’enquêtes d’histoires vraies, j’ai vraiment commencé à m’intéresser à ce style avec la série American Crime Story que j’ai trouvé passionnante. Donc quand j’ai vu que Sonatine proposait dans son catalogue l’histoire de la disparition de Lucie Blackman, je n’ai pas hésité longtemps. Cette affaire date du début des années 2000…bref il y a 20 ans…elle a fait les gros titre à l’époque, avec un retentissement politique important.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre, c’est que l’auteur ne s’est pas contenté juste de parler de la disparition de Lucie, de l’enquête et du procès de Joji Obara (le tueur présumé car à ce jour il n’a toujours pas été condamné pour le meurtre de Lucie).

Il nous raconte la vie de Lucie, de sa famille, de ses parents,ses relations avec les membres de sa famille, le cheminement qui l’ a amené à faire ce travail d’hôtesse au Japon…Grâce à toute cette partie, il lui rend son humanité, elle n’est plus juste une victime.

Il y a ensuite toute la partie enquête, Richard Lloyd Parry creuse vraiment les histoires des personnes qui gravitent autour de la disparition de Lucie : celles des autres disparues, de leurs familles, il s’attarde aussi longuement sur sa famille, ce qu’ils sont devenus, leurs choix face à cette disparition, face au procès ( tout cela a duré des années)… Il évoque toutes les conséquences sur des années après sa disparition.

Certaine partie sont difficiles à lire, certains passages, et je pense surtout à ceux après la découverte de son corps m’ont figé sur place…

Dévorer par les ténèbres décrit aussi un Japon sombre dont on a pas l’habitude d’entendre parler. Il s’attarde aussi sur le tueur présumé Joji Obara, connu maintenant comme l’un des plus grand violeur du Japon.

BREF…J’AI DÉCOUVERT UN STYLE LITTÉRAIRE À LA FOIS FASCINANT ET EFFRAYANT…LA FORCE DE CE LIVRE C’EST VRAIMENT LE DÉVELOPPEMENT DES TOUS LES PROTAGONISTES,MAIS LA SENSATION À LA FIN DE CETTE LECTURE N’EST PAS LA MÊME QUE POUR UNE FICTION…L’EMPATHIE ET LA TRISTESSE RESSENTIE POUR LA FAMILLE EST TELLEMENT PLUS INTENSE …LE LECTEUR EST LUI AUSSI UN PEU DÉVORER PAR LES TÉNÈBRES.

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Dire qu’on ne peut pas lâcher ce livre serait peu dire, on se relève la nuit pour le lire! Et, pourtant, on a parlé de cette affaire, un magazine féminin en a même stupidement rappelé l’issue la semaine dernière... Mais l’issue n’est pas tout et ce livre le démontre : il s’agit ici d’une enquête ultra-détaillée qui raconte tout ce qu’il est possible de savoir sur «la disparue de Tokyo», Lucie Blackman, partie un samedi de chez elle et jamais revenue, pour laquelle on pressent dès le départ une fin fatale.

Afin de rembourser ses dettes à Londres, Lucie Blackman, 21 ans, est partie durant l’été 2000, avec sa meilleure amie Louise, travailler dans un bar à hôtesses des quartiers chauds de Tokyo. Elle n’en reviendra jamais.

Depuis l’enfance de Lucy jusqu’au jour où elle disparaît, tout est raconté. Du divorce de ses parents au fonctionnement des quartiers interlopes de Tokyo en passant par ses états d’âme consignés dans son journal (retrouvé dans son dernier lieu de vie, un immeuble minable situé près des bars à hôtesses de Tokyo), et par l’homérique campagne de presse de sa famille pour la retrouver, tout est passé «au peigne fin»...

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Ce livre n’est pas un roman, c’est un récit, un compte-rendu d’enquête.

Richard Lloyd Parry est journaliste. Il était correspondant étranger, et se « reposait » au Japon (où il représente le Times) entre deux missions plus difficiles comme le Pakistan ou l’Irak. Dès le début de la disparition de Lucie Blackman, il a été fasciné par cette histoire. Il a suivi de près cette affaire et a rédigé de nombreux articles. Mais, il n’a pas pu en rester là, il a donc mené son enquête, espérant être celui qui la retrouverait…..

Dans ce recueil, l’auteur va d’abord prendre le temps de nous présenter la jeune femme. Lucie, 21 ans, couverte de dettes en Angleterre, est partie à Tokyo avec une amie. Pour quelques mois, afin de se remettre à flots. Toutes deux travaillaient dans un bar, où elles servaient de compagnie (de façon très chaste) à des hommes qu’elles essayaient d’inciter à dépenser beaucoup. Lucie avait été auparavant hôtesse de l’air. Pas vraiment en harmonie avec elle-même (dans son journal intime, elle dit qu’elle ne s’aime pas), elle essaie de faire face mais reste assez imprévisible. Un soir, elle fait un petit extra avec un client en dehors du club où elle travaille. Puis elle ne rentre pas. Sa compagne de chambre, Louise, s’inquiète mais elle reçoit un appel rassurant d’un homme qui signale que Lucie est entrée dans une secte et qu’elle demande qu’on la laisse vivre sa vie…. Cela lui semble bizarre et elle alerte la famille de sa copine.

S’en suivra une enquête, des recherches et après de longs mois, on retrouve l’homme avec qui elle avait passé la soirée, un certain Obara, pas net du tout, qui va être interrogé, suivi, accusé

Le journaliste va s’attacher à comprendre, à cerner, tout ce qui a été dit mais également tout ce qui a été tu. C’est impressionnant comme cette histoire a envahi son quotidien, à tel point qu’il diligentait des personnes pour assister au procès de Obara. Il a enquêté dans tous les milieux en lien avec cette disparition. Il est allé très loin dans ses investigations. Par l’intermédiaire de son récit, le lecteur découvre ce qui a amené Lucie à Tokyo, combien les rapports entre les membres de sa famille sont délicats. On se rend compte aussi que cette jeune femme avait une personnalité complexe, presque torturée parfois. Pour mieux saisir ce qu’il s’est passé, l’auteur nous emmène au cœur des mœurs japonaises (notamment la sexualité et le fait que les japonais sont à la fois attirés et apeurés par l’idée d’un mariage avec une occidentale), au plus près du fonctionnement de la police, de la justice et tout cela nous montre combien les repères sont différents lorsqu’on n’est pas dans son pays. Les parents de Lucie ne se positionnent pas de la même façon. Son père est à l’aise avec les médias, il en fait presque trop… Sa mère semble souvent en colère contre lui. Quant à Obara, dans quelques chapitres, on lit qu’il a un côté obscur, qui fait peur, qu’il est dangereux et on se demande comment Lucie a pu accepter d’aller avec lui …. Était-elle manipulée, droguée ?

Richard Lloyd Parry a fait un travail remarquable. Je voudrais bien savoir comment son texte a été reçu au Japon car en filigrane, le déroulement de l’enquête, les méthodes, sont un peu écorchés.
Il a réussi à trouver un équilibre dans son compte-rendu entre la présentation de Lucie, la vie sur place, l’enquête, le procès, le portrait de l’accusé …. Il un ton très juste, il n’en rajoute pas, il reste factuel, il ne dramatise rien, il relate les faits et malgré tout il nous captive ce qui prouve que son écriture est prenante, son contenu intéressant puisqu’il réussit à maintenir l’intérêt de celui qui lit.

J’ai vraiment eu l’impression d’être de l’autre côté du miroir, au cœur des événements et de suivre ce journaliste pas à pas. Une belle réussite !

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